Shu Lea Cheang

Shu Lea Cheang

Shu Lea Cheang est née à Taiwan, mais elle a vite quitté son île pour découvrir le monde. Celui de l’art et de la technologie métissés. Elle a d’abord élu domicile à New York, où elle a passé vingt ans (de 1977 à 1997) à étudier le cinéma, travailler pour Paper Tiger TV and Deep Dish TV, deux télés en «open access» à l’avant-garde de la création en matière de vidéo et de télévision engagée. Elle y a réalisé plusieurs installations vidéo et son premier long métrage : Fresh Kill.

Puis, arrivée d’Internet oblige, elle plonge dans le cyberspace. Elle est la première artiste commissionnée en 1998 par le Guggenheim Museum pour Brandon, un Web film dont la réalisation dure un an. En 2000, elle réalise I.K.U., un long métrage de science-fiction mêlant sexualité, transgenre et androïdes.

En 2001, elle initie un nouveau projet de grande envergure, un tryptique intitulé Locker Baby Project. Le premier volet, Baby Play, est réalisé avec et pour la biennale NTT[ICC] à Tokyo en 2001 ; le second, Baby Love, est exposé au Palais de Tokyo en 2005 et à la biennale ZERO1 en 2006 ; le dernier, Baby Work, doit attendre 2012 pour obtenir une commission de l’ELMCIP (Edinbourg) et du Festival ZERO1 (USA).

Cette nomade numérique autoproclamée a quitté les Etats-Unis en 1997 pour s’installer en Europe où, de résidence en résidence, elle poursuit son travail critique sur la société numérique. Elle continue à recombiner thèmes de science-fiction, questionnements sur les genres, la place de l’utilisateur, les différentes formes de résistance à la norme, etc. Ses installations et performances sont programmées par de nombreux festivals comme la Biennale du Whitney (New York), Ars Electronica (Linz), le Sundance Film Festival, le Walker Art Center (Minneapolis) ou encore début 2013 le Festival des média-arts et des cultures digitales Transmediale (Berlin).

Thème récurrent dans le travail de Shu Lea, les déluges de déchets produits par la société du XXIe siècle – qu’ils soient issus de la nature, de l’humain et de sa consommation, de l’électronique (les fameux DEEE) ou du Net. Elle s’intéresse également au biodégradable, aux graines et à ce qui, dans ces déchets, doit redevenir semence et rester bien commun pour réinitialiser de nouveaux cycles de vie. Parmi ses récents projets, UKI, un jeu/performance viral, Composting the City/Composting the Net, qui met en processus tout ce qui est biodégradable, et Moving Forest, une performance longue durée lancée lors du Transmediale 2008.