La mythologie des «i» d’Apple

De l’iMac à l’iPhone, et de l’iPod à l’iPad, l’imaginaire de la marque à la pomme

Les « i » d’Apple : culture de l’instant

Un même idéal d’élégance et de plaisir personnel

Les objets nomades créés par Apple au cours des années 2000 semblent tous avoir connu un même succès auprès du public. Si chacun des objets possède sa spécificité, la musique pour l’un, le téléphone ou la lecture pour les autres, l’ensemble des objets mobiles d’Apple réunissent de nombreuses fonctions identiques et convergent tous vers un même imaginaire, ou un même idéal, mêlant design, praticité et personnalisation.

C’est le produit qui « s’adapte à moi », pas l’inverse…

Selon Jonathan Ive, à la tête de l'équipe responsable du design des produits Apple depuis 1996,

Ce n’est pas à moi à m’adapter au produit, c’est le produit qui doit s’adapter à moi.

Le produit Apple typique est ainsi destiné à « révéler » l’usager et lui permettre d’exercer une plus grande maîtrise sur son quotidien. 

Publicité télévisée pour les applications iPhone ou comment un téléphone mobile peut se transformer en véritable couteau suisse.

« Il est le médium de multiples contenus personnalisés et personnalisables » précise Vincent Rouzé, dont les consommateurs usent comme d’un « terminal de multiples applications et usages marqués par la création de « culturothèques » personnelles ». « À mesure que l’usager ajoute des photos, du texte, des morceaux de musique ou des films, les contenus se détachent de leurs conditions de production, de réalisation et d’écoute pour venir en croiser d’autres. » Et le chercheur d’ajouter :

Les interactions entre l’usage et l’objet contribuent à la création d’un babélisme culturel reposant à la fois sur la fragmentation des contenus et l’abrogation des hiérarchies culturelles et historiques.

Une culture du fragmentaire et de l’immédiateté

En d’autres termes, ces objets nomades participent à « la création d’un imaginaire marqué par l’accès illimité et facilité aux contenus culturels, à des formes de consommation personnalisée et immédiate ».

Les boutiques d’Apple, notamment l’iTunes Music Store, proposent l’accès à une foisonnante bibliothèque culturelle mondiale, brassant musique, livres, films, applications et même cours et conférences. « Il existe une application pour tout » : tel est en effet le slogan d’Apple et de son App store, l’une des clés de l’énorme succès de l’iPhone, qui rassemble des milliers d’applications dédiées à la vie quotidienne.


Image publicitaire de l’iPhone, mettant en scène la multiplicité de ses applications.

Cette culture du fragmentaire et de l’immédiateté, comme la nomme Vincent Rouzé, ouvre la voie à une possible esthétique de la manipulation des données, une forme de création multimédia personnalisée en quelque sorte, qui n’en serait qu’à ses balbutiements, et qui promet des lendemains qui chantent à la marque à la pomme.

Une parodie anglo-saxonne des multiples fonctionnalités de l’iPhone.

 

 

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