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Le monde des télécoms va à sa perte s'il persiste à vouloir imiter le modèle de l'audiovisuel. Il doit revenir à son essence «bi-directionnelle» : le partage, la participation, et produire ce que Stiegler appelle des «milieux associés».
Depuis le premier tome de La Technique et le Temps (Galilée) en 1994, Bernard Stiegler construit une œuvre de philosophe aussi exigeant vis-à-vis de lui-même que critique vis-à-vis de l'évolution du capitalisme contemporain. Selon lui, en ce début de XXIe siècle, «les objets communicants poursuivent les temps de cerveaux disponibles où qu'ils aillent, du lever au coucher». Soit une nouvelle forme de capitalisme, qui se dit «culturel» ou «cognitif», mais qui est avant tout «l'organisation ravageuse d'un populisme industriel tirant parti de toutes les évolutions technologiques pour faire du siège de l'esprit un simple organe réflexe», «un cerveau sans conscience». Aussi virulent soit-il contre l'évolution des télécoms vers des logiques de mass médias, le monde du mobile et de l'Internet est aussi le sien. Et il reste persuadé qu'il peut en naître des pratiques nouvelles, capables, qui sait ?, de «réanchanter le monde», de lutter contre notre «misère symbolique» par une «réévaluation du rôle de l'esprit».
... Où va le monde des télécoms ?
Source: Orange Badim
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Qui est Bernard Stiegler ?
Philosophe, Bernard Stiegler est également Directeur
du Département du Développement Culturel au Centre Georges Pompidou.
Il a sorti chez Flammarion deux livres en octobre 2006 : Réenchanter
le monde. La valeur esprit contre le populisme industriel, et La Télécratie
contre la démocratie, Lettre ouverte aux représentants politiques. Ces deux derniers ouvrages traduisent
sous bien des égards une pensée de révolté,
mais tournée vers l'action. Menant avec son association Ars Industrialis
un combat contre cette baisse de la «valeur esprit»,
Stiegler n'en est pas moins un homme féru de technologies, qui a
lui-même
participé à la conception de logiciels.
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