Les sites sociaux dans la ville

auteur: 
Fabien Eychenne

D’abords globaux, sans référence explicite à un territoire, les sites sociaux tendent à se territorialiser. Ils se déclinent en plusieurs langues. Des groupes se constituent par villes. Certains sites sociaux se créent même explicitement à l’échelle d’une ville, d’un quartier ou même d’un immeuble. Mais c’est sans doute la combinaison de la géolocaisation et du mobile est en passe de transformer ces plates-formes en outils au service du lien social et des coordinations quotidiennes dans la ville.

La territorialisation des sites sociaux

La fréquentation des sites sociaux en France ne cesse d'augmenter. En avril 2008, d'après l'institut Comscore, plus de la moitié des internautes Français en étaient adeptes. Le réseau Skyblog reste le plus populaire. Il totaliserait 11 millions de visiteurs, suivi par Facebook.com avec 3,2 millions de visiteurs. MySpace.com arrive en troisième position avec 3 millions de visiteurs, suivi de Trombi.com (un site qui aide à retrouver ses amis anciens élèves) avec 1,3 million de visiteurs.
Ces réseaux se déclinent pour la plupart en une version mobile, adaptée à la taille des écrans des téléphones cellulaires, sans toutefois être pensés pour permettre réellement à leurs utilisateurs de se coordonner en mobilité. Il en va différemment d’autres sites plus récents, qui se construisent en lien avec un territoire urbain.

Des sites sociaux pensés pour le local…

Plusieurs réseaux se démarquent des grands réseaux généralistes en jouant la carte du local. Des services comme dismoiou.fr, qype.fr, nomao.com, justeacote.com, pilipili.com, onvasortir.com, etc. s’appuient sur le partage « des bonnes adresses ». Bien que récents, ces nouveaux réseaux attirent de plus en plus d'utilisateurs.

… ou même l’hyperlocal

Des réseaux sociaux locaux et de voisinage essayent de faire le lien entre les pratiques communautaires (en ligne et hors ligne) caractérisée par des liens forts, et les réseaux sociaux 2.0. C’est par exemple le cas de Peuplade, qui travaille à l’échelle du quartier, mais également voisineo.com, ma-residence.fr ou encore covilo.fr, qui travaillent à l’échelle du voisinage voire de l’immeuble. Ils ont pour ambition d’être des outils de médiation entre les habitants.
Lancé en 2003, et testé au départ dans le 17ème arrondissement de Paris, le site Peuplade a pour objectif de recréer du lien social à l’échelle de l’arrondissement. L’idée de ce réseau était dans un premier temps d’agréger des voisins qui se connaissaient et de leur offrir un espace de discussion sur le réseau pour se coordonner, se retrouver, organiser des événements de quartier avec les habitants. Avec le soutien de la mairie, Peuplade est désormais ouvert à l’ensemble de la population Parisienne, et testé dans d’autres villes telles que Grenoble. Ses utilisateurs peuvent créer un profil, indiquer leurs goûts, leurs expériences, leurs centres d’intérêts et les services qu’ils peuvent offrir en se localisant sur une carte. Les utilisateurs géographiquement proches peuvent rentrer en contact pour échanger biens et services, organiser des repas de quartier ou concevoir des projets…

La micro-coordination mobile

Enfin, les services de « micro-blogging » comme Jaiku.com ou Twitter, facilement utilisables en mobilité et dont les messages ne peuvent excéder une centaine de caractères, rencontrent eux aussi une demande croissante, en particulier dans des usages urbains. Les utilisateurs de ces services s'avisent mutuellement de ce qu’ils font, de leur humeur, de ce qu’ils voient ou ressentent dans l’instant. Ces petits messages peuvent être vus sur un ordinateur, mais aussi reçus sur un mobile (par SMS par exemple).
Très populaire dans la communauté technophile, Twitter se démocratise rapidement. Un utilisateur de Twitter peut « suivre » d’autres utilisateurs et recevoir tous leurs messages. Les utilisateurs peuvent également adresser des messages à des interlocuteurs particuliers. Bien que ces outils de "micro-publication" ne disposent pas (encore) de système de géolocalisation, ils sont déjà très utilisés en mobilité. Du fait du caractère public des échanges, les utilisateurs répondent à des demandes d’inconnus autant qu'à celles de leur réseau social : on peut ainsi, parce qu’on a indiqué qu’on est sur la plage ou assis à un café, se faire demander par un(e) inconnu(e) ce que l’on en pense et si la destination mérite que l’on s’y rende.