La mémoire du jeu vidéo

La mémoire du jeu vidéo

De Pong à Super Mario, et des arcades aux consoles…

L’histoire du jeu vidéo ? Quarante ans et de très grosses poussières… Car les «archéologues» du jeu vidéo ont du mal à dater précisément ses origines, perdues entre les années 1950 et 1970, entre les expérimentations scientifiques et la naissance d’une industrie des loisirs. Avec ses gros pixels, ses couleurs limitées et ses sonorités électro binaires, le jeu vidéo des débuts ne s’imaginait sans doute pas qu’il passerait en quelques années du statut de jouet pour gamins technophiles à celui d’industrie culturelle plus puissante que le cinéma. Mais si la nature artistique du média est encore âprement discutée, difficile de nier qu’il possède une histoire suffisamment riche pour être conservée et étudiée…

Le téléchargement, une source de jouvence ?

Problème : comment construire l’histoire et constituer le patrimoine d’un média dont la nature même repose sur une éternelle fuite en avant technologique ? Il y a encore quelques années, les vieux jeux étaient condamnés à l’obsolescence à plus ou moins court terme, en dehors d’hypothétiques rééditions ou de l’émulation sur ordinateur. Mais attention : chatouiller sa fibre nostalgique en piratant les jeux phares de son enfance sur émulateur n’est permis qu’à la condition de posséder le jeu original et pose forcément de nombreux soucis de copyright.

Depuis peu, heureusement, les plates-formes de type PlayStation Network, Xbox Live Arcade, WiiWare ou Steam ont permis à certains grands classiques du jeu vidéo d’être réédités et disponibles légalement en téléchargement sur des consoles et des ordinateurs d’aujourd’hui.

Éternelle jeunesse

Pour des raisons autant artistiques que financières, certains éditeurs n’hésitent pas de leur côté à produire des remakes plus ou moins remis à jour d’un point de vue technique et ludique de vieilles gloires passées… Mais certains petits changements ne sont pas toujours appréciés par la frange la plus radicale des retro-gamers qui préfèrent retrouver leurs madeleines de Proust vidéoludiques sous leur forme originale plutôt qu’avec des nouveaux graphismes et une maniabilité améliorée.

Reste la solution consensuelle de proposer le jeu sous deux formes différentes, l’ancienne pouvant cohabiter avec la nouvelle sur un même support, comme ce fut le cas pour les récents remakes des Monkey Island par exemple : il suffisait d’une simple pression sur un des boutons du pad pour passer instantanément, comme par miracle, de la version pixellisée originale à la nouvelle et ses graphismes cartoons en haute définition. Cette remise à niveau constitue une manière comme une autre de toucher un nouveau public, plus jeune, sans doute réticent à des graphismes datés et des éléments de gameplay vieillissants.

Une présentation vidéo drôle et bien faite du passage pour le joueur de la version «classique» de Monkey Island à sa version « améliorée » en 3D de 2010…

De «vieux jeux» sont offerts par les éditeurs

Recréer un vieux Zelda ou à un ancien Metal Gear Solid, en version originale ou remastérisée est une démarche généralement réservée à des licences prestigieuses. La grande majorité des jeux d’avant est souvent destinée à sombrer dans les oubliettes. Certains éditeurs finissent donc par abandonner leurs droits à la propriété intellectuelle sur quelques-uns de leurs anciens titres, pour les distribuer gratuitement (sur leurs sites Web, par exemple), les passer sous licence libre ou publier leur code source. Au minimum, ils peuvent juste décider de ne plus lutter contre le partage de leurs anciens titres par les internautes passionnés.

Et les musées du jeu dans tout ça ?

Si ces méthodes diverses ont permis à de nombreux chefs d’œuvre de connaître une seconde jeunesse, le jeu vidéo reste en contrepartie un art difficile à «encadrer» dans un musée.

Depuis 1996, MO5.com, un site communautaire réunissant joueurs, collectionneurs, journalistes et universitaires, devenu entre temps association de type loi 1901, s’efforce de conserver ce patrimoine en réunissant un nombre incalculable de jeux, mais aussi de consoles, d’ordinateurs et de bornes d’arcade. Visible « virtuellement » sur leur site, cette impressionnante collection est occasionnellement sortie de son placard pour des expositions «classiques».

La collection a déjà pu être présentée au Musée des arts et métiers lors de l’exposition Museogames, et a eu l’insigne honneur d’inaugurer la réouverture de la Galerie sud-est du Grand Palais avec Game Story, exposition organisée par MO5.com et la Réunion des musées nationaux (RMN).

Trente secondes pour tout savoir (ou presque) de l’exposition Game Story.

Notre tour d’horizon sur l'histoire du jeu vidéo en 2 chapitres, les jeux et les machines…

 

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