La mémoire du jeu vidéo

De Pong à Super Mario, et des arcades aux consoles…

Une petite histoire des jeux

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1972.
Pong (Atari), premier véritable succès populaire, sur bornes d’arcade et consoles de salon.

1978.
Space Invaders (Taito), pionner du jeu d’arcade et ancêtre du genre shoot them up.

1980.
Pac-Man (Namco), un jeu emblématique des débuts du jeu d’arcade.

1984.
Tetris, un puzzle-game au concept aussi génial que simpliste. Encore décliné sur différents supports aujourd’hui, le jeu n’a pas pris une ride.

1985.
Super Mario Bros. Nintendo pose les bases du jeu de plates-formes grâce à sa mascotte, un plombier italien et moustachu.

1989.
SimCity (Maxis), un jeu de gestion qui vous met dans la peau d’un maire.
 

1991.
Sonic The Hedgehog, le jeu de plates-formes de Sega qui tente de concurrencer le Mario de Nintendo en privilégiant l’idée de vitesse.

1993.
Doom (id Software), pionnier du jeu de tir en vue subjective et du jeu multijoueur en réseau.

1996.
Tomb Raider (Eidos Interactive), un jeu d’action et d’énigmes principalement connu pour son héroïne Lara Croft, une aventurière aux formes généreuses.

2001.
Grand Theft Auto III, le jeu violent, satirique et controversé de Rockstar, lance la mode des jeux à «monde ouvert».

2004.
World of Warcraft (Blizzard Entertainment) transforme le jeu de rôles massivement multijoueur (MMORPG) en phénomène de masse !

2008.
Braid, un jeu vidéo indépendant de Jonathan Blow distribué sur plates-formes de téléchargement.

2009.
FarmVille (Zynga), une simulation de ferme qui a popularisé le jeu vidéo sur réseau social, en l’occurrence Facebook.

L’an zéro du jeu vidéo

Fin des années 1950 : un physicien de l’armée américaine, Willy Higinbotham, conçoit un jeu de tennis jouable à deux personnes (Tennis for Two) sur l’oscilloscope d’un appareil utilisé en temps normal pour calculer les trajectoires de missiles nucléaires. Mais il ne s’agit que de la seconde création de cette préhistoire du jeu vidéo, le premier, un «tic tac toe» (ou «morpion»), ayant été créé en 1952 grâce à un ordinateur EDSAC («Electronic Delay Storage Automatic Calculator»), lui-même premier ordinateur électronique jamais conçu trois années auparavant…

En 1958, Tennis for two, est le deuxième vidéo jamais créé au monde.

Ce sont les débuts (très militaires) du jeu vidéo. Pendant un peu plus d’une décennie, il va se développer de manière encore très confidentielle et expérimentale. En 1971, en plagiant Spacewar, un jeu de combat spatial conçu pour l’ordinateur Dec PDP-1, Nolan Bushnell, le futur fondateur d’Atari, crée Computer Space, sur borne d’arcade : installé dans les bars et les campus universitaires, le jeu ne connaît qu’un succès relatif, à cause d’une jouabilité trop complexe.

Mais avec les quelques centaines de dollars que vont lui rapporter le jeu, Bushnell crée Atari et édite Pong, premier véritable succès populaire vidéoludique. Le principe est nettement plus facile d’accès que celui de Computer Space : inspiré du ping pong, le jeu propose à deux joueurs de contrôler deux barres qui font office de raquettes et de se renvoyer un énorme pixel en guise de balle. Décliné en borne d’arcade et en consoles de salon diverses, Pong marque les véritables débuts de l’histoire du jeu vidéo en tant qu’industrie de loisirs.

La tête dans les étoiles

D’autres jeux prennent la suite de Pong : notamment Breakout, en 1976, le premier jeu de casse-briques, dont la borne d’arcade est conçue par Steve Jobs et Steve Wozniak, les futurs fondateurs d’Apple. Mais c’est en 1978 que sort Space Invaders, premier pas majeur des créateurs de jeux japonais.

Créé par Taito, Space Invaders n’est pas la première incursion de l’éditeur nippon dans le monde des jeux vidéo. Mais c’est un immense succès, une référence iconique et une véritable révolution. Si le jeu s’inspire en partie de Breakout dans son concept, il le perfectionne en posant les bases de ce que sera le genre shoot them up : le joueur dirige un vaisseau en bas de l’écran qui doit détruire avec ses missiles plusieurs rangées d’aliens envahisseurs. Dans la foulée sortent Asteroids et Galaxian, deux autres titres marquants influencés par la science-fiction popularisée par Star Wars quelques années plus tôt.

Une présentation de Space Invaders à même de ravir les nostalgiques…

Le crépuscule des idoles

Les années qui suivent sont marquées par Pac-Man, développé par Namco, dans lequel un personnage rondouillard et jaune doit échapper à des fantômes dans un niveau labyrinthique. Donkey Kong, développé par Nintendo, signe de son côté les grands débuts de Shigeru Miyamoto, futur papa de Mario et Zelda, et sans doute inventeur du jeu de plates-formes.

Au début des années 1980, sur Apple II, sortent les premiers Wizardry et Ultima qui s’inspirent de Donjons & Dragons pour imposer le jeu de rôle sur ordinateurs.

Des consoles d’Atari, on retiendra plus particulièrement Adventure, premier jeu d’action aventure graphique, et Pitfall!, un jeu de plates-formes qui met le joueur dans la peau d’un aventurier à la Indiana Jones. Malheureusement, la sortie d’un grand nombre de jeux médiocres et mal conçus finissent par précipiter le déclin des consoles Atari, et menacent de couler définitivement l’industrie des jeux vidéo.

