Matière Cinéma

L’exposition Matière Cinéma, dont il est question dans cet article, est une production de l’association Aixoise Seconde Nature, dont le but est la diffusion, le soutien à la création, la médiation et la formation en faveur du développement des expressions artistiques électroniques et numériques. Dans leur espace de plus de 500m2 situé au cœur de la ville d’Aix-en-Provence, Seconde Nature propose à l’année des concerts, expositions, performances, projections, rencontres, ateliers et accueille des artistes en résidences.

Matière Cinéma s’inscrit par ailleurs dans le cadre de la plateforme e-topie. Cette dernière fédère un groupe d’acteurs qui, sur les territoires d’Aix-en-Provence et de Marseille, entendent promouvoir les nouvelles pratiques à l’ère du numérique. Suite à une première édition à l’occasion de Marseille-Provence 2013, les opérateurs regroupés sous la bannière e-topie ont conçu une série de rendez-vous en préfiguration d’une biennale internationale d’arts numériques qui se déroulera à l’automne 2015.

Cette exposition a été présentée du 17 octobre au 13 décembre, à Seconde Nature à Aix-en-Provence et à la Friche Belle de Mai à Marseille. Elle explore les mutations de l’image en mouvement à l’ère du numérique à travers une dizaine d’installations numériques et d’œuvres audiovisuelles qui revisitent l’imaginaire et les techniques cinématographiques. Elle rassemble les artistes Julien Maire, Sam Burford, Wim Janssen, Émilie Brout et Maxime Marion, Nicolas Maigret, Davor Sanvincenti, Alain Josseau et Yannick Vallet.

Dans cet article, nous nous concentrons sur six d’entre eux.

Émilie Brout & Maxime Marion sont deux artistes français qui vivent et travaillent à Vincennes. Diplômés des Écoles Supérieures d’Art de Nancy et d’Aix-en-Provence, ils intègrent en 2007 le laboratoire de recherche Ensad Lab pour deux ans, où débute leur collaboration. Leur démarche repose sur une pratique de la réappropriation : à partir de collections de documents souvent organisés en bases de données (extraits cinématographiques, photographie vernaculaire, cartes dynamiques, etc.) qu’ils créent ou sélectionnent en ligne, ils questionnent le rapport que nous entretenons avec les images à partir d’un jeu de va-et-vient entre univers analogique et numérique.

Julien Maire est un artiste français, né en 1969 à Metz, vivant aujourd’hui à Berlin. Son travail se situe au croisement de l’installation, de la performance et des arts médiatiques. Il se distingue notamment à travers la réactivation d’anciennes techniques de projection, qu’il revisite à l’aide du numérique.

Nicolas Maigret est un artiste français qui développe une pratique expérimentale du son et des images électroniques depuis 2001. Après avoir étudié les arts intermédia à Besançon, il intègre le laboratoire Locus-Sonus à Nice où il explore le domaine de la création sonore en réseau. Il a enseigné à l’École des beaux arts de Bordeaux et est actuellement impliqué dans le projet Plateforme, un espace d’exposition géré par des artistes, basé à Paris. En parallèle, il développe des projets sonores et numériques en solo et avec Nicolas Montgermont sous le nom d’Art of Failure.

Davor Sanvincenti est un artiste croate né en 1979 en Slovénie, également connu sous le nom de Messmatik. Ses œuvres se déploient sous la forme de vidéos expérimentales et d’installations immersives, explorant, notamment au cours de ces dernières années, une forme d’anthropologie de notre culture et de notre perception visuelles.

Alain Josseau est né à Nantes en 1968. Diplômé de l’école des Beaux-Arts de Nantes en 1992, il intègre, en 1993, un diplôme de troisième cycle (DESS) en nouvelles technologies de la création. En 1994, il devient artiste boursier de l’Institut des Hautes Études en Arts Plastiques de Paris. Depuis 1994, il vit et travaille à Toulouse où il partage son temps entre sa pratique artistique, son activité d’enseignant et son travail de régisseur d’exposition. D’abord artiste spécifiquement lié à l’utilisation des nouvelles technologies, dans le cadre d’une réflexion sur les questions de simulation de la réalité, il intègre depuis 1996, autour des images médiatiques, une réflexion sur leur réalité, leur mode de fabrication et de diffusion, en une pratique qui aborde aussi bien la peinture et le dessin que l’informatique ou la vidéo.