Ecopolis
Une interview de Jacques Attali sur la nécessité de nouvelles villes à la pointe de l'écologie et du numérique.
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L'enjeu démocratique de villes comme New Songdo ou demain les Ecopolis À force de prothèses technologiques, n'allons pas ressembler au paraplégique qui commande tout depuis son fauteuil ? Au moment où est née l'imprimerie et ses caractères mobiles, on a entendu ce genre de critiques. Certains ont dit qu'on allait perdre la mémoire et en déléguer l'usage à des bibliothèques. Je crois qu'au contraire, en libérant l'homme des contraintes matérielles, on lui ouvre la possibilité de faire des choses plus intelligentes avec son cerveau. C'est toujours bon à prendre. Mais cet avenir à la New Songdo ne présente-t-il pas des dangers ? Dans mon livre, «Une brève histoire de l'avenir», j'ai souligné les dangers de l'hyper surveillance. Il va de soi qu'il serait terrifiant d'imaginer les technologies de New Songdo City entre les mains de pouvoirs non démocratiques. Mais nous pouvons éviter l'hyper surveillance sans renoncer aux promesses de ces nouvelles technologies. Cela suppose de renforcer et moderniser les règles de la démocratie pour se protéger, en interdisant par exemple le croisement des fichiers de données personnelles. Vous êtes optimiste ? Optimiste actif, car la ville est le seul être vivant qui peut rajeunir en permanence, parce que les immeubles changent, que tout se construit et se reconstruit sans cesse, avec les architectes et tous les acteurs de la ville. En Roumanie, j'ai découvert une expérience intéressante : des professeurs d'une école de danse ont enseigné à des policiers à faire la circulation de façon différente dans la rue. Ça, c'est vraiment l'esthétique de la ville, et je voudrais que les Ecopolis, ce soit aussi ce genre d'idées, à même de créer de la beauté sans tomber dans la technocratie... |