Le projet Cosmos : étude de longue durée sur les éventuels effets de l'usage du mobile sur la santé
27 avril 2010
C'était il y a tout juste un an : le 23 avril 2009 démarrait le « Grenelle des ondes » et sa série de tables-rondes autour des supposés risques pour la santé de l'usage mobile, du Wi-Fi et des émissions des antennes-relais. Six mois plus tard, c'est l'Afsset, Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail qui rendait son rapport après avoir décrypté plus de 3500 études issues de laboratoires et d'institutions du monde entier. Sa conclusion, sans surprise, revenait à confirmer qu'aucun effet sanitaire n'est aujourd'hui établi en cette matière, et ce quelle que soit la source d'émission. Bref, peu de choses, dans le diagnostic tout comme dans le discours sur la nécessité de continuer les études, ne semble avoir changé depuis la publication de notre dossier sur les ondes radios. D'où ce projet Cosmos (pour « Cohort Study On Mobile Communications »), qui, après l'étude Interphone dont personne ne parle plus et qui n'a jamais rendu officiellement ses conclusions, se pose à nouveau la question du lien éventuel entre usage du téléphone mobile et problèmes de santé. Lancée le 22 avril au Royaume-Uni, en Suède, en Finlande, aux Pays-Bas et au Danemark, il est prévu pour durer plus d'une génération, afin de mesurer ces effets, avérés ou non, sur le long terme. Au total, 250 000 usagers de mobiles, de 18 à 69 ans, vont être étudiés en continu pendant 20 à 30 ans. L'enjeu : s'interroger sur la probabilité que l'utilisation du téléphone mobile aurait de provoquer ou d'avoir quelque influence sur maux de tête, troubles du sommeil, tumeurs, cancers et autres désordres neurologiques ou cérébro-vasculaires. Cosmos est mené par un organisme britannique, le Mobile Telecommunications and Health Research Program, qui regroupe des industriels, des experts indépendants, des universitaires ainsi que des décideurs politiques. Au Royaume-Uni, les opérateurs contacteront eux-mêmes leurs abonnés pour leur proposer de participer à l'étude.
Nous l'annoncions dans nos brèves « innovations » du 23 mars dernier : avec Google Buzz et son système d'agrégation d'un grand nombre de réseaux sociaux, Google cherche à se rendre incontournable sur le terrain dudit Web 2.0. Sauf que certains aspects de cette nouvelle application « sociale » déplaisent aux autorités chargées de la protection des données personnelles et de la vie privée d'un bout à l'autre de la planète. La CNIL, Commission nationale de l'informatique et des libertés bien française, tout comme ses équivalents allemand, canadien, néo-zélandais, israélien, italien, britannique ou encore hollandais ont tout récemment adressé collectivement une mise en demeure à Google, l'accusant d'avoir lancé son réseau social Buzz « dans le mépris des normes et des lois fondamentales en matière de protection de la vie privée ». En cause notamment : la combinaison de ce nouveau réseau à Google Mail (Gmail). Les contacts des utilisateurs de Buzz avec lesquels ils correspondent le plus sur Gmail étaient en effet intégrés dans Buzz de façon automatique et sans leur consentement. Devant cette communication de leurs renseignements personnels, certains utilisateurs de Gmail ont réagi, contraignant Google à s'excuser et à rapidement apporter des modifications au service. D'où la mise en garde de ces autorités, qui demandent à Google de garantir qu'un tel dérapage ne se reproduira pas et « d'expliquer comment il se conformera à l'avenir aux lois nationales en matière de protection de la vie privée ».
Le nouvel « i » d'Apple, le déjà fameux iPad, devait arriver en France fin avril. Las !, la tablette multimédia n'arrivera de par chez nous que fin mai, si tout va bien... Un communiqué de la marque à la pomme justifie ce retard par le succès de son nouvel objet, qui se serait écoulé dans sa version uniquement Wi-Fi à demi-million d'exemplaires en quelques jours aux États-Unis. Conséquence de cette « demande bien plus élevée que prévue » : les stocks sont vides. Autre retard : le lancement de la version « Wi-Fi + 3G » de l'objet tant prisé, annoncé au départ pour fin avril outre-Atlantique, a été retardé « autour du 7 mai ». Trois modèles devraient en être proposés aux USA : les versions 16 Go (629 dollars), 32 Go (729 dollars) et 64 Go (829 dollars). Par ailleurs, les iPad 3G devraient être accompagnés chez SFR et Orange de forfaits spécifiques tout comme l'iPhone. Aux Etats-Unis toujours, AT&T a déjà annoncé deux forfaits sans engagement, le premier pour 250 Mo de volume de données par mois, le second pour une connexion illimitée. Reste à savoir si les Français pourront ou non, dès fin mai, profiter de la version « Wi-Fi + 3G » de la tablette, ou s'ils devront se satisfaire dans un premier temps, comme aujourd'hui les Américains, de sa version Wi-Fi uniquement.
