Apple a vendu 1,7 millions d'iPhone 4 en 3 jours, mais doit faire face à des plaintes...
29 juin 2010
Côté pile, par la voix de maître Steve Jobs lui-même, Apple affirme avoir vendu 1,7 million d'exemplaires de son rutilant iPhone 4 entre le 24 et le 26 juin. Soit le « lancement de produit le plus réussi de l'histoire d'Apple », trois jours après sa sortie aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, au Japon et bien sûr en France.
Côté face, la colère gronde du côté de pas mal de fans qui se sont débrouillés pour se procurer au plus vite le nouveau bijou, et qui réalisent maintenant que l'iPhone 4 aurait à l'usage quelques petites anomalies imprévues. Le souci le plus fort, qui anime les discussions sur la toile, tient à la réception du signal de l'appareil : lorsque l'on plaque sa main en bas à gauche de l'iPhone 4, celui-ci subit une baisse de signal, avec un nombre de barres qui diminue à l'écran. La cause de ce problème ? Ce serait le design particulier de l'antenne du terminal, placée dans son armature...
Dans son communiqué du 28 juin, clamant son record de ventes, l'entreprise ne mentionne pas ce détail-là, mais reconnaît d'autres difficultés et s'en excuse par la voix de Steve Jobs : « Nous prions les clients qui n'ont pas pu être servis, faute de stocks suffisants, de bien vouloir nous excuser ».
Le gourou ne mentionne donc officiellement que cette difficulté à répondre à la demande, mais il n'en a pas moins répondu directement à des fans se plaignant de la perte de signal. Sur le site Engadget, il aurait expliqué à l'un d'entre eux que « prendre en main n'importe quel téléphone provoque une atténuation de la performance de l'antenne, plus ou moins importante en fonction du placement de cette dernière. C'est un fait pour chaque téléphone mobile. Si jamais vous subissez cela sur votre iPhone 4, évitez de le prendre en main sur le coin en bas à gauche en couvrant les deux côtés de la bande noire sur l'armature en métal ou utilisez simplement un des nombreux boîtiers de protection disponibles. » Sauf que voilà : dans les pubs pour le smartphone, c'est justement comme ça qu'il est tenu...
Chacun l'aura compris : pour Steve Jobs, en attendant une nouvelle livraison de l'iPhone 4 qui aura corrigé le défaut, tous les arguments sont bons pour maintenir intacte la mythologie des « i » d'Apple...
30 millions d'euros pour accélérer la couverture en haut débit des zones rurales
29 juin 2010
Il y a des causes, dans le numérique, qui avancent sans faire trop de bruits, grâce à des initiatives aux niveaux « macro » ou « micro », à l'échelle de l'Europe ou d'une multitude de collectivités locales. L'accès de tous au haut débit, notamment dans les zones où il s'avère souvent difficile d'avoir partout une bonne couverture, est l'une de ces causes. C'est ainsi que Michel Mercier, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet avaient lancé le 23 octobre dernier un appel à projets « haut débit dans les zones rurales », doté de 30 millions d'euros du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER). Bonne nouvelle : après un examen scrupuleux, 34 projets ont été retenus et vont ainsi bénéficier d'un financement supplémentaire. Les 61 projets déposés ont été départagés sur la base « de leur excellence au regard des critères du cahier des charges » : le niveau d'urgence des besoins en matière de couverture haut débit ; le calendrier de mise en œuvre ; l'ouverture à la concurrence de l'infrastructure créée ; l'existence d'un schéma directeur et la cohérence avec la stratégie régionale ; la cohérence de l'échelle géographique de la maîtrise d'ouvrage ; et enfin l'évolution possible des infrastructures vers le très haut débit. Parmi les 34 projets lauréats, 26 sont portés par un Conseil général ou un syndicat départemental, 4 par un Conseil régional (Auvergne, Corse, Limousin, Martinique) et les 4 derniers par des groupements de communes.
Et si le partage de fichiers nuisait peu aux ventes et pas du tout à la créativité des artistes ?
