Antoine Schmitt, pionnier de l’art du code

Des œuvres minimales ou interactives qui interpellent

City Lights Orchestra (2012)

Dans la nuit, les fenêtres des immeubles se mettent à clignoter. Les lumières bleuâtres caractéristiques des écrans palpitent, et se répondent d’un bâtiment à un autre, d’un étage à un autre. Chaque appartement semble avoir son rythme propre et répondre aux autres. En bas, dans la rue, les habitants se croisent, nez en l’air, contemplant cette mosaïque lumineuse, née de leur collaboration ou de celle de leurs voisins.

Une œuvre interactive à l’échelle urbaine

City Lights Orchestra est une symphonie visuelle pour les fenêtres de la ville. Une forme d’art urbain assez inédite, qui nécessite la participation des habitants d’une rue, d’un quartier, voire d’une ville entière.

Le principe est très simple : chaque participant doit se rendre sur un site Web et éteindre toutes les lumières de son appartement. Il est connecté à un serveur qui exécute dès lors le programme écrit par Antoine Schmitt. Celui-ci affiche une page blanche, puis module l’intensité lumineuse : ce sont ces variations d’intensité lumineuse qui sont perceptibles de l’extérieur.

C’est comme dans un chœur ou un orchestre, les participants ne jouent pas tous exactement la même chose. Chaque écran a sa partition avec des moments lents, des moments très rythmiques, des passages chaotiques, d’autres très structurés.

À travers cette œuvre, l’artiste donne à voir la ville comme un organisme, un grand système où chacun a sa place et participe en interaction avec les autres. A Cape Town où il l’a présenté en mars 2013, des associations locales ont fait un gros travail en amont, explique-t-il, et pendant deux nuits City Lights Orchestra a vraiment créé du lien social.

Aujourd’hui, il rêve d’un City Lights Orchestra à l’échelle d’une ville, où tous les habitants participeraient avec leurs écrans, leurs tablettes et leurs smartphones à cette expérience ludique urbaine.

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