Le monde est un village

L’univers télécoms des étrangers en France au travers de 7 portraits

Si loin, si proche, la Chine de Li & Bing

1
2
3
4
5
6
7
8
9

Li et Bing sont originaires de la province du Liaoning, au nord-est de la Chine.

Photographie de Li à six ans, dans sa maison d'enfance (photo scannée par ses parents à Dalian et transmise par Internet).

Li avec sa sœur devant l'entrée d'une usine près de leur maison d'enfance : « J'étais dans les champs, je jouais avec les insectes au soleil, je connaissais toutes les plantes... J'ai eu une enfance très heureuse ».

Campus de l'Université Polytechnique de Dalian où enseignaient Li et Bing, photographié par Li, juste avant son départ pour la France en 2005.

QQ, le site de messagerie instantanée le plus utilisé en Chine (et, après le téléphone « qui est prioritaire dans notre famille », outil de prédilection de Li et Bing pour rester en contact avec leurs proches). Capture d'écran.

Le nombre d'internautes chinois, les plus nombreux dans le monde, a augmenté de près d'un tiers en 2009, pour atteindre 384 millions d'usagers à la fin de l'année - 233 millions ont accès à la Toile à partir de téléphones portables, contre 120 millions en 2008, selon la dernière étude du Centre chinois d'information sur Internet (CNNIC). Photo Kairouan.org.

Vue de la ville de Shenyang, ville capitale du Lianonig, photographiée par Bing. La population de sa juridiction dépasse les sept millions d'habitants.

Lundi 22 Mars 2010, Google annonce qu'il cesse désormais de censurer les résultats de son moteur de recherche en Chine (en prenant garde de ne pas utiliser le terme retrait). Les  utilisateurs sont désormais redirigés vers ses serveurs de Hong-Kong.

Li (à six ans sur la photo) et Bing sont architectes. Ils viennent tous deux de la province du Liaoning, au nord-est de la Chine, à la frontière de la Corée du Nord. Li est issue de la ville portuaire de Dalian et vit en France depuis cinq ans. Son mari, Bing, est né à Shenyang, capitale de la province. Il est en France depuis presque sept ans et prépare un doctorat à la Sorbonne. Avant de venir à Paris, tous deux enseignaient l'architecture à l'Université Polytechnique de Dalian.

La rencontre se déroule près du château de Vincennes. Dans cette conversation fragmentée (le froid et la pluie battante nous obligent à nous réfugier dans un café proche), ils prennent la parole à tour de rôle.

A l'évocation de l'expression "terre natale", Li tient d'abord à confier son bonheur d'avoir vécu enfant à la campagne, loin de la ville : «Je pense souvent à la maison où j'ai grandi jusqu'à mes dix ans. J'ai eu une enfance très heureuse. J'étais dans les champs, je jouais avec les insectes, je connaissais toutes les plantes.»

Concrètement, pour le couple, le téléphone est l'instrument privilégié afin de rester en contact avec la Chine : «J'appelle ma maman toutes les semaines, tous les samedis matins», raconte Li, «dans notre famille, le téléphone est prioritaire, dans le sens de la France vers la Chine, puisque, pour nous, sur le fixe, avec la Freebox, c'est gratuit. Appeler l'étranger de la Chine, c'est cher.» Et, avec humour, dans un éclat de rire : «C'est l'argent qui décide !».

Bing, quant à lui, évoque ce que l'usage d'Internet apporte dans leur domaine professionnel : «On peut échanger les dessins, les photos, partager les idées par mail. Quand on est en mission, loin de son lieu de vie, on peut continuer à travailler avec Internet, c'est très pratique !» Propos aussitôt relayés par Li qui pointe un aspect paradoxal de son éloignement du sol natal : «La distance physique est réduite. Avant, quand j'étais en Chine, je ne voyais pas beaucoup mes sœurs ou mes frères, qui sont tous dispersés... Mais maintenant, alors que je suis très loin de la Chine, il arrive parfois qu'on se retrouve tous sur un site en même temps, et on se parle tous, d'un coup ! C'est impressionnant.» (ndlr : Il s'agit de QQ, le site de messagerie instantanée le plus utilisé en République populaire de Chine)...

Elle précise : «Je ne dirais pas que le monde devient un village. Je dirais plutôt que le monde est beaucoup plus ouvert. Grâce à ces méthodes numériques, on peut communiquer plus facilement, on peut avoir des informations librement.» Et, poursuivant sa pensée, elle ajoute, songeant sans doute à son pays : «On sent bien que les portes du pays sont plus ouvertes»..., propos qui trouvent un écho en toute fin d'entretien par la voix de Bing, lorsqu'il évoque le "retrait" de Google en Chine : «A mon avis, l'histoire de Google est une histoire provisoire. On dit que la liberté du peuple va s'agrandir de plus en plus. C'est sûr, il y a certaines périodes où il y a des retours... Mais, définitivement, je pense que nous allons vers une société moins contrôlée, plus libérale.»

Écouter l'interview de Li et Bing

Li et Bing, tous deux architectes, nous racontent comment ils communiquent avec leur pays natal : la Chine... Entre souvenirs d'enfance, rires et émotion, se dessine l'évidence d'appartenir à un monde «plus ouvert»

Durée : 5mn Télécharger

Et pour aller plus loin

Commentaires