David Guez, à la recherche des temps perdus

Les œuvres de l’artiste français questionnent notre perception du temps

Au-delà de la mort

Dans un registre proche de la science-fiction, de ses utopies comme des ses dystopies, Hypermoi a tout d’un projet artistique vertigineux.

Conçu dans l’esprit de l’artiste après une cure de psychanalyse, Hypermoi s’inspire aussi de notre pratique des réseaux sociaux. L’artiste rappelle :

À force de soumettre nos données et nos informations sur les réseaux sociaux, on finit par créer une sorte de double de soi. Au fond, si on y réfléchit bien, personne ne nous connaît d’ailleurs mieux que le réseau.

David Guez a donc imaginé rassembler toutes ces données de manière cohérente à l’aide d’un programme destiné à établir une sorte de journal intime interactif. «Il s’agirait de répondre à une série de questions basiques, qui nous permette d’exprimer à la fois nos désirs, c’est-à-dire une forme de projection vers l’avenir, et nos souvenirs, qui fonctionnent quant à eux comme une construction de notre passé». Ces donnés seraient par la suite traitées et recueillies dans le but de créer une cartographie multimédia de son «moi réseau». Par la suite, le projet a l'ambition de créer un véritable réseau social qui puisse permettre à terme de relier les Hypermoi entre eux et d'offrir un double de 'soi' qui puisse exister sur internet de façon autonome et post mortem.

Il s’agirait ainsi de créer un double de soi, qui pourrait nous perdurer après notre disparition. Ce projet s’inscrit toujours dans cette thématique de la transmission qui m’obsède. J’aime cette idée de réunir, pendant vingt ou trente ans, ses données personnelles, afin que quelqu’un d’autre puisse continuer à dialoguer avec nous, après notre mort.

«Avec nous», ajoute-t-il dans un sourire, ou plutôt avec un sorte «de moi invisible, un fantôme, un double immortel qui pourrait vivre bien au-delà de l’année 2067».

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