29 juin 2010
La secrétaire d'Etat au développement de l'Economie numérique a présenté le vendredi 18 juin à la presse les 121 réponses à sa consultation publique sur la « neutralité du Net ». Personne ne saisit très précisément le sens de l'expression, mais chacun réalise que se joue dans ce concept une bonne part de l'avenir de la toile, ou du moins de sa régulation ou de sa non-régulation... La neutralité du Net, c'est le principe de non-discrimination de l'accès à Internet : que tous, riches ou pauvres, femmes et hommes de toutes origines et de toutes activités, puissent accéder sans la moindre censure à l'intégralité des contenus et services « légaux » de notre nouvel océan numérique. Le sujet, bien sûr, intéresse tous les acteurs du réseau : internautes bien sûr, mais aussi opérateurs, fournisseurs d'accès, éditeurs de logiciels et de services Internet, ou encore fabricants de matériel, dont beaucoup ont envoyé leurs propositions à Nathalie Kosciusko-Morizet. De son côté, NKM, comme on l'appelle dans les milieux du Net, s'est d'ores et déjà prononcée pour une plus grande régulation. Mieux : elle verrait bien l'Arcep, alias Autorité pour la régulation des communications électroniques et des postes, dans la peau de l'arbitre français à même de résoudre les litiges qui pourraient survenir entre les différents acteurs à propos de l'interconnexion ou de la saturation des réseaux de téléphonie. Elle milite en particulier pour la mise en place d'un « accès prioritaire aux réseaux pour certains outils d'intérêt général, par exemple dans la santé ». Toujours est-il que ces questions restent ouvertes : les 121 réponses recueillies dans le cadre de la consultation vont maintenant servir de base à la rédaction d'un rapport qui devra être présenté au Parlement en juillet prochain, afin que soit votée une réglementation ou une loi sur le sujet.
Le gouvernement aimerait que l'Arcep devienne l'arbitre de la neutralité du Net en France
22 juin 2010
La secrétaire d'Etat au développement de l'Economie numérique a présenté le vendredi 18 juin à la presse les 121 réponses à sa consultation publique sur la « neutralité du Net ». Personne ne saisit très précisément le sens de l'expression, mais chacun réalise que se joue dans ce concept une bonne part de l'avenir de la toile, ou du moins de sa régulation ou de sa non-régulation... La neutralité du Net, c'est le principe de non-discrimination de l'accès à Internet : que tous, riches ou pauvres, femmes et hommes de toutes origines et de toutes activités, puissent accéder sans la moindre censure à l'intégralité des contenus et services « légaux » de notre nouvel océan numérique. Le sujet, bien sûr, intéresse tous les acteurs du réseau : internautes bien sûr, mais aussi opérateurs, fournisseurs d'accès, éditeurs de logiciels et de services Internet, ou encore fabricants de matériel, dont beaucoup ont envoyé leurs propositions à Nathalie Kosciusko-Morizet. De son côté, NKM, comme on l'appelle dans les milieux du Net, s'est d'ores et déjà prononcée pour une plus grande régulation. Mieux : elle verrait bien l'Arcep, alias Autorité pour la régulation des communications électroniques et des postes, dans la peau de l'arbitre français à même de résoudre les litiges qui pourraient survenir entre les différents acteurs à propos de l'interconnexion ou de la saturation des réseaux de téléphonie. Elle milite en particulier pour la mise en place d'un « accès prioritaire aux réseaux pour certains outils d'intérêt général, par exemple dans la santé ». Toujours est-il que ces questions restent ouvertes : les 121 réponses recueillies dans le cadre de la consultation vont maintenant servir de base à la rédaction d'un rapport qui devra être présenté au Parlement en juillet prochain, afin que soit votée une réglementation ou une loi sur le sujet.
Copie privée : l'Association française des opérateurs mobiles saisit le Conseil d'État
22 juin 2010
Dans un communiqué daté du 21 juin, L'Association française des opérateurs mobiles, alias l'Afom, déclare se joindre « au recours des constructeurs de matériels électroniques pour engager une action en intervention volontaire devant le Conseil d'Etat » à l'encontre de la Décision de la Commission en charge de la rémunération pour copie privée. En effet, précise l'association, cette décision, « effective depuis le 1er janvier 2009, assujettit la grande majorité des terminaux mobiles à la redevance pour copie privée (RCP), et non plus seulement une partie bien définie de ce type de produits selon les critères fixés par la décision précédente ». La taxe ici en cause, créée afin de « dédommager » les artistes pour le « manque à gagner » du fait de la « copie privée », ne devait s'appliquer au tout départ qu'aux supports de stockage, disques durs, clés USB, baladeurs MP3, CD et autres DVD vierges. Sauf que son champ d'application a d'abord été élargi aux « smartphones » du type iPhone, et que la commission se prépare à l'étendre aux tablettes multimédias tactiles comme le nouvel iPad d'Apple. La commission considère en effet que tout support de ce type doit être taxé en fonction de sa capacité de stockage : cela signifie qu'un iPad de 16 Go ne serait taxé que 8 euros alors que la tablette Archos 5 Internet, bien moins chère mais forte d'une mémoire de 500 Go, subirait une dîme de 50 euros ! Au-delà du caractère critiquable de ce décompte, sur le principe, l'Afom réfute l'inclusion des supports mobiles « dédiés à la seule lecture d'œuvre, alors que seuls les supports dédiés à l'enregistrement doivent être pris en compte au titre de la rémunération pour copie privée ». La parole est maintenant au Conseil d'État.
