Julien Lahmi

Julien Lahmi

Julien Lahmi a lui-même écrit sa propre « bio pré-post mortem », datée : 1977-2052. La voici.

Julien Lahmi, né en pleine fête des défunts de l’année 1977, mort le jour de la nativité 2052, se voua corps et âme, tel un mystique sacrifié, au dieu de la fiction documentarisée. Eduqué par une mère professeur de lettres et un papa poule étudiant en architecture, Julien passa la plus grande partie de son enfance seul dans sa chambre à mettre en scène ses playmobiles, sans qu’aucun bruit ne filtre à l’extérieur. «Mes parents venaient parfois toquer à la porte pour voir si j’étais encore en vie. Ils me trouvaient plus vivant que jamais !», confia-t-il un jour à celui qui avait entrepris un documentaire élégiaque à son sujet. A la frontière entre documentaire et fiction, Julien Lahmi bâtit une œuvre tourmentée par les thèmes de l’enfance, du souvenir, des fantasmes et de l’impermanence des choses. Des questions qui l’amenèrent à initier le concept de cinéma de «recyclage – rééclairage de la mémoire familiale», fictions réalisées à partir de films de famille. Terrifié par la fatalité du vieillissement, par la possibilité de «mourir tout pourri», disait-il, Julien Lahmi se donna la mort en avalant treize playmobiles le 25 décembre 2052, laissant une œuvre  cinématographique imprégnée de fraîcheur et d’intime.

Plus sérieusement – la mort, ce n’est pas sérieux – après avoir étudié à l’ESSEC, j’entre «en cinéma» par le documentaire de création avec la réalisation en 2001 de Vietnam Paradiso (ARTE Distribution, festivals de La Rochelle, FIPA, Thessalonique, etc.). Un film qui, joliment croqué dans un article du Monde, eut une sortie salle nationale 12 ans plus tard, initiée dans le fameux cinéma Saint-André-des-Arts et programmé à la Cinémathèque Française. Si j’ai beaucoup appris par le documentaire, j’avais faim de fiction, de comédiens. Je me suis donc formé à la direction d’acteur (cinéma, théâtre) sous la houlettte de Philippe Ferran et Alain Prioul. Apparaissent avec Le Film de Sa Vie en 2007 les prémisses de mon Cinéma de Recyclage, creusant dès lors un sillon très personnel de «fictionisation du réel». Après de récentes sélections à Silhouette, Traverse Vidéo et au MashUp Film Festival, je travaille actuellement sur deux projets de long métrage.