AntiVJ, au-delà de l’écran

Les projections novatrices de ces artistes numériques revisitent notre espace urbain

Murcof + Simon Geilfus (2011)

Ce concert audiovisuel sans titre confronte les tonalités atmosphériques et les percussions électroniques du musicien mexicain Murcof aux visuels générés en temps réel par Simon Geilfus, dont les formes géométriques évoquent parfois atomes, molécules, particules et constellations. Les visages des deux artistes apparaissent sur scène, au sein d’une structure d’écrans semi-transparents, conçus par Joanie Lemercier.


Live audiovisuel de Murcof et Simon Geilfus aux Centre des Arts d’Enghien-les-Bains, en octobre 2012. Photo : Clémentine  Laronze.

Une inspiration musicale

Comme beaucoup d’artistes de leur génération, les membres d’Antivj puisent en grande partie leur inspiration et leur dynamique dans la vivacité et l’innovation de la scène musicale électronique qui, entre les années 1990 (on parlait à l’époque de techno) et 2010 (on préfère aujourd’hui le terme d’électro) a révolutionné la musique populaire.

Olivier Ratsi : «Lorsque j’ai commencé à travailler, il est évident que la musique électronique était déjà présente dans mon travail, sans y être totalement visible, un peu comme un iceberg. Le côté émergé symboliserait la création graphique, et le côté immergé, tout ce background musical. Quand je concevais des flyers, je voyais mon travail comme la représentation d’un morceau de musique électronique, qui se serait en quelque sorte figé. Par la suite, j’ai voulu pousser ces recherches plus loin, en tant que VJ, et en temps réel, lors de soirées musicales. La musique fonctionnait alors pour moi comme une partition, un support, qui m’a permis de décliner en mouvements ces images fixes.»

Joanie Lemercier : «On vient tous de ce background du VJing. On a tous fait des performances visuelles de huit heures sur des DJ sets de drum & bass ou de techno. On amenait nous-mêmes notre matos, on installait les écrans, les câbles, c’était du boulot !».

Yannick Jacquet (Legoman) : «J’ai commencé par le VJing, avec des visuels réalisés pour des soirées ou des concerts organisés au Zoo à Genève. C’est à cette époque et dans ce cadre musical que j’ai commencé à expérimenter des projections sur des tulles, sur l’architecture ou sur des volumes divers. C’est l’avantage d’être passé par cette étape disons festive, cela nous a permis d’expérimenter sans trop de contraintes, de se planter, de voir ce qui fonctionnait ou pas.»

Nicolas Boritch : «J’ai grandi avec des labels comme Warp ou Skam, des labels de musique électronique dotes d’une esthétique, d’une attitude, d’une identité très forte. Nous avons tous été très influencés, très marqués par cette culture.»

Thomas Vaquié : «Chez nous, on ne trouve pas cette relation que peuvent avoir un compositeur, un monteur-son ou un sound-designer face à un réalisateur. Chez AntiVJ, le compositeur et l’artiste visuel travaillent au même niveau, créant une œuvre audiovisuelle dans laquelle l’écriture du son a autant de place que celle de l’image.»

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