Samuel Bianchini, l’interactivité en questions

De troublantes œuvres d’art interrogent nos comportements face à la technologie

À Distances (2012)

À Distances est une installation interactive réalisée pour la Maison du geste et de l’image à Paris. Un monolithe noir est installé dans la vitrine principale du bâtiment, face à la Fontaine des Innocents. Noir en l’absence de public, le monolithe s’illumine dès lors que quelqu’un passe devant. Tant que le public se tient à distance, il affiche une image : un portrait vu de dos. Lorsque le passant s’approche, l'écran devient progressivement lumière... Le passant s’expose ainsi à l’image, mais aussi au regard des autres.

S’exposer au regard des autres

Avec À Distances, une installation permanente, il s’agit pour Samuel Bianchini de rendre visible La Maison du Geste et de l’Image, un bâtiment du centre de Paris devant lequel de nombreux passants ne s’attardent guère et que la plupart des parisiens ignorent...

«La question était», précise l’artiste : peut-on trouver une articulation permettant de rendre compte de l’activité à l’intérieur, vers l’extérieur et la rue ? J’ai donc proposé cette installation, qui est une sorte de monolithe, placé en vitrine, avec un écran à led d’un mètre carré. Tout est noir lorsque personne ne passe, et lorsque des gens s’en approchent, on va en quelque sorte révéler cet écran, cette lumière, ce monolithe, en découvrant des photographies, qui figurent des portraits vus de dos. À mesure qu’on s’avance vers la vitrine, vers le lieu, le portrait va devenir un à-plat coloré, se transformer en lumière».

«Ici, je joue sur la double fonction des leds, qui sont à la fois des éléments d’image, d’affichage, et de lumière. Plus je m’approche de l’image, plus je la transforme en lumière, et plus cette lumière va révéler mon corps s’approchant de l’installation, me rendant davantage visible pour les autres personnes qui se trouvent autour. En somme, avec À Distances, j’ai travaillé sur l’idée d’une œuvre qui interpelle des individus, mais qui dans l’interpellation d’une personne en particulier, joue aussi avec le groupe. C’est-à-dire qu’à partir du moment où le visiteur (ou le passant), va s’individualiser en s’avançant vers ce monolithe, il va aussi se mettre en scène publiquement».

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Et pour aller plus loin

Le site de la Maison du geste et de l'image à Paris.

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