L’âge d’or

Les jeux sur ordinateurs et bornes d’arcade résistent à la tempête, notamment grâce à des chefs d’œuvre tels que Elite, jeu spatial en 3D filaire, ou Tetris, puzzle-game de génie qui aujourd’hui encore continue de se décliner sur tous les supports imaginables.

Mais c’est grâce à Nintendo et sa console NES que le jeu vidéo sur console renaît de ses cendres : le jeu de plates-formes Super Mario Bros. (1985) ou le jeu d’action aventure Legend of Zelda (1986) imposent de nouveaux standards de qualité et entraînent dans leur sillage une multitude de créations pas loin d’être intemporelles. Citons Gradius ou R-Type pour les shoot them up dont Space Invaders a été le précurseur, Castlevania et son univers gothique pour les jeux d’action, ou encore Final Fight pour les beat them all.

Du côté des ordinateurs, on se démarque avec des titres plus axés «simulation» : en 1989 sort Sim City, un jeu de gestion qui transforme le joueur en maire fondateur d’une ville qu’il faut faire prospérer.

Une présentation hilarante du premier Sim City par Papy Grenier, autrement dit par le Joueur du Grenier, dont la chaîne sur YouTube marche très fort…

Jusqu’à la moitié des années 1990, les jeux 2D continuent à évoluer avec des consoles et des bornes d’arcade de plus en plus puissantes. On retient notamment de la fin de cette grande époque Sonic The Hedgehog, jeu de plates-formes de Sega à la vitesse de défilement décoiffante, ou bien Street Fighter 2 de Capcom, probablement le titre le plus influent pour les jeux de combat.

La révolution 3D

Les jeux en 3D apparaissent dès les années 1980, mais leur apparence visuelle très aride ne leur permet guère de séduire le public avant 1992. C’est cette année, en effet, et sur PC, que Wolfenstein 3D popularise le concept de «jeu de tir en vue subjective» ou FPS (First Person Shooter). Malgré son contenu polémique, puisque le scénario vous plonge en pleine forteresse nazie à la poursuite d’Adolf Hitler lui-même, le jeu cartonne.

Wolfenstein 3D, créé par John Romero en 1992.

En 1993, Doom reprend à peu près la même recette dans un univers apocalyptique du meilleur goût. Mais c’est surtout à partir de 1995 et au moment où Sony va détrôner Nintendo avec sa console PlayStation que le jeu vidéo en 3D va définitivement s’imposer. Dans le cœur des joueurs, Lara Croft, sorte d’Indiana Jones au féminin, remplace Mario grâce à Tomb Raider, jeu d’aventure action aux graphismes impressionnants.

Mario et Zelda tentent de résister à la bombe Lara Croft : Mario 64 et Ocarina of Time s’imposent comme des références dans le domaine de la jouabilité 3D. Le jeu vidéo entre définitivement dans l’âge adulte, avec des thématiques plus sombres, souvent plus violentes... Signe des temps : le médium se met à l’horreur avec les terrifiants Resident Evil ou Silent Hill, et à la violence absurde et décomplexée avec Gran Theft Auto 3 qui ouvre définitivement la voie au jeu vidéo moderne.

L’introduction du jeu Silent Hill.

Connecting gamers

Dès ses débuts, Internet a posé les bases du jeu vidéo en ligne avec les MUD (ou Multi-User Dungeons), sortes de jeux de rôles textuels en réseau. Dès les années 1990, les modes multijoueurs des FPS utilisent le LAN (Local Area Network) pour relier plusieurs ordinateurs localement, puis le protocole TCP/IP de l’Internet d’aujourd’hui qui popularise le concept de jeu en ligne.

Avec les STR (jeux de Stratégie en Temps Réels), et surtout les MMORPG (Massively Multiplayer Online Role-Playing Games), descendants des MUD, et dont le représentant le plus célèbre est World of Warcraft, le jeu en ligne devient une industrie de masse.

Les jeux consoles finissent aussi, plus tardivement et plus timidement, par connecter les joueurs entre eux. Parmi les pionniers, on peut citer le jeu de rôles Phantasy Star Online (2000), de Sega, une des premières franchises à proposer le «cross-platforming».

L’introduction du jeu Phantasy Star Online.

En parallèle, alors que les navigateurs Web se perfectionnent, apparaissent les premiers «browsers games», qui utilisent les techniques Flash ou Java et qui s’intègrent et s’adaptent peu à peu aux réseaux sociaux de type Facebook pour créer un nouveau genre, le «social gaming». Farmville est aujourd’hui encore le représentant les plus populaire.

Petit à petit, les vitesses de connexion de plus en plus rapides favorisent également la dématérialisation des jeux vidéo, et l’apparition de plates-formes de téléchargements comme le Xbox Live Arcade, le PlayStation Network et Steam. Soit un nouveau mode de distribution qui contribue à la mise en avant de la scène des développeurs indépendants.

Des jeux pour tout le monde

Browser games, smartphone games, social games : ces termes un peu barbares peuvent se regrouper sous la bannière de ce qu’on appelle le «casual gaming» (ou jeu occasionnel), une tendance qui a aussi bénéficié du succès de la console Wii de Nintendo.

Simple d’accès, plutôt rapide, et de préférence nomade, le jeu occasionnel se distingue généralement dans des genres tels que les puzzle-games (Bejeweled), les party games qui se jouent à plusieurs (WiiSports) et les jeux d’arcade basiques (Doodle Jump). Et nous n’avons pas fini d’en découvrir de nouveaux !

Second chapitre de notre histoire du jeu vidéo, les machines...

 

Et pour aller plus loin

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