Quand l’art numérique fait son cinéma

Des installations mettent à nu le spectacle cinématographique

Cinéma perpendiculaire de Julien Maire (2014)

L’installation Cinéma perpendiculaire est un dispositif de projection, réalisé à partir de diapositives. Une interface mécanique complexe, faite de miroirs coulissants, intercepte et modèle les zones de lisibilité et de flous de l’image projetée, dans un lent processus d’apparition, de construction et de déconstruction des images qui se succèdent.


Le dispositif de projection de Cinéma perpendiculaire.

Dans les trois installations que l’artiste présente dans l’exposition Matière Cinéma, Man At Work, Low Resolution Cinema et donc Cinéma perpendiculaire, Julien Maire a d’abord choisi de mettre en valeur les dispositifs de projection. Les machines poétiques et lumineuses qu’il invente permettent de matérialiser et de mieux comprendre la manière dont se révèlent les images et se fabriquent les illusions visuelles, des procédés que le cinéma préfère d’habitude cacher aux yeux du spectateur.


Captation de l’installation et dispositif, Man At Work, de Julien Maire, basé sur un procédé stéréolithographique.

Dans Cinéma perpendiculaire, au-delà de l’aspect technique du procédé de projection, les images et diapositives choisies par Julien Maire, qui semblent posséder une patine sculptée par le temps, évoquent une mémoire enfouie, intime ou familiale. Projetées sur un mur, déformées par le jeu mécanique des optiques, les images, souvent énigmatiques au premier abord, se révèlent lentement, se perdent dans le flou, comme animées par le temps et les détériorations possibles de la mémoire, ou de la perception. On peut y voir là, comme dans ses autres travaux, une certaine forme de désacralisation de l’image, ou plutôt de son illusion. Mais aussi paradoxalement, une fascination pour les procédés qui lui permettent d’apparaître devant nos yeux.

<<< Vers la page principale de l’article

Et pour aller plus loin

Commentaires