La réalité altérée par ses artistes
Parce qu’elle permet de modifier le réel et donc d’en dévoiler les dessous, la réalité augmentée ne pouvait que séduire les artistes.

La réalité altérée par ses artistes même !

Quand les artistes s’emparent de la réalité augmentée

En 2011 est apparu sur la Toile le premier «manifeste de l’art de la réalité augmentée», «AR Art Manifesto» en anglais, signé par des artistes du monde entier. Ce type d’art numérique, qui trouve une nouvelle jeunesse avec l’explosion des smartphones, a émergé dans les années 1990 avec les premières installations interactives conjuguant environnement réel et réalités simulées.

Une poignée d’artistes a exploré diverses formes et dispositifs, de la simple application pour smartphone aux casques audio et vidéo donnant à voir et à entendre des alter-réalités en passant par le livre augmenté et les espaces partagés.

Ces oeuvres agissent comme des révélateurs d’invisible. Leurs créateurs modifient la réalité initiale perçue, ajoutant, soustrayant, trafiquant ses paramètres ou ses composants, imaginaires ou réels. Ils questionnent ce référent indiscutable qu’est la réalité, interrogeant ainsi notre foi cartésienne en son existence même.

Clins d’œil à Philip K. Dick et à Timothy Leary

Chacun à leur manière, ces artistes perturbent notre vision du monde, nous donnant à expérimenter un réel alternatif. Ils concrétisent les visions de grands auteurs de la contre-culture d’hier, tel l’écrivain de science-fiction Philip K. Dick. Auteur fameux et prolifique de romans et de nouvelles à réalités multiples, ce dernier écrivait en 1968 : «J’ai le sentiment profond qu’à un certain degré il y a presque autant d’univers qu’il y a de gens, que chaque individu vit en quelque sorte dans un univers de sa propre création: c’est un produit de son être, une œuvre personnelle dont peut-être il pourrait être fier.» Ou encore celle de Timothy Leary, qui, après avoir prôné toute sa vie les bienfaits de l’altération de conscience via les substances  psychotropes, s’est intéressé au multimédia et à la Réalité Virtuelle (VR). Il voyait dans ces outils l’avènement d’un nouveau «LSD électronique», capable de révolutionner l’accès aux connaissances et d’offrir des expériences réelles et surréelles.


Un portrait de Timothy Leary, par John Ritter pour Time magazine (2007)

A l'instar de ces deux figures d'hier, nos huit artistes savent aujourd'hui par la technologie nous immerger dans des mondes altérés.

Découvrez leur art dans notre diaporama commenté...

Toutes les images de notre diaporama sont tirées des sites des artistes, ou nous ont été confiées par les artiste eux-mêmes.

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