Grégory Chatonsky, entre privé et public

L’artiste dévoile la façon dont la technologie fond l'intime dans le social

L’État du monde / World state (2008)

Une jeune femme, dans sa chambre, est plus ou moins malade selon le caractère des informations de la chaîne d’information CNN auxquelles elle réagit en temps réel.

L’intimité victime du monde

«Puisque des pouvoirs utilisent ce qu'il y a de plus privé en nous pour en faire quelque chose de public, de maîtrisé, peut-être devons-nous cultiver l'anonymat des villes, croiser le regard d'inconnus et en être ému, refuser notre mise en statistiques, et utiliser l'anonymat de chacun pour créer des rencontres, des œuvres singulières...»

Cette femme, dans cette œuvre très singulière qu’est L’Etat du monde, est anonyme. Dans son lit ou son canapé, elle tombe malade, va mieux, «a du mal à respirer, se détend, se lève et s’effondre» au rythme de ces gens qui vivent et meurent au cœur du spectacle (public) de l’actualité, de ces gouvernements qui sont renversés ou de ces négociations qui n’en finissent pas… En connexion directe à ce flux, lui aussi anonyme, de la plus grande chaîne d’infos du monde, elle vit profondément dans son être ce que nous ne mesurons jamais : les conséquences sur notre corps physique des soubresauts du monde et surtout de ses gens qui souffrent sur nos écrans…

 

Une étrange et sombre vidéo de présentation de L’Etat du monde / World state (2008).

 

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