1971-2013, la saga du livre numérique

Une lente révolution inséparable de l’histoire de l’Internet

2006-2013. Du Sony Reader 1 au PaperTab annoncé, aussi mince qu’une feuille de papier

Octobre 2006 – Le Sony Reader PRS-500

Après le Librié lancé en avril 2004 au Japon, Sony lance le Sony Reader en octobre 2006 aux États-Unis, le PRS-500. Cette fois avec succès.

Utilisant une technologie E Ink plus avancée, il peut contenir 160 livres, pèse 260 grammes pour une épaisseur de seulement 8 mm et possède une prise casque pour la lecture de livres audio. C’est la première tablette à utiliser Adobe Digital Editions, un logiciel qui adapte le texte du livre à la taille de l’écran.

Le Reader PRS-505 de Sony.

Le Sony Reader est commercialisé en France à partir d’octobre 2008 au prix de 299 euros. Un accord, passé avec la Fnac et Hachette Livre, permet aux utilisateurs du Reader de bénéficier d’une réduction allant jusqu’à - 30% pour le téléchargement d’ouvrages numérisés de l’éditeur français sur le site Fnac.com. L’offre de démarrage propose quelque 2.000 titres du catalogue Hachette Livre. Principaux arguments de vente utilisés pour le Reader en France : plus de 7.000 pages consultables, la durée de vie de sa batterie (deux semaines sans nécessité de la recharger) et le confort de lecture offert par son écran «qui donne une excellente expérience de lecture, très proche de celle du vrai papier et qui ne fatigue pas les yeux».

Juin 2007 - L’iPhone

Le premier iPhone est commercialisé aux Etats-Unis, avant l’Europe à la fin 2007… Appareil multitâche, réunissant les fonctions d’un iPod, d’un téléphone mobile et d’une tablette Internet sous une interface tactile, le nouveau produit d’Apple révolutionne la téléphonie mobile et son usage. Et pour la première fois, il devient possible de lire du texte sur un téléphone mobile…

Novembre 2007 – Le Kindle d’Amazon

On a coutume de dire que c’est le lancement du Kindle, aux États-Unis en novembre 2007, qui marque véritablement le début du succès des appareils dédiés à la lecture numérique. Malgré un prix de 399 dollars, le Kindle première génération sera en rupture de stock en seulement quelques heures, et ne sera disponible de nouveau qu’en avril 2008. C’est le premier appareil à proposer de télécharger des ebooks en passant par le réseau sans fil haute vitesse d’un opérateur de téléphonie mobile (Sprint), et ce sans coûts supplémentaires. Le transfert ne nécessite pas d’ordinateur ni de liaison Wi-Fi. L’utilisateur peut également transférer ses propres documents en reliant l’appareil à un ordinateur par liaison USB ou en les envoyant par email...

Présentation de l’Amazon Kindle 1 (en anglais).


Le Kindle (ou Amazon Kindle), version 1, lancé en  2007.

Le Kindle 2, avec son nouveau design plus arrondi, «signe» l’ouverture au marché international en 2009. Commence alors une guerre des prix entre les différentes marques présentes sur le marché. Le Sony Reader est toujours là, mais il faut compter aussi avec Nook, commercialisé par Barnes & Noble, et un petit nouveau, Kobo, commercialisé en France depuis novembre 2011 en partenariat avec la Fnac sous l’appellation Kobo by Fnac qui a l’audace de lancer la première liseuse sous la barre des 150 dollars. Cette guerre des prix va s’accroître encore en 2010. En juillet, Amazon propose le Kindle version 3 (plus petit, plus léger, avec un clavier plus discret) à partir de 139 dollars. Le Kindle version 4 en langue française sort le 8 octobre 2011 au prix de 99 euros avec un catalogue de 30.000 titres. En quelques années, le marché est totalement transformé par cette guerre des prix, la liseuse devient un produit de consommation de masse.

Novembre 2008 - Europeana

Naissance de Europeana, la bibliothèque numérique européenne. 2 millions de documents sont disponibles en ligne à son ouverture. Elle regroupe aujourd’hui plus de 20 millions d’objets numériques (textes, images, sons, vidéos) provenant de bibliothèques, archives, musées et institutions audiovisuelles de tout le continent. Au total, 1500 institutions de toutes tailles contribuent à Europeana. On peut citer l’Institut national de l’audiovisuel ou la Cité de la musique en France, la British Library au Royaume Uni ou la bibliothèque nationale de Pologne, le Rijksmuseum à Amsterdam ou encore le musée d’ethnographie à Stockholm.

3 Avril 2010 – La révolution de l’iPad

L’iPad 1, avec son écran de 9,7 pouces, est lancé aux États-Unis. 3 millions d’iPad sont vendus dans les 80 jours suivant sa sortie. La tablette multifonctions d’Apple avait été annoncé trois mois plus tôt par Steve Jobs lors d’une conférence de presse d’Apple au Yerba Buena Center for the Arts de San Francisco. Présenté comme un support totalement adapté à la lecture de ebooks, il profite dès cette date d’un iBookstore de 60.000 livres numériques. Selon Apple, 250.000 livres électroniques sont achetés sur l’iBookStore le jour même du lancement et 1 million d’application téléchargées. Un lancement mondial suit en juin 2010.

