Un grain de beauté en guise d'interrupteur, un arc-en-ciel de petits coeurs pour les touches numériques et une bouche pulpeuse en élastomère : le Kiss Phone vous permet désormais d'envoyer des bises à votre bien-aimé(e) ou à qui vous voulez sur la planète et d'en recevoir. Vous pouvez aussi explorer une «banque-à-bisous» pour y cueillir un baiser de Madonna ou de l'un de vos héros favoris. Ces témoignages de tendresse peuvent être déposés sur un répondeur ou enregistrés de manière à les revivre «ad libitum».
Avant la commercialisation de la chose, mille cinq cents japonais ont participé à un test d'échange non-stop de bécots durant trente jours et ont tenu un journal de leurs émois. Lors du dépôt du baiser sur votre mobile, ce dernier détecte la vitesse de percussion et la pression de vos lèvres, leur température et leur force de succion, leur éventuelle sonorité fracassante ou discrète, tous paramètres sensoriels fidèlement reproduits sur le téléphone du récepteur. Proinvention, la société productrice, y voit les balbutiements d'une technologie appelée à déclencher une tempête mondiale dans les prochaines années : la «télédildonique» s'adressera à chacun de nos cinq sens. Le concept en a été lancé en 1974 par Ted Nelson, créateur dans les années 1960 de la notion d'hypertexte et du projet Xanadu d'interconnexion de toute la littérature mondiale à l'aide d'hyperliens.
Pour Georges Koussouros, concepteur du Kiss Phone, la part rationnelle et utilitaire donc déshumanisante - de nos communications mobiles est limitée à 10%. Mais elle focalise notre attention au point d'en masquer les 90% émotionnels que son invention, le Kiss Phone, a pour vocation de restituer et d'assumer. Il ne vous reste plus qu'à surmonter quelque éventuelle réticence à déposer votre chaleureux message sur la bouche artificielle lippue et goulue de votre téléphone cellulaire.
Pour en savoir plus :
- www.proinvention.com/french.html