Scenocosme, le numérique distille du rêve

Les installations sensibles et interactives d’un étonnant duo d’artistes

Kymapetra (2008-2013) : les pierres qui chantent

Pour la partie visible, Kymapetra, c’est une installation de cinq pierres disposées en demi-lune autour d’un bassin central rempli d’eau noire. Quand le spectateur pose une main sur l’une des pierres, il entre en résonance avec elle. Cette relation se traduit en vibrations sonores qui se matérialisent d’abord en nuage de vaguelettes à la surface de l’eau puis en compositions géométriques, par la propagation des vibrations acoustiques. Ces formes varient selon l’intensité du contact entre l’individu et la pierre.

Des pierres comme capteurs pour percevoir l’énergie du corps

Kymapetra met en communication le corps humain et le minéral. Le spectateur est invité à s’installer au ras du sol devant une vasque qui contient un liquide noir. Devant lui : cinq pierres. Quand il touche, même très délicatement, l’une d’elles, ou s’il s’en approche de seulement quelques millimètres, cette dernière capte l’énergie électrostatique du corps humain et produit une fréquence sonore qui est diffusée dans l’élément liquide. Sous l’impulsion du son, l’eau se met en mouvement. Des formes géométriques se créent à sa surface. Chaque fréquence, différente pour chaque pierre, engendre des modifications géométriques spécifiques dans l’eau. Les figures varient aussi en fonction de l’intensité du contact de chaque personne. Comme le précise Grégory Lasserre :

C’est une œuvre sonore, bien que l’on entende finalement assez peu le son. On ressent surtout Kymapetra par le corps. Quand on touche la pierre, on sent la vibration dans la main. On la ressent aussi par le sol. On ressent les vibrations des basses à travers le corps. Et puis on voit la traduction du son dans l’élément liquide.


Kymapetra à la médiathèque François Mitterrand à Saintes, en mars 2010.

L’œuvre fait appel à un dispositif audio immergé. Le son est utilisé comme élément visuel et la surface de l’eau comme un miroir qui se déforme au gré de la propagation des vibrations acoustiques.

On propose une sorte de petit rituel d’interaction, comme avec lights contacts. C’est un rituel un peu plus méditatif.


Kymapetra, présentée à The OCT Art and Design Gallery de Shenzhen en Chine, du 12 août au 11 septembre 2011.

Parmi les œuvres de Scenocosme, c’est l’une des plus intimistes. Elle requiert d’attendre, de prendre le temps d’apprécier ce qui se passe, de se laisser happer par ce que l’on voit, par la façon dont les formes évoluent…

Kymapetra a été présentée au public pour la première fois en 2008, dans le cadre d’une résidence/rétrospective «Scenocosme : Alchimie des sens» au Musée départemental de préhistoire d'Ile-de-France, à Nemours, puis dans de nombreux lieux d’exposition, y compris en Chine, au Canada, etc. Elle est visible jusqu’au 13 août 2013 dans le cadre de Lille 3000 à la Gare Saint-Sauveur.

Et pour aller plus loin

Tout sur Kymapetra et ses diverses installations sur la page dédiée du site Internet de Scenocosme.

Commentaires