AntiVJ, au-delà de l’écran

Les projections novatrices de ces artistes numériques revisitent notre espace urbain

O (Omicron) (2012)

O (Omicron) est une installation audiovisuelle permanente, présentée dans l’enceinte de la Hala Stulecia, la Halle du Centenaire, un bâtiment historique conçu par l’architecte Max Berg en 1913, situé à Wrocław en Pologne. Au cœur du Parc des Expositions de la ville, il sert de salle d’exposition polyvalente pouvant accueillir plus de 7 000 spectateurs lors d'événements comme des concerts ou des rencontres sportives. L’œuvre, conçue par Romain Tardy & Thomas Vaquié avec l’aide de Guillaume Cottet et Joanie Lemercier, rend hommage aux dimensions monumentales du bâtiment et à son inspiration futuriste, en transfigurant, à l’aide de la technique du video-mapping, la surface interne de son dôme. La pièce s’inscrit dans le parcours de visite de l’édifice, qu’il vient à la fois clôturer et sublimer.

Omicron, un portail temporel

«Omicron», l’une des œuvres les plus récentes conçues par les artistes d’AntiVJ, est aussi l’une des plus impressionnantes.

Thomas Vaquié témoigne : «Au début de projet, avec Romain Tardy, nous avons d’abord parlé de ce que nous évoquait le bâtiment, comment cette impression pouvait être retranscrite de façon visuelle. Nous nous sommes notamment documentés du côté de la science-fiction et du cinéma des années 70 et 80, cherchant à anticiper la manière dont nous allions plus tard créer d’autres images à l’intérieur du lieu. Par la suite, nous avons mis tout cela sous forme de dessin puis de story-board».

Le making-of de l’œuvre «Omicron».

«Vu de dessus, le lieu nous avait fait fantasmer autour de l’idée d’un portail temporel, ou l’idée d’un hub de soucoupe volante. Sur place, on a vraiment l’impression d’être écrasé par le bâtiment. Côté musique, j’avais tout de suite en tête la musique de Bernard Hermann pour “Le jour où la Terre s’arrêta” où il a utilisé du Theremin, l’un des premiers instruments électroniques, ainsi que du piano. Sinon, on retrouve dans ma composition musicale des éléments orchestraux et sonores plus proches de la science-fiction hollywoodienne actuelle. Les sons orchestraux font ainsi référence à la mesure du bâtiment. D’une certaine manière, c’est un bâtiment très prétentieux, imposant, et nous avons donc dû jouer avec ses dimensions monumentales, afin d’imaginer une œuvre futuriste, puisant dans l’imaginaire de la science-fiction».

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