AntiVJ, au-delà de l’écran

Les projections novatrices de ces artistes numériques revisitent notre espace urbain

Saint-Gervais (2010)

Une performance audiovisuelle, conçu par Yannick Jacquet sur une musique de Thomas Vaquié, transformant l’atmosphère et la perception de l’espace de l’église de St Gervais à Genève. Comme pour les deux autres performances du même type, réalisées à Breda en Hollande, et à Neuchâtel en Suisse, les images et l’espace de projection sont centrés autour de l’orgue qui domine le lieu de culte. La bande-son électronique laisse par ailleurs la place à différentes parties interprétées en direct par un organiste.

Des œuvres-cultes

L’une des séries les plus saisissantes d’AntiVJ a été présentée dans trois églises, à Breda en Hollande, ainsi qu’à Genève et à Neuchâtel, en Suisse. Animant grâce à la technique du mapping les formes et la surface des orgues installés dans chacune des églises, le tout au son d’une musique mêlant les sons aériens de l’orgue à des tonalités plus électroniques, ces performances imaginées en grande partie par Yannick Jacquet ont réussi à transformer ces édifices en architectures sonores et mouvantes.

Yannick Jacquet : «Lorsque l’on travaille dans une église, ce n’est pas neutre, cela suscite pas mal de questions. Cela m’intéressait de travailler dans de tels espaces, même si je suis athée, et même si au cours de mon histoire personnelle, j’ai eu pas mal de rapports, pas nécessairement heureux, avec la religion. Qu’on soit croyant ou pas, ces lieux sont faits pour créer une atmosphère particulière, qui amène à une certaine spiritualité. Je voulais donc y travailler tout d’abord à cause de leur intérêt architectural, ensuite pour leur symbolique, afin de détourner ces lieux de leurs fonction première, tout en explorant un rapport très fort à la spiritualité.»

Vision que complète Thomas Vaquié sur le volet musical :

Dans ce type d’œuvres, ce qui me semble important, c’est de jouer avec l’acoustique des lieux. À St Gervais, j’ai commencé à travailler avec l’idée d’une musique assez électronique, assez techno d’une certaine manière, car j’aimais bien le contraste avec ce lieu assez froid (il s’agit une église protestante, sans couleur ni représentations). J’ai toutefois beaucoup ralenti le tempo de ma musique électronique, car dans ce type d’espace, chaque note s’étire dans une longue réverbération. J’y ai donc laissé vivre chaque son…

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