Le pouls de la ville

auteur: 
Fabien Eychenne

L'évolution des technologies permet désormais de doter un grand nombre d'objets de circuits intégrés capables d’observer, de mesurer, de communiquer et d’agir. Ces identifieurs (puces RFID par exemple), capteurs et "actionneurs" se rencontrent déjà dans (ou sur) un nombre croissant de machines, d'appareils électriques, de véhicules, d'emballages, d'objets quotidiens, d'équipements, d'espaces publics... Nos automobiles, nos téléphones mobiles, nos cartes de transport ou de fidélité, nos moyens de paiement, produisent sans cesse des "traces" électroniques. Une myriade de capteurs urbains comptabilisent les flux de voitures et de vélo en libre service, suivent les flottes de camionnettes ou de bus, mesurent la qualité de l'air ou le bruit, détectent les embouteillages, surveillent le fonctionnement des réseaux d'eau et d'électricité, régulent l'accès aux transports publics ou aux immeubles de bureaux, surveillent les espaces publics.
Cette omniprésence d’objets capables de capter, de traiter, de communiquer de l’information et de se géolocaliser fait partie de ce que l'on désigne par « intelligence ambiante ». La Commission européenne la décrit de la manière suivante : « Les individus seront entourés d’interfaces faciles d’utilisation, enfouies dans toutes sortes d’objets, et par un environnement quotidien capable de les reconnaître et de leur répondre de manière fluide, voire invisible. » On parle également « d'informatique omniprésente », ou « ubiquitaire ».
Une nouvelle perspective urbaine
La masse considérable de données que produisent ces objets et ces espaces devenus communicants peut représenter une menace pour la vie privée, voire pour les libertés. Mais dans un environnement urbain, elle peut aussi, une fois agrégée (et anonymisée), permettre de saisir en continu le « pouls de la ville » : où sont, où vont les gens, les véhicules, les marchandises, et quels itinéraires suivent-ils dans la journée ? Comment fonctionnent les infrastructures ? Quels espaces, quels lieux d'accueil, quels services sont-ils saturés ou au contraire sous-utilisés à un instant donné ? Où rencontre-t-on, à différents moments, le plus ou le moins de problèmes de pollution ou de sécurité ?...
Une fois mises en perspective de manière collective et (généralement) représentées sur un fond cartographique, ces données individuelles permettent de décrypter les dynamiques urbaines d'une manière totalement nouvelle, et éventuellement en temps réel. Pour le chercheur Fabien Girardin, "ces informations augmentent la perception de l’espace de la ville par ses habitants et façonnent leur prise de décision, comme un bulletin météo suggère notre habillement".

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Commentaires

Les usages : représentation, modélisation, services & innovation

"Si le but est aussi de libérer les imaginations et les initiatives, il s'agira aussi de proposer d'emblée des usages et des applications : cartographies dynamiques associant plusieurs flux de données, services à la mobilité, modélisation et discussion de projets urbains"
Plus d'info sur le projet Cityscan sur http://www.villes2.fr/Presentation-du-projet-City-Scan,-Le-pouls-de-la-V...

Un environnement post-PC

Sur ce sujet, vous pouvez retrouver une interview
d' Adam Greenfield sur « l'informatique ubiquitaire »
http://www.culturemobile.net/innovations/c-est-pour-demain/greenfield-er...

De plus, cette notion de "pouls de la ville" était au cœur des expérimentations artistiques lors du Festival Ermergences 2008 notamment au travers du projet SmartMap
http://www.culturemobile.net/innovations/c-est-pour-demain/dossier-smart...