Et si Google se prenait une volée de bois vert pour ses collectes de données personnelles ?
15 juin 2010
Google, on le sait, est une sorte de Dieu omniprésent. Il est là sur nos écrans, incontournable moteur de recherche et relais de toutes les informations de l'univers (ou presque). Et il se veut « omnivoyant » par la grâce de Google Earth et Google Street View. Mais ce Dieu, visiblement, commet parfois des erreurs. Ou veut trop en faire dans sa soif de tout voir, tout entendre, tout collecter. Car le voilà sur la sellette aux Etats-Unis, où les procureurs et autres représentants de trente États ont organisé une conférence téléphonique pour évoquer ses pratiques potentiellement abusives de collecte de données personnelles via ses « Google cars » qui sillonnent la planète pour en capter les images et les restituer via Google Street View, justement. À la mi-mai, en effet, le moteur de recherche a reconnu que ses divins véhicules ne faisaient pas que prendre des photos. Ils dérobent aussi des informations (données de connexion et de navigation, fichiers transférés et autres messages e- mails), envoyées par les internautes et transitant par les réseaux Wi-Fi, à condition que ces infos ne circulent pas sur des réseaux sécurisés. Au départ, Google a affirmé qu'il s'agissait d'un accident, pour cause de logiciel expérimental inclus par erreur dans les voitures. Pour montrer patte blanche, il a finalement commandé une expertise au cabinet Stroz Friedberg LLC sur cette action sauvage. Or il s'avère que le logiciel de captage des voitures Google est paramétré pour faire le tri entre données cryptées et données non cryptées. Il y a donc bel et bien eu intention de capter les données, stockées ensuite sur des disques durs, et ce même si elles n'ont pas été analysées, comme le précise le rapport d'expertise. D'où le questionnement des 30 États américains pour savoir si oui ou non Google a enfreint des lois en collectant des données personnelles sur les réseaux Wi-Fi ouverts, et l'enquête ouverte par le procureur du Connecticut sur le thème. Dans l'immédiat, quoi qu'il en soit, ce n'est qu'une « sonde », une « petite enquête » pas loin d'être bienveillante. Et du côté de Google, pour une fois, on fait profil pas.
Après SFR et Bouygues Telecom, Orange va pouvoir proposer un service en « quadruple play »
15 juin 2010
Le « quadruple play », c'est le mariage en une seule et même offre de la téléphonie mobile, de son équivalent fixe, de l'Internet et de la télévision. Jusqu'ici, en tant qu'opérateur historique, Orange n'avait pas le droit de proposer à ses clients fixes ou mobiles une telle corbeille de mariée. Sauf que Bouygues Telecom puis SFR viennent de lancer de telles offres en France. Bouygues a été le premier à dégainer avec Ideo 24/24, offre de « quadruple play » accessible depuis le 24 mai, proposant l'Internet en ADSL tout comme la téléphonie mobile en illimité. SFR lui a emboîté le pas le 3 juin dernier, avec son Pack Absolu. De fait, ces deux opérateurs croisent désormais leurs bases de données clients, afin de proposer des avantages commerciaux à tous ceux qui, déjà chez eux, choisiraient d'élargir leur contrat du fixe au mobile ou du mobile au fixe. Orange, bien sûr, souhaitait suivre ce mouvement, mais ne pouvait le faire sans l'aval de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes. Or l'Arcep vient de statuer, déclarant que le croisement des bases de données des clients fixes et mobiles d'Orange ne présenterait pas, à lui seul, de risque pour la concurrence. Conclusion : l'opérateur historique va pouvoir, à son tour, proposer ce fameux « quadruple play ». L'autorité de régulation n'en reste pas moins vigilante, et a précisé qu'il lui faudra surveiller de près ces offres de convergence et leurs effets sur le marché. Soit un regard qu'elle portera non seulement sur Orange mais aussi sur SFR et Bouygues Telecom, afin que cette évolution, attendue par beaucoup, soit profitable aux consommateurs et n'empêche pas Free et les opérateurs mobiles virtuels de joueur leur rôle de trublion...
