Vers un nouvel horizon
Une interview de Philippe Lemoine sur la nécessité d'inventer une écologie des nouvelles technologies.
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La nouvelle origine ? Une révolution pour tous... - 1/3 Est-ce qu'il ne faut pas, d'une certaine façon retrouver le goût du temps ? Lorsque je parle du temps, je pose la question du devenir, de ce que l'on veut faire au regard de l'histoire et pas uniquement au regard des benchmarks. Le quart de siècle que l'on vient de traverser a été dominé par une culture de benchmark, tous les sujets de modernisation ont toujours été pensés par comparaison avec tel ou tel pays. Beaucoup de branches des sciences sociales se sont ruées sur cette piste des comparaisons internationales. C'est utile, mais cela peut conduire à perdre le sens de l'histoire comme phénomène unique. Lorsque vous expliquez dans votre livre que l'entreprise doit intégrer de l'hétérogène, n'en appelez-vous pas à la création de contre-pouvoirs internes aux organisations ? C'est moins la question du contre-pouvoir que je pointe que celle de l'autorité. Car lorsque l'on veut s'autoriser à inventer, on a moins un problème de pouvoir que d'autorité. J'ai beaucoup aimé le livre de Myriam Revault d'Allonnes, «Le pouvoir des commencements, essai sur l'autorité», qui s'intéresse à cette distinction romaine entre «potestas» et «autoritas», soit entre le pouvoir et l'autorité, qui est une distinction que la modernité n'a jamais tellement adoptée. Dans la Rome antique, le pouvoir est exercé par l'Empereur, mais l'autorité appartient au Sénat. C'est d'une telle autorité, qui se place au-delà des pouvoirs, dont nous et les entreprises avons besoin pour nous «autoriser» toutes les possibilités d'inventer un nouveau monde autour et avec les nouvelles technologies. |