Albertine Meunier, au cœur du réseau
L’artiste Albertine Meunier explore avec un grand sourire les sous-entendus et paradoxes de nos usages d’Internet.

Albertine Meunier, au cœur du réseau

Elle rend visible l’invisible de nos usages du net

Albertine Meunier a fait d'internet et des réseaux sa matière première. Elle les explore, les sonde et les ausculte pour en révéler les pulsations invisibles. Ses œuvres sont pour la plupart à la fois des sculptures ou des objets et des installations. Toutes proposent une réflexion sur le temps, les flux, la mémoire du réseau et ses potentialités à créer du lien entre les individus.

Albertine Meunier est à l’origine des ateliers et de l’événement Hype(r)Olds en mai 2013 à Marseille. Depuis 1998, année officielle de sa naissance, personna artistique d'une autre femme dont nous tairons le nom, Albertine Meunier utilise et détourne le réseau et les outils techniques et numériques pour leur faire parler le langage de la poésie et de l'art avec un grand A.

Je ne suis pas artiste numérique au sens numérique du terme. Je n'aime pas particulièrement le côté sensationnel du numérique ou son aspect hyper technique. Dans l'expression “art numérique”, je penche plus du côté de l'art, avec des tentatives de réinterprétation de classiques de l'histoire de l'art : le paysage, le portrait, les annonciations, les ready- made, etc.


Cliquez sur l'image pour voir la Dada Interview Machine conçue par Albertine Meunier avec le collectif We love the net.

Elle flirte avec le temps, les flux, la mémoire et la pensée, la question de l'identité ou de la propriété des données. Internet, explique-t-elle, c'est une histoire de «mouvement incessant » de «sédimentation et d'accumulation»  et de «temps qui file». C'est une matière riche et infinie à laquelle elle cherche à donner forme, qu'elle aime à «mesurer pour s'y mesurer» et pour en révéler l'immatériel, le non visible.

C'est un nouveau monde, un nouvel espace, totalement invisible à nos yeux. Qui de ce fait relève de la magie quand on matérialise sa matière. Je cherche à révéler sa poésie … ce petit brin d'inutile qui fait tout le charme de cet espace.

Albertine est fille et fan du réseau, comme en atteste le We love the net, nom d'un collectif auquel elle appartient. Mais elle a cependant un penchant marqué pour le low-tech,  «les choses simples» – on a envie de dire évidentes – et  «discrètes». Echappant au surdimensionnement de l'ego souvent propre aux artistes, elle préfère l'anonymat et l'invisibilité, deux thèmes qui traversent plusieurs de ses œuvres. 

Albertine & les Hype(r)Olds

Quand elle ne soulève pas l'écran ou le capot de la machine pour montrer les dessous du Net, Albertine aime le partage et le lien que le réseau et les outils multimédia peuvent générer, pour peu qu'on les utilise à bon escient. C'est d'ailleurs un peu comme ça qu'elle est venue au monde, en se lançant avec son acolyte Julien Levesque dans l'animation d'ateliers à destination des demoiselles de plus de 77 ans.


Quand le gang des Hype(r)Olds est de sortie, qu’elles soient en tuk-tuk, ou à pied, elles ne passent pas inaperçues. Photo : Fredédric Mit

Au départ, ça s'est appelé «Tea Time avec Albertine», puis c'est devenu Hype(r)Olds (olds pour dames d'un certain âge et hype pour «branchées»). Aujourd'hui il y a des ateliers dans plusieurs villes de France. Chacun d'eux est pris en charge par un ou une artiste qui propose à ses demoiselles un projet artistique, une autre façon d'apprendre en créant et en s'amusant. Une fois par an, l’association MCD (Musiques et culture digitales), qui assure la production avec le soutien de partenaires comme Orange, réunit le gang des Hype(r)Olds pour une folle opération hors les murs. La plus récente se déroule les 14 et 15 mai 2013, dans les plus beaux lieux culturels de Marseille, sur le thème «Êtes vous à “cœur” (hacker) ou à “pique” ? Tout un programme...

Nous vous proposons de découvrir quatre des oeuvres d’Albertine Meunier dans notre diaporama commenté...

Toutes les images de l’article sont © Albertine Meunier, sauf autre mention.

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