Ryoichi Kurokawa, sculpteur de pixel

La nouvelle star de la scène des arts numériques conjugue beauté plastique et perfection technique

De l’abstraction à la figuration

À l’aide de procédés qui lui sont désormais familiers, Kurokawa décompose ces images empreintes d’une grande émotion, dans lesquelles on reconnaît des scènes caractéristiques des conflits du Moyen-Orient ou de l’ancienne Yougoslavie. Peu à peu, ces visages d’enfants, ces silhouettes de refugiés ou ces paysages urbains décharnés s’animent avec lenteur, flottent dans l’espace, acquièrent une qualité picturale volontiers impressionniste, avant de s’évanouir dans un déluge graphique de pixels, d’abscisses et d’ordonnées.
Extrait de ground (2011), installation audiovisuelle pour trois écrans et son spatialisé.

Si l’artiste se passionne pour les questions de perception humaine, il semble aussi explorer dans ses œuvres la question de l’origine des images, comme nombre de peintres, de plasticiens ou de cinéastes avant lui. Chez Kurokawa, l’image, vibrante, incertaine, scintillante, est toujours sur le point de disparaître, de s’évanouir ou de se dissoudre dans une pictorialité abstraite, quand elle ne revient pas plus simplement à l’état de code. C’est là l’une des constantes de nombreux artistes et musiciens utilisant les moyens du numérique, dont les créations ne cessent d’explorer le va-et-vient entre lignes de code et figuration.

C’est particulièrement le cas avec ground, son installation la plus émouvante, composée de trois écrans et d’une bande-son spatialisée, dont les images ont été réalisées à partir des archives du reporter de guerre, Daniel Demoustier. Une œuvre touchante qui initie une réflexion dynamique sur le devenir et l’origine des images qui envahissent nos petits comme nos grands écrans.


Vues de l’installation ground au Festival EXIT, Maison des Arts, Créteil en 2011.

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