La Fondation Orange
L’objectif de la Fondation Orange : mettre le savoir faire de l’entreprise et le numérique au service des besoins des populations, partout dans le monde.

La Fondation Orange

Quand le numérique devient l’outil de la solidarité

La Fondation Orange oeuvre en France et dans le monde pour créer du lien entre les individus dans trois domaines phares : la santé et l’autisme en France, l’éducation et la formation en particulier des femmes et enfin la culture et la musique vocale. Pour ce faire elle s’appuie sur l’engagement de ses salariés et sur les Fondations créées dans les pays Orange. Entretien avec Mireille Le Van, Secrétaire générale de la Fondation Orange.

CM : La Fondation Orange a une longue histoire derrière elle, pouvez- vous nous la résumer ?

Mireille Le Van : C’est une longue histoire en effet, elle a débuté en 1987 lorsque qu’Orange, qui s’appelait alors France Télécom, a décidé de se doter d’une Fondation. Dès ses premiers pas, elle s’est inscrite volontairement dans le prolongement naturel de la mission de l’entreprise : permettre à tous de mieux communiquer. Elle a d’abord choisi la musique vocale comme axe d’engagement. Puis en 1991, elle s’est engagée dans l’aide aux personnes avec autisme et à leurs familles et nous avons créé l’association Volontaires pour les Autistes qui est constituée de salariés Orange bénévoles. En 2005, dans la foulée du développement du Groupe à l’international, un nouvel axe de mécénat s’est imposé : l’éducation des jeunes filles dans les pays en développement. En 2010, avec l’essor des réseaux et de la mobilité, une nouvelle priorité est apparue: la Solidarité Numérique.

CM :  Aujourd’hui la Fondation Orange est implantée dans de nombreux pays ?

MLV : Notre vocation est de créer du lien entre les individus, et, comme je le disais, dans trois domaines principaux : la santé dont l’autisme en France, l’éducation et formation, la culture dont la musique vocale. Notre fil rouge c’est la solidarité numérique. Nos actions tentent de répondre aux besoins des populations c’est pourquoi nous souhaitons créer des fondations dans les pays où l’entreprise est implantée. Nous nous appuyons pour cela sur l’engagement des salariés d’Orange, et aujourd’hui quinze de nos filiales ont créé leur Fondation nationale. Et nous travaillons aussi avec des partenaires locaux.
Pour 2013, nous comptons soutenir plus de 500 projets dans trente pays où le groupe Orange est présent et ainsi faire bénéficier plus de 1.500 000 personnes des actions de mécénat de la Fondation Orange .

CM : Parmi les engagements premiers, il y a le soutien à la cause de l’autisme en France mais aussi du handicap en Europe de l’Est et en Afrique. Quels types d’actions financez-vous ?

MLV : Depuis vingt deux ans nous soutenons la cause de l’autisme en France, et nous faisons en sorte d’améliorer la qualité de vie des personnes avec autisme et de leurs proches.Cela se traduit par la création et l’aménagement de structures d’accueil, l’aide à la recherche médicale, la formation des proches et l’organisation de loisirs. Aujourd’hui, le numérique et ses outils s’avèrent aussi être un véritable atout et la Fondation Orange Espagne a été précurseur par ses actions en la matière. Les praticiens ont pu constater que les tablettes et les smartphones aidaient énormément les personnes avec autisme à apprendre et à communiquer avec leur entourage. L’outil favorise l’individuation, il sécurise, il permet de réels progrès. De ces collaborations naissent aussi des applications dédiées à l’autisme.

Une présentation des applications Auticiel lors de la première matinale numérique parisienne sur les outils numériques adaptés à l’autisme de la Fondation Orange.

Nous œuvrons aussi pour l’accès aux soins de base à l’international. Avec l’association Armenian EyeCare Project, Orange soutient la «clinique de la vue mobile» qui sillonne les régions enclavées de l’Arménie. Celle-ci offre des consultations ophtalmologiques gratuites, fournit des paires de lunettes et réalise des interventions chirurgicales. Au total en 2011, 10 000 personnes ont ainsi pu consulter et 500 opérations ont eu lieu.

En Afrique les actions sont plutot ciblées sur la santé des mères et des enfants, mais certaines visent aussi les personnes âgées. Au Sénégal, par exemple, elles ont accès à des consultations gratuites. En 2012 nous avons ainsi soutenu plus de 30 structures de santé pour offrir un meilleur accès aux soins à près de 67.000 personnes.