C'est fait : le 14 avril dernier à 10 heures, le premier musée français du jeu vidéo a ouvert ses portes au sommet de la Grande Arche de La Défense. L'événement, que nous annoncions dans notre sujet autour de la mémoire du genre, « Super Mario pour l'éternité », présente « 40 ans de jeux vidéo à travers les consoles de jeu, les créateurs de jeu vidéo, les personnages de légendes et la game culture », avec 150 machines dont 80 consoles et deux pôles avec des bornes jouables pour s'essayer à Pong ou à PacMan. Porté par une agence de communication, Alerte Orange, le musée a le soutien d'un grand nombre de partenaires, de NRJ à Game One en passant par le Ministère de la Culture. En revanche, il n'a pas pu profiter de l'appui de MO5.com, association la plus active pour « préserver, explorer, rejouer » les jeux vidéo, qui, fâchée avec l'Agence, prépare désormais son propre projet de musée. Ouvert « 7 jours sur 7 de 10h à 19h ou de 10h à 20h », le lieu privilégie en vérité les machines sur l'imaginaire des jeux eux-mêmes et de leurs personnages. Ces deux cents mètres d'exposition, aux côtés du Musée de l'informatique, n'en restent pas moins riches d'enseignement, ne serait-ce que pour découvrir ce que d'aucuns considèrent comme le premier exemple de « jeu vidéo » jouable, pour le coup sur un oscilloscope : Tennis For Two, ancêtre de Pong inventé en 1958 par le chercheur américain William Higinbotham...
Ils sont plus de 105 millions à utiliser Twitter !
20 avril 2010
Twitter et ses babillages courts sont diablement à la mode, et cela se voit dans les chiffres que le réseau social vient à peine de dévoiler. Il compterait en effet aujourd'hui plus de 105 millions d'utilisateurs enregistrés (soit 25% des utilisateurs actuels de Facebook), avec tout de même 300.000 nouveaux membres qui s'inscrivent chaque jour depuis un coin ou l'autre de la planète ! 55 millions de « tweets » seraient émis chaque jour, 180 millions de visiteurs uniques se faisant un plaisir de consulter tous ses messages de 140 caractères plus ou moins utiles. Le site Internet de la marque comptabilise, en tant que tel, 3 milliards de requêtes par jour. Soit un chiffre assez énorme. Twitter, par ailleurs, a décidé de racheter l'application pour iPhone Tweetie, histoire d'être présent dans le monde mobile par la transformation de l'application Tweetie, qu'il ne maîtrisait guère, en application Twitter pur jus... Car au-delà de la vogue de ces messages courts, sans ambiguïté au niveau des chiffres, il est désormais question pour Twitter de rentabiliser son offre grâce à de la publicité... Et ça, c'est tout autre histoire.
Le Parlement britannique vote à son tour une « riposte graduée » contre les internautes « pirates »
13 avril 2010
Moins d'un mois avant de nouvelles élections législatives au Royaume-Uni, les députés britanniques viennent de voter une loi sur l'économie numérique ou « Digital Economy Bill », surnommée pour de vrai la « DeBill »... Entre quelques mots sur le rôle du régulateur et la précision de règles pour la radio numérique, on y trouve un point particulièrement controversé : l'institution d'un système de « riposte graduée » contre les internautes téléchargeant des fichiers de façon illégale, mesure qu'on croirait tout droit sortie de notre Hadopi bien française. Adoptée par la Chambre des communes à une large majorité avant de passer maintenant devant la Chambre des Lords, équivalente de notre Sénat, elle prévoit l'envoi par les fournisseurs d'accès Internet de courriers à leurs abonnés qui enfreindraient le droit d'auteur. Mieux : pour tous ceux qui, malgré ces avertissements, persisteraient à se la jouer « pirate », et « sous réserve de preuves tangibles », les opérateurs pourraient ralentir voire carrément couper la connexion à Internet, cas de figure qui n'interviendrait pas avant un an... Autre mesure fort critiquée : la possibilité donnée au secrétaire d'Etat au Commerce d'ordonner le blocage par les FAI de sites qui seraient utilisés pour une activité enfreignant le droit d'auteur. De fait, un certain nombre de députés, non seulement du Parti pirate et du Parti libéral démocrate mais du Parti travailliste lui-même se sont opposés vigoureusement à cette loi. Au point que l'un d'entre eux, Tom Watson, a manifesté le 24 mars dernier devant Westminster (voir vidéo) avec l'Open Rights Group, qui dénonce le principe de la déconnexion et demande un vrai débat sur la question. Reste à savoir si cette loi passera définitivement avant les prochaines législatives... et si la nouvelle assemblée ne reviendra pas dessus par la suite.
