Grégory Chatonsky, entre privé et public

L’artiste dévoile la façon dont la technologie fond l'intime dans le social

Se toucher toi (2004)

Vos mouvements de doigts sur l’interface suscitent à l’écran un jeu entre les mains d’un homme et d’une femme. Mais peu à peu, «les deux mains ne semblent plus répondre à vos ordres manuels.» Elles se touchent différemment car elles répondent en même temps aux ordres d’un autre visiteur.

Le fait public devient intime

Changement de décor : Se toucher toi est une autre installation de Grégory Chatonsky. A l'écran, un paysage. Le visiteur s'en approche et place sa main sur le haut de la colonne qui permet d'interagir avec l'image. Immédiatement apparaissent les deux mains. Dans la galerie, le spectateur se rend compte que ce sont ses mouvements à lui qui orchestrent la façon dont les deux mains nues se caressent sur le mur. Il est dans l'étrange posture d'un voyeur actif. Sauf qu'au bout d'un moment, ce jeu de main érotique lui échappe. «C'est parce qu'ailleurs, sur Internet ou dans un autre lieu d'exposition, quelqu'un d'autre interagit avec l'œuvre», explique Chatonsky.

L'installation Se toucher toi.

Se toucher toi est une œuvre publique. Mais celui qui interagit avec elle, et se met dans la peau de l'une ou l'autre main, éprouve un étrange sentiment d'intimité. Jusqu'au moment où les caresses fuient son contrôle et le privent de cette chaleur métaphysique... Le réseau, l'écran et son curseur créent des fantasmes sexuels comme Internet en suscite désormais. La technologie transforme notre affectivité.

 

Et pour aller plus loin

L’installation Se Toucher Toi sur le site de Grégory Chatonsky.

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