La seconde génération d’iPad est présentée (toujours au YBCA de San Francisco) le 2 mars 2011 par Steve Jobs. L’iPad 3, simplement nommée "nouvel iPad", est présenté par Tim Cook le 7 mars 2012.

Deux nouveaux modèles d’iPad ont été présentés le 23 octobre 2012 : l’iPad 4 et le tout nouvel iPad Mini. Ce dernier, «23% plus fin, 53% plus léger» et qui «tient dans la main», permet à Apple de se positionner sur le segment des tablettes 7 pouces (la Nexus 7 de Google mais aussi le Kindle Fire d’Amazon) qui est un marché où les prix sont très agressifs...

Présentation de l’iPad 1 le 27 janvier 2010 par Steve Jobs au Yerba Buena Center for the Arts de San Francisco.

2011 – Le FlexBook : le concept d’une tablette qui se plie en quatre

Présenté lors des Fujitsu Design Award 2011, le Flexbook, conçu par le designer Taïwanais Hao-Chun Huang, est une tablette PC qui peut se plier tout en disposant d’un vrai clavier et d’un écran. Lorsque la tablette et le clavier sont pliés, le tout fait seulement 15 centimètres sur 15 centimètres environ. Flexbook est un mot valise obtenu en combinant les termes «flexible» et «netbook». Cet ordinateur portable conceptuel a la particularité d’être pliable non seulement au niveau de l’écran mais également au niveau du clavier. Il est donc possible de plier l’appareil en quatre pour qu’il occupe très peu d’espace. L’écran est capable de pivoter à 180 degrés sur la charnière et peut être retiré. Une fois ôté, il fonctionne exactement comme une tablette dotée d’un écran de 11 pouces. Si on le plie en son milieu, il devient aussitôt un netbook avec clavier tactile ou bien une liseuse affichant deux pages.


Le Flexbook, le concept innovant d’une tablette (et pas que) pouvant se plier en quatre.

Mai 2012 – Flex One, la première tablette flexible commercialisée en Russie

Annoncées depuis des années, les tablettes flexibles s’annoncent comme l’avenir des tablettes numériques. On en n’est pas encore aux appareils enroulables, dont il existe plusieurs prototypes, comme par exemple le Rolltop (voir la vidéo ci-dessous), conçu comme projet de thèse par le jeune designer allemand Evgeny Orkin, mais ce n’est sans doute qu’une question de temps...

La liseuse Wexler Flex One, équipée de l’écran souple LG à encre électronique, est la première tablette flexible à être commercialisée. L’écran n’est plus recouvert de verre, mais d’un substrat en plastique. La coque aussi est souple, et caoutchoutée. Sa forme naturellement concave invite à profiter de cette particularité (on peut véritablement tordre l’appareil), tout en protégeant l’écran en cas de chute. D’abord annoncée comme un produit relativement cher (elle était prédite entre 200 et 300 €), on la trouve finalement en vente à 4900 roubles russes, soit environ 120 €.

Wesler Flex One, la première tablette flexible «anti-choc» du marché (Russie et pays de l’Est).

Le «Rolltop», le prototype d’une tablette qui s’enroule (concept élaboré en 2009 dans le cadre d’un projet de thèse par le jeune designer allemand Evgeny Orkin).

Octobre 2012 –Samsung révèle le concept d’un smartphone dépliable qui se transforme en tablette

La frontière entre smartphone et tablette devenant de plus en plus floue (des smartphones de 5,5 pouces et des tablettes de 7 pouces), la marque sud-coréenne Samsung dévoile le prototype d’un smartphone qui se transforme en tablette et pourrait être le compromis nécessaire entre mobilité et affichage confortable.

Le concept du Samsung Galaxy Q (GT-B9150), puisque tel est son nom de code, permet d’avoir sur un seul et même appareil un smartphone de grande taille et une tablette. Le smartphone se déplie en un écran double et devient une tablette tactile de 10.6 pouces.

Le Samsung Galaxy Q (GT-B9150), système hybride de smartphone et de tablette tactile.

7 janvier 2013 – Une tablette flexible comme du papier

PaperTab, tablette tactile et complètement flexible de 10,7 pouces, «aussi fine qu’une feuille de papier», est présentée le lundi 7 janvier 2013 lors du Consumer electronics show (CES) à Las Vegas. Pour l’instant, ce n’est qu’un prototype développé par l’américain Intel, la Queen’s university au Canada et l’entreprise britannique Plastic Logic. Mais cette tablette ultra-mince  – mais peut-on encore appeler cela une tablette ? – est déjà qualifiée de révolutionnaire par ses créateurs.

L’équipe de développement précise que son but initial était d’imiter la sensation du papier sur un produit solide, léger et flexible. Ainsi, pour envoyer un e-mail, il suffira de plier un coin de l’écran. Le PaperTab pourra aussi entrer en interaction avec ses congénères. Un simple contact entre deux tablettes permettra par exemple d’envoyer le contenu d’un appareil vers l’autre ou de mettre en place un système multi-écran...

La tablette tactile et intégralement flexible PaperTab remplacera-t-elle bientôt l’iPad?...

 

Et pour aller plus loin

 

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