C'est un message simple, sobre et quelque peu administratif comme les services de l'État en ont le secret, daté, semble-t-il, du lundi 12 avril 2010 : « Après avoir installé, le 24 février dernier, le groupe d'experts chargé d'accompagner la réflexion gouvernementale sur la neutralité du Net, Nathalie Kosciusko-Morizet, lance aujourd'hui une consultation publique. Cette démarche participative doit permettre à chacun de se faire une idée des enjeux liés à la neutralité du Net et de ses conséquences dans notre usage quotidien d'Internet. » La neutralité du Net, c'est ce principe selon lequel tout utilisateur, quel qu'il soit, doit pouvoir accéder à l'ensemble des contenus, applications et plates-formes disponibles sur la Toile, et ce quels que soient son fournisseur d'accès, son opérateur de téléphonie mobile et plus largement son environnement technique. Traduisons : aucune discrimination entre les connectés ; aucun filtre ; aucune priorité entre la vidéo stupide, la déclaration en ligne ou les photos de vacances des internautes ou mobinautes ne doivent être établis a priori par les maîtres des réseaux. Ce concept cache en vérité l'essence même de la philosophie d'Internet... Le 13 avril, l'Autorité de régulations des communications électroniques et des postes y va de son colloque sur le thème. Et voilà maintenant que le secrétariat d'Etat chargé de la Prospective et du Développement de l'économie numérique ouvre sa consultation publique, « jusqu'au 17 mai 2010 à 14 heures ». Secrétariat qui, « dans un souci de transparence, publiera l'intégralité des commentaires qui lui auront été transmis, à l'exclusion des parties couvertes par le secret des affaires. » L'aboutissement du processus devrait être, en juin, la présentation par la Secrétaire d'État aux parlementaires d'une synthèse sur le sujet, afin qu'ils puissent délibérer et légiférer sur ce thème que l'on pourrait qualifier d'universel...
ADSL en zones grises : des élus locaux soutiennent France Télécom
13 avril 2010
Comment augmenter les débits des 3,8 millions de lignes se situant dans ce qu'on appelle les « zones grises », mal couvertes en haut débit ? Il y a peu, France Télécom a fait une proposition en ce sens : son idée est de mettre en place de nouveaux centraux téléphoniques, avec l'objectif de raccourcir la longueur des fils de cuivre entre les foyers et les répartiteurs afin de fournir plus de débit, et donc permettre à chacun d'accéder au « triple play ». Sauf que selon l'Autorité de la concurrence, les concurrents de l'opérateur devront dès lors à nouveau investir pour être présents dans cette sous-boucle locale afin d'assurer la continuité du dégroupage dans ces zones. Or, elle craint qu'ils n'investissent pas, mettant de fait France Télécom « à nouveau en situation de monopole ». Et elle a donc refusé ce projet. Mais voilà : au nom de la démocratie, du développement de leurs régions et d'un certain pragmatisme, pas mal d'élus ne comprennent pas ce choix et le font savoir. Selon le sénateur de Vendée Bruno Retailleau, par exemple, « la montée en débit est nécessaire et utile. Il n'est pas question de laisser qui que ce soit priver les citoyens de mégabits. Une politique publique aussi importante que l'accès à Internet ne peut pas avoir comme seul critère la concurrence. » Réné Souchon, président de la région Auvergne, va plus loin et qualifie cette décision de « catastrophe ». Et de préciser : « Aujourd'hui, tous les projets sont bloqués en Auvergne à cause d'une vision technocratique. Nous sommes favorables au plan de montée en débit de France Télécom. » N'y a-t-il pas moyen de transiger entre une proposition de bon sens, soutenue par les collectivités locales, et des conditions d'application à même de préserver au maximum la concurrence ? Ce débat, parfois assez difficile à suivre au niveau technique, est loin d'être clôt.
