Antoine Schmitt, pionnier de l’art du code

Des œuvres minimales ou interactives qui interpellent

Tempest (2012)

Sur scène, un fatras de boîtiers électroniques connectés et deux hommes. Ils s’activent sur leurs potentiomètres pour générer des nappes sonores et des effets visuels qui s’affichent sur l’écran géant. Des dizaines de milliers de particules agitées par des forces puissantes composent un étrange ballet galactique, un flux de matière primordial qui ressemble à s’y méprendre aux images de galaxies prises par les télescopes.

Une performance live autour du Big Bang

Avec Tempest, Franck Vigroux et Antoine Schmitt ont en quelque sorte cherché à matérialiser le mouvement et le son de l’énergie primordiale. Les deux artistes, dont c’est la seconde collaboration, ont choisi pour thème de cette performance audio et visuelle live le Big Bang. L’univers qu’ils parviennent à créer est une évocation de cette soupe originelle décrite par les astrophysiciens, faite de matière et d’énergie qui progressivement s’agrègent pour former des galaxies, des étoiles et des atomes. Cette performance conjugue travail d’écriture et d’improvisation.

Le thème c’est l’apparition de la forme à partir du bruit, le bruit sonore et le bruit visuel, la notion de bruit au sens large, l’informe. Puis la forme apparaît. Ce qui m’intéresse c’est comment ces formes apparaissent à partir de rien, la limite entre le rien et le quelque chose.

Un spectacle avec des instruments peu communs

Le musicien Franck Vigroux utilise des instruments analogiques, une combinaison d’oscillateurs et de filtres avec lesquels il génère des sons qu’il peut étirer à l’infini.

Pour créer les visuels, Antoine Schmitt a intégré quant à lui dans son programme des équations traduisant selon lui les forces physiques fondamentales inspirées du réel. Il a conçu une sorte de machine démiurgique avec laquelle il active ce ballet de quelque dix mille particules lumineuses, les faisant jouer entre chaos et contrôle.

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