Grand emprunt : 2,5 milliards pour le numérique et 30 jours pour donner son avis
8 juin 2010
Le 7 juin s'est ouverte une consultation publique qui sera close le 7 juillet, afin que chacun puisse livrer ses sentiments et choisir ses priorités sur la façon dont le grand emprunt de 2,5 milliards d'euros qu'a levé le gouvernement irriguera demain les uns ou les autres de neuf domaines prioritaires d'investissement pour notre radieux devenir quant aux « usages, services et contenus numériques ». Comme l'a souligné avec beaucoup d'insistance Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée du Développement de l'économique numérique qu'on ne présente plus, NKM de son petit nom, ce grand pow wow est réellement ouvert à tous, « de l'auto-entrepreneur aux grands groupes, du blogueur aux associations, du chercheur à l'internaute ». Qu'on se le dise : les dossiers ne sont pas encore « bouclés et ficelés ». Reste que se dégagent quelques tendances fortes, avec des sommes d'ores et déjà estimées : la numérisation des contenus, profitant sans doute des polémiques autour de Google, semble certaine de ses 750 millions d'euros, le « cloud computing » devrait bénéficier de plus de 500 millions et les « smart grids » ou « réseaux électriques intelligents » de 250 millions. Les autres domaines d'investissement, parmi lesquels les systèmes de transports eux aussi intelligents, la e-éducation, la e-santé, la ville numérique, la « sécurité et la résilience des réseaux » ou les logiciels embarqués et autres « nanonumérique » n'ont pas encore de somme précisément allouée. Disponible sur Internet en téléchargement, cette consultation s'adresse à l'ensemble de l'écosystème de la société numérique. Mais NKM, dont le gouvernement a par ailleurs mis de côté 2 autres milliards d'euros pour les infrastructures haut débit, a prévenu la masse des consultés, au cas où d'indiscipline dans les rangs : « L'Etat ne déversera pas de l'argent sur les projets à la mode. Il investira sur des projets rentables pour la Nation, à même de créer de la richesse et de l'emploi, de doper notre compétitivité, de bénéficier au citoyen, et de favoriser l'aménagement du territoire. » À bon entendeur...
On y est tellement habitué qu'on a parfois tendance à l'oublier : il nous serait à tous quasiment impossible de voguer sur la toile sans ces bateaux des océans du numérique que sont les navigateurs, autrement appelés par les anglicistes manquant de poésie les « browsers ». Aujourd'hui, la plus pratiquée de ces embarcations, de par la planète, reste Internet Explorer. Mais, selon les derniers chiffres du cabinet Net Applications, le géant de Microsoft est clairement en perte de vitesse. D'avril à mai, il serait descendu d'un peu plus de 60% à moins de 57% de parts de marché. IE8 séduirait aujourd'hui le quart de la population (25% donc), IE6 serait en voie d'extinction, IE7 résisterait vaille que vaille. Le grand gagnant de ces deux dernières années, Firefox, « libre » héritier de Netscape, est stable autour d'un autre quart de tous les navigateurs utilisés, passant tout de même en un mois de 24,59 à 24,35%... Non, le dernier né qui plaît de plus en plus, fort il est vrai d'un papa on ne peut plus puissant, c'est Chrome de Google, qui aurait franchi selon Net Applications la barre des 7%... L'autre phénomène, enfin, est la progression de Safari, d'Apple, d'ores et déjà dopée par les ventes de l'iPad. Reste enfin Opéra, à 2,43%. Pour résumer : les solutions pour une croisière sur Internet ont rarement été aussi nombreuses. A charge pour chacun d'oser tenter l'aventure d'un nouveau navigateur, voire d'utiliser plusieurs bateaux selon ses envies.
Quand des députés UMP s'interrogent sur « l'éthique du numérique »...