Les acteurs du mobile veulent ouvrir plus de points de vente
6 avril 2010
« Le client a besoin de toucher les produits, de se les faire expliquer et de pouvoir compter sur quelqu'un s'ils ne fonctionnent plus » : ainsi parle Jean-Pierre Champion, le PDG du distributeur The Phone House, pour justifier son désir d'augmenter son nombre de points de vente, de 320 aujourd'hui à 450 voire 500 d'ici 3 ans. Même topo du côté de Bouygues Telecom, qui compte à ce jour 600 boutiques dans l'Hexagone, et espère en ajouter chaque année entre 30 et 40 nouvelles... Plus étonnant : à la faveur de son entrée dans le monde de la téléphonie mobile, Free s'est fixé comme objectif l'ouverture de 420 points de ventes dédiés à l'horizon 2018 ! Orange, à titre de comparaison, compte aujourd'hui plus de 1.125 boutiques, et SFR 820. Pour un opérateur, avoir sa propre vitrine présente en effet bien des avantages, et pas seulement en termes d'affichage. Certes, la vente en ligne se développe, notamment chez les jeunes technophiles, mais pour bien des clients, rien ne remplace le contact direct avec un vrai conseiller, à même de vous aider à choisir le bon forfait et le mobile adapté. Surtout qu'avec l'explosion de l'Internet mobile et toute la gamme des nouveaux usages multimédias, mieux vaut ne pas se tromper.
Et si Free ne pouvait pas installer ses antennes-relais de téléphonie mobile ?
6 avril 2010
Une rumeur court dans les milieux des télécoms, et plus particulièrement à Paris, sous la forme d'une question : Free, désormais détenteur de la quatrième licence de téléphonie mobile 3G, va-t-il pouvoir déployer ses antennes-relais et couvrir, comme il s'y est engagé, 25% de la population française d'ici à la fin 2011 ? C'est que l'installation de nouvelles antennes-relais se complique à travers la France. Les autorisations sont de plus en plus difficiles à obtenir. « Actuellement, il faut compter au moins 18 mois entre la demande pour une nouvelle antenne et son installation », explique un spécialiste de ces dossiers à la Ville de Paris. C'est que le processus exige aujourd'hui l'accord d'un très grand nombre d'intervenants : les mairies concernées, l'Agence de l'Ecologie Urbaine, parfois également les architectes des bâtiments de France, etc. Et même quand le dossier est accepté, l'installation peut être ajournée comme cela a été le cas fin mars pour Bouygues Telecom, rue des Bernardins dans le 5e arrondissement. Les opérateurs peuvent certes recourir à la Commission de Concertation présidée par Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris. Mais cette commission, censée se concerter tous les mois, ne s'est pas vue depuis octobre 2009 et n'a pas rendez-vous avant juin. Est-ce la faute à l'expérimentation en cours sur la réduction de la puissance d'émission des ondes radio dans les 14e et 15e arrondissements parisiens ? Cette étude, qui devait s'achever en avril, aurait pris du retard, bloquant tout déploiement de nouvelles antennes dans ces quartiers... Le souci de Free, c'est qu'il ne pourra s'appuyer sur les accords d'itinérance avec ses concurrents qu'à partir du moment où il aura déjà couvert tout seul 25?% de la population, donc afin d'atteindre les 80% d'ici huit ans. Le remède pourrait venir de l'usage de micro-stations de base, moins voyantes. Petites et se fondant dans le décor, ces antennes adaptées aux grandes villes disposent d'une capacité d'émission réduite, compensée par une capillarité importante et une capacité à s'installer partout, notamment sur le mobilier urbain.
Avec ses « Adwords », associés à chaque recherche et qu'on retrouve en français sous l'item « liens commerciaux », Google domine le marché de la publicité en ligne. Orange a trouvé deux moyens pour répondre à cette hégémonie.
Le premier moyen se pose en concurrence directe de la plate-forme de Google : il s'agit d'une place de marché publicitaire sur Internet nommée « Orange Ad Market », en partenariat avec la société américaine OpenX, jeune pousse qui a levé 30 millions de dollars (20 millions d'euros) il y a un an. Ce système d'enchères en temps réel d'espaces publicitaires va être lancé en mai au Royaume-Uni puis dans la foulée en France et dans les autres pays européens. Orange et OpenX se rémunèreront via une commission de 20% sur chaque vente.
La deuxième réponse à la domination de Google est bien plus indirecte, et joue la carte de l'innovation : TF1 et Orange ont en effet signé un partenariat pour rendre interactives les campagnes publicitaires diffusées sur TF1 via la TV d'Orange. Collaborant depuis l'automne dernier, les deux partenaires lanceront une première expérimentation début mai 2010. Les annonceurs pourront signaler l'interactivité de leurs spots aux clients de la TV d'Orange, téléspectateurs de TF1, par un bandeau affiché en surimpression du spot. D'un simple clic depuis la télécommande Orange, le téléspectateur accèdera à un mini-site interactif dédié à l'annonceur, dans lequel figurent des informations supplémentaires comme des présentations de produits, photos, vidéos de démonstrations et autres interviews. Il pourra également demander à être contacté, commander de la documentation, recevoir un échantillon ou obtenir la liste des points de vente.