Albertine Meunier, au cœur du réseau

Elle rend visible l’invisible de nos usages du net

Hop hop hop, it’s time to live (2012)

Le surf quotidien sur Internet est-il mesurable ? C’est la question que s’est posée Albertine Meunier. La réponse est cette installation/objet constituée d’un boîtier type voltmètre réhabillé et de deux cadrans affichant des chiffres. D’un côté le «hop», nombre de serveurs relais pour arriver à une adresse internet recherchée, de l’autre le «ttl» – temps nécessaire à l’acheminement de l’information sur les réseaux pour chaque navigation, dérivé du TTL (Time to Live) qui est une donnée placée dans l’entête du paquet IP (Internet Protocol), permettant de gérer la transmission de cette unité de base dans le réseau.


Hop hop It’s time to live à l’état de maquette.

Mesure et démesure d’internet

Pour Albertine, Internet perturbe notre sens du temps et de l’espace. Le continuum du réseau, bien qu’immense, est invisible à nos propres sens. Notre temps d’action, qui jusqu’alors était mesurable et quantifiable, en est fortement perturbé. On perd la notion du temps et de l’espace. On ne sait pas se mesurer à cet espace démesuré.

D’où cette pièce, Hop hop It’s time to live, créée comme une recherche sur le nouveau monde : un monde de «paquets» de données numériques qui va au-delà de ces mêmes paquets… D’où le titre de cette œuvre qui donne une mesure symbolique de nos errances quotidiennes sur le réseau.

C’est une pièce qui définit de manière totalement arbitraire des unités de mesure de son parcours sur Internet, le hop et le time to live. C’est une sorte de vanité de l’Internet !

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