2 juin 2010
Lorsque l'internaute atterrit sur la page d'accueil du tout nouveau site « éthique du numérique », il découvre quatre questions sur fond bleu agrémentées d'une photo à chaque fois différente : « Comment protéger les consommateurs sur Internet ? » ; « Peut-il y avoir un droit à l'oubli sur Internet ? » ; « Comment protéger nos enfants face aux dangers d'Internet ? » et « Protéger la vie privée à l'ère numérique, c'est possible ? ». Très vite, il voit l'étiquette verte associée à chaque interrogation : « donnez-nous votre avis ! », doublée, juste au-dessous d'un « Vous avez la parole ! », avec là encore le point d'exclamation de rigueur. Enfin, en plus petit, sous le titre du site : « les députés UMP vous donnent la parole ». Il faudrait être aveugle pour ne pas saisir le message. Et ce d'autant, qu'à droite (forcément) de la mise en scène alternée des quatre questions, « L'édito de Jean-François Copé » en rajoute une couche, elle aussi fort claire : « Le groupe de travail des députés UMP sur l'éthique du numérique a rendu son rapport mardi 1 juin. Il s'intitule "Vive internet ! Liberté et règles dans le monde numérique". Vous pouvez le lire en cliquant ici. N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires et contributions sur ce site. Merci ! »... Chahuté sur la toile depuis la chaotique adoption de la loi Hadopi, qui devrait s'appliquer en juillet, le parti majoritaire souhaite visiblement se refaire une virginité sur la toile. De fait, son rapport sur l'éthique du numérique a été rédigé par un député ayant voté contre la loi Hadopi, Lionel Tardy, et deux autres qui se sont abstenus, Hervé Mariton et Patrice Martin-Lalande. Dans le cadre d'une réflexion plutôt intéressante, les trois hommes politiques proposent une résolution qui « rappellerait les opportunités offertes par le monde numérique (un accès élargi à la culture et à l'information, une plate-forme d'expression sans précédent de nouvelles perspectives économiques) », « définirait une économie générale de la régulation de l'Internet (où serait précisé le rôle de chacun des acteurs du système en insistant sur le futur Conseil National du Numérique) » et « encouragerait les efforts de régulation au niveau européen et international ». Plus inédit à l'heure des débats sur ladite « neutralité du Net », ils suggèrent également une réflexion sur l'identité numérique (identification et protection) « en préservant le principe d'anonymat qui régit Internet »... Bref, ce rapport vaut bien une lecture.
La France compte désormais plus de 20 millions d'abonnés au haut débit
2 juin 2010
Le 1er juin, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes a publié les derniers chiffres de son « observatoire du haut-débit et du très-haut-débit fixe » pour le premier trimestre 2010. Résultat fort d'un point de vue symbolique : la France vient de passer (au 31 mars dernier) le cap des 20 millions d'abonnés en haut débit. 95% du parc est constitué de lignes ADSL, ce qui représente 18,8 millions d'abonnements, tandis que le très haut débit compte 330 000 abonnés, dont 75 000 en fibre optique directement jusqu'au salon ou à la chambre du client. Sur le trimestre, le parc a crû de 370 000 abonnements, dont seulement 5 000 en fibre optique, preuve que la technologie se déploie encore à un faible rythme. Mais gageons que ce dernier chiffre sera d'ici la fin 2010 bien supérieur après l'éclaircissement tout récent du cadre réglementaire en matière d'installation du très haut débit dans les immeubles et les engagements pris par les opérateurs. Et ce d'autant que 4,5 millions de logements seraient désormais situés à proximité d'un réseau de fibre optique dans notre pays...
Les blogueurs vont-ils pouvoir garder leur anonymat ?
2 juin 2010
C'est la dernière polémique en cours sur la toile : elle concerne un texte de loi, déposé par le sénateur Jean-Louis Masson dans l'objectif de « faciliter l'identification des éditeurs de sites de communication en ligne et en particuliers des 'blogueurs' professionnels et non professionnels ». Ce texte aurait pour conséquence d'aligner le statut des blogueurs non professionnels sur celui des éditeurs de sites professionnels. Autrement dit : si la loi passe, le simple blogueur aurait l'obligation légale de dévoiler son véritable nom, alors qu'il peut aujourd'hui ne tenir à la disposition du public, pour préserver son anonymat, « que le nom, la dénomination ou la raison sociale et l'adresse » de son hébergeur, sous réserve de lui avoir communiqué à lui tous ses éléments d'identification personnelle. En réponse à cette proposition, plusieurs acteurs de l'Internet français, parmi lesquels le secrétaire général de Reporters sans frontières, ont publié un appel accompagné d'une pétition. Leur texte affirme qu'une « telle loi porterait atteinte à la liberté d'expression sur Internet », précisant : « les blogueurs qui choisissent l'anonymat le font pour des raisons liées à leur vie professionnelle ou personnelle. Sans cet anonymat, beaucoup arrêteraient de bloguer ». D'où un appel aux « députés et sénateurs à refuser cette proposition de loi, qui contrairement à ce que prétendent ses auteurs, n'apporterait rien en ce qui concerne la protection contre la diffamation, déjà efficacement assurée par la loi actuelle ».