«Cyclonymous – Londres toujours paralysée par les pirates du GPS»

Fait divers #6 : une histoire de transports

«Cyclonymous – Londres toujours paralysée par les pirates du GPS»

CITIZEN NEWS. 16 janvier 2024. Trois jours après la cyberattaque, Londres est toujours paralysée par les embouteillages monstres qui congestionnent la cité. Si la situation se résorbe peu à peu dans la capitale, le chaos s'étend désormais aux frontières du pays : les autorités européennes ont en effet décidé de ne laisser sortir de Grande-Bretagne aucun véhicule dont le GPS pourrait être infecté par le virus programmé par les Cyclonymous.

Conséquence de la cyberattaque des Cyclonymous : un bouchon de plus de 30 kilomètres s’étend ce matin aux portes des ferries amarrés à Douvres. Parallèlement, les constructeurs automobiles déploient d’importants moyens pour permettre aux Londoniens de faire réviser au plus vite l’informatique embarquée de leurs véhicules: la plupart des garages de la capitale sont ainsi restés hier ouverts jusqu’à tard dans la nuit. De son côté, le Premier ministre, Michael Shankar, exhorte les Londoniens à emprunter les transports en commun, à n’utiliser que les GPS de leurs mobiles et à respecter les consignes de circulation émises par les «bobbies» déployés aux carrefours de la capitale. Car, comme l’explique le Premier ministre :

On en sait aujourd’hui plus sur le mode opératoire des hacktivistes. Le virus qui a détraqué l’ensemble des GPS de la ville se serait propagé de voiture à voiture via le Système Anticollision d’Identification et de Présence des véhicules.

Il a frappé en trois temps : d’abord, dès 7 heures du matin, en modifiant subtilement les cartes de la capitale britannique, les itinéraires et les sens de circulation. Leurrés par le système, les Londoniens se sont vite retrouvés à contresens, face à des impasses ou des sens interdits. Plusieurs camions se sont également encastrés dans des ponts sans que leurs chauffeurs ne réalisent que leurs véhicules dépassaient la hauteur limite autorisée.

Second temps : dès 9 heures, alors que le virus se propageait et que les autorités britanniques ne semblaient pas encore réaliser la portée de l’attaque, la voix de Donald Duck résonnait dans tous les habitacles des véhicules. Blablatées en canard par le personnage colérique, les (fausses) indications des GPS devenaient dès lors totalement inaudibles – pour le plus grand plaisir des enfants, mais en faisant aussi parfois sursauter les conducteurs surpris.

Au même moment, le système d’identification des vélos de la capitale était modifié de façon à ce que les deux-roues connectés soient dès lors considérés comme des véhicules prioritaires porteurs de dons d’organe – le Système Anticollision d’Identification et de Présence forçant ainsi les autres véhicules à l’arrêt lors du passage des cyclistes.

Activement recherchés, les Cyclonymous ont depuis diffusé leurs revendications, que la Police a communiquées lors d’une conférence de presse :

Cachés sous les masques de Riri, Fifi et Loulou, ils ont réclamé un élargissement des pistes cyclables et une plus grande pénalisation des accidents de la route.

Bien que qualifiés de terroristes, les Cyclonymous bénéficient aujourd’hui d’une opinion favorable à travers le monde. Et ce d’autant plus que 72 heures après la cyberattaque, la maire de Londres a révélé qu’il y a eu durant ces trois jours «moins d’accidents mortels et de blessés sur les routes qu’en temps normal». Le chaos a visiblement rendu les automobilistes anglais plus vigilants qu’à l’habitude… Une victoire pour les Cyclonymous qui peuvent d’ores et déjà se targuer d’avoir virtuellement sauvé des vies.

Par Régis Jaulin et David Neiss
Illustration Sidonie Le Gourrièrec

 

 

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