Le monde est un village

L’univers télécoms des étrangers en France au travers de 7 portraits

Plus de distances pour Natalia !

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Natalia Polechtchouk originaire de Biélorussie.

Lotissement coopératif de datchas à 20 km du centre de Minsk (jardin des parents de Natalia). Les photographies personnelles de Natalia Polechtchouk et de son mari constituent l'intégralité des prises de vue qui composent ce diaporama.

Maison de la grand-mère de Natalia à Sloutsk, village Bolotchitsie (120 km de Minsk).

Immeubles d'habitation, quartier Yougozapad. La ville de Minsk compte environ 1,7 million d'habitants, sur les 10 millions qui peuplent le pays. Le 8 septembre 2007, Minsk a fêté les 940 ans de sa fondation.

Minsk, avenue Masherov.

Quartier de maisons en bois au bord du lac Komsomolskoye : «On ne sent pas la distance au téléphone, on a l'impression que la personne est juste à côté, on se sent vraiment dans le pays».

Natalia Polechtchouk vient de Biélorussie (aussi appelée Belarus) et vit en France depuis dix-sept ans. «La Biélorussie se trouve à côté de la Pologne, de la Russie, de l'Ukraine et des républiques baltes de Lettonie et de Lituanie. On est à 400 kilomètres de Varsovie et à 800 kilomètres de Moscou. C'est un pays avec beaucoup de lacs, c'est très vert.» Pour décrire son pays d'origine, Natalia Polechtchouk dit encore, avec un sourire : «On est un peu dans la forêt, il y a beaucoup d'espace !».

Préférant ne pas apparaître à l'image, elle a choisi de nous faire parvenir des photographies de Minsk et de sa région, réalisées par elle-même ou par son mari, lors de leurs différents séjours en Biélorussie... En revanche, elle se prête très facilement à notre jeu de questions-réponses.

Elle évoque d'abord le rituel de la conversation téléphonique avec ses parents, deux fois par semaine, à neuf heures du soir, les stratagèmes employés par ceux-ci pour faire parvenir des photos par Internet (ils ne possèdent pas d'ordinateur) et le plaisir toujours renouvelé de pratiquer au téléphone la langue maternelle. «On a trouvé que c'était le moyen le plus simple... et c'est plus rassurant, aussi, comme contact. Il n'y a pas de distance, finalement. On ne sent pas la distance au téléphone, on a l'impression que la personne est juste à côté, on se sent vraiment dans le pays.»

Avec pudeur, elle nous fait partager l'impatience et l'inquiétude qui surviennent quelquefois, lors d'un appel manqué ou trop espacé, et cette nécessité vitale d'être en relation directe, ritualisée, avec ses proches.

Mais surtout, elle dessine cet abécédaire sensible des échanges, des habitudes et des ruses, de toute cette "alchimie technico-intime" qui permet de préserver le contact au-delà des frontières :
- la grand-mère jouant à cache-cache au téléphone avec sa petite-fille ;
- cette dernière, Française, qui «fait l'effort de parler le russe» avec ses grands-parents ;
- les conversations via MSN qui peuvent parfois durer des heures avec une amie de Minsk : «Le plus pratique, c'est quand même MSN, parce que là, c'est tout de suite !» ;
- cette autre amie qui, durant un an, alors qu'elle accompagnait son mari en France, a communiqué chaque jour avec son jeune fils, resté en Biélorussie, via la Webcam ;
- les échanges fréquents de courriels «pour écrire ce qu'on a à dire, pour avoir des nouvelles, tout simplement !» ;
- l'envoi et la réception de photos, dont on devine la force d'impact, la charge émotive...
- ou encore la pratique du Net, avec ses découvertes, comme ce réseau social «qui permet de retrouver les personnes avec qui on était à l'école. Ce site s'appelle Odnoklassniki, il regroupe toutes les écoles de Biélorussie, de Russie également. Grâce à lui, on peut retrouver des anciens élèves, partout dans le monde !»...

Écouter l'interview de Natalia Polechtchouk

Natalia Polechtchouk nous fait partager toutes les «stratégies de communication» utilisées au quotidien pour maintenir et créer de nouveaux liens avec son pays natal, la Biélorussie.

Durée : 6mn Télécharger

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