Grégory Chatonsky, entre privé et public

L’artiste dévoile la façon dont la technologie fond l'intime dans le social

Le Registre (The Register) (2007)

«Un logiciel va chercher sur des blogs des sentiments», qui créent «automatiquement chaque heure un livre de 500 pages qui est imprimé à la demande. Ces livres sont réunis quotidiennement par 24 dans une bibliothèque qui s’étend à l’infini.» Grégory Chatonsky, Capture, Hyx (décembre 2010), page 79.

L'intime devient public

«La personne qui livre son corps à une webcam s'exhibe par Internet, dit Grégory Chatonsky. D'un certain point de vue, elle se caresse en public. Mais d'un autre côté, elle est chez elle, dans un lieu absolument privé...» Et à chaque instant, elle peut décider de rompre la connexion... Bref, elle se situe à mi-chemin du public et du privé, dans un espace incertain, qui aurait été inimaginable il y a vingt ans.

 C'est cette zone impossible que l'artiste explore et rend visible, tant que faire se peut...

Dans l’une de ses expositions parisiennes de 2008, «L'invention de la destruction», il y avait une sorte de bibliothèque qu’il a fait renaître ensuite ailleurs. Lorsqu'on y prend un livre, on y découvre des phrases débutant par «I feel» : «je me sens» ou «je ressens»... Soit des sentiments, chacun perdu au cœur d'une page blanche, extraits de blogs avant d'être automatiquement imprimés en un rituel potentiellement infini comme pour dévoiler le chaos de sentiments privés qui devient aujourd'hui public grâce au Net. C'est là tout le sens et le non-sens de «The Register».

 

 

Et pour aller plus loin

Le Registre (The Register) sur le site de Grégory Chatonsky.

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