Grégory Chatonsky, entre privé et public

L’artiste dévoile la façon dont la technologie fond l'intime dans le social

I Just don’t know what to do with myself (2007)

Le dispositif nous invite à scanner notre empreinte digitale. Sur le mur devenu écran, les traces de cette empreinte se transforment peu à peu et naviguent comme les bribes d'un iceberg se disloquant sous l'effet de la chaleur.

Cultiver l'anonyme

Le personnel devient public, et le prévisible imprévisible. Et s'il devenait inutile de se poser la question d'une séparation entre privé et public ? Et si la bonne interrogation était désormais : suis-je capable de préserver mon anonymat ? De disparaître aux yeux du public, des entreprises ou de l'État ? C'est peut-être ce que suggère cette oeuvre «I just don't know what to do with myself» et sa trace de doigt qui devient paysage en mouvement, unique et imprévisible. «Dans une société de contrôle, ce qu'il y a de plus intime en nous est utilisé pour nous reconnaître et nous ramener du côté de la masse informe», dit Chatonsky.

Si je devais trouver un sens à mon exposition, ce serait peut-être ça : la destruction, par exemple de son empreinte la plus personnelle, pour mieux reconstruire une identité anonyme.

Il poursuit : «Puisque des pouvoirs utilisent ce qu'il y a de plus privé en nous pour en faire quelque chose de public, de maîtrisé, peut-être devons-nous cultiver l'anonymat des villes, croiser le regard d'inconnus et en être ému, refuser notre mise en statistiques, et utiliser l'anonymat de chacun pour créer des rencontres, des œuvres singulières..


L’installation I Just don’t know what to do with myself.

Une vidéo de l’installation I Just don’t know what to do with myself

Et pour aller plus loin

I Just don’t know what to do with myself sur le site de Grégory Chatonsky.

Commentaires