CM : Autre grande et belle cause, celle de l’accès à l’éducation et à la santé, en particulier pour les femmes. Pouvez-vous donner quelques exemples ?

MLV : Oui, l’accès à l’éducation pour les jeunes filles et les femmes est pour nous essentiel. Cela passe par des projets d’alphabétisation, de scolarisation, de construction ou de réhabilitation d’écoles, et aussi de fourniture d’équipement et de connexion à internet, de formation et d’insertion professionnelle.

En 2012, 5000 jeunes filles et femmes ont bénéficié de programmes d’alphabétisation. En Guinée-Conakry, par exemple, le projet «École Amie des filles» a permis de scolariser 300 enfants. Dans dix pays, dont le Mali et la République de Moldavie, 6000 femmes ont pu avoir accès à une formation professionnelle afin de renforcer leur autonomie sociale et économique.

Là encore les outils numériques ont une importance déterminante. Au Kenya, par exemple, les collèges et lycées sont équipés en matériel informatique et les enseignants sont formés à son utilisation, ce qui favorise l’accès à l’éducation. Autre exemple, le Réseau Éducation Pour Tous en Afrique (REPTA) qui expérimente l’utilisation de tablettes dans le cadre de l’éducation non formelle.

Autre projet, plus culturel, WikiAfrica Cameroun. Il part d’un constat : l’Afrique est peu présente sur Wikipédia parce qu’il y a peu de «wikipédiens» sur ce continent. Le projet pilote consiste donc à recruter et former un pool de «wikipédiens» camerounais qui enrichiront le contenu sur leur pays. Il a pour vocation d’être déployé dans d’autres pays africains.

CM : Vous êtes aussi très attachée à la démocratisation de l’accès aux outils et à la  «solidarité numérique». Pourquoi est-ce important et quels sont vos projets en la matière ?

MLV : Le numérique est un vecteur de lien social et de lutte contre l’exclusion. La démocratisation de l’accès aux outils numériques aide les individus à conserver ou à renouer des liens avec l’extérieur. C’est également un nouvel outil d’apprentissage et d’accès au savoir, une aide à l’autonomie – pour les femmes en particulier – et un atout clé pour l’insertion professionnelle. Notre volonté est certes de réduire la fracture numérique sur le plan des équipements mais aussi en ce qui concerne les usages.

Les projets de solidarité numérique pour l’éducation et l’insertion des jeunes en difficultés sont notre priorité 2013. Expérimentation de tablettes numériques en primaire, collège et lycée professionnel, ateliers de création d’applications mobiles pour des jeunes en décrochage scolaire, remise à niveau des jeunes femmes en informatique pour trouver un emploi etc.

Parmi les nombreuses initiatives, mentionnons deux beaux projets : «Les apprentis d’Auteuil» et la création de Centres internet. Dans trois internats éducatifs et scolaires, on fournit aux jeunes en difficulté des tablettes numériques. Ils servent d’outils pour imaginer des scénarios éducatifs.

La solidarité numérique vaut aussi  pour les pays en développement. Madagascar vient par exemple d’ouvrir son vingtième Centre d’accès internet. Ces centres, qui n’existaient pas il y a 18 mois, sont gratuits pour tous et permettent l’accès au réseau et aux outils numériques dans des régions enclavées.

Luc Bretones, président de l’association Orange solidarité numérique, en explique le fonctionnement.

CM : Qui dit numérique, dit souvent nouveaux usages. Quels sont ceux qui apparaissent les plus porteurs de progrès social ?

MLV : Je donnerai en exemple les applications pour les personnes avec autisme, il y en a plus de 500 à ce jour et elles montrent que les tablettes peuvent être des outils de médiation favorisant la relation et l’autonomie. Dans le même registre, l’association Dr Souris fournit aux enfants hospitalisés du Centre Hospitalier Régional Universitaire de Montpellier des ordinateurs portables avec un accès sécurisé à Internet. Ce dispositif informatique permet aux enfants de rompre l’isolement et de garder le contact avec leur famille et leurs amis.

Il y a également des choses très quotidiennes et concrètes comme faire de la prévention pour éviter les souffrances buco-dentaires. Nous avons mis en téléchargement gratuit des applications pour éduquer et sensibiliser à l’hygiène dentaire et préparer la visite chez le dentiste.

Les associations avec lesquelles nous travaillons ont elles aussi besoin d’être aidées pour numériser leurs documents, créer leur site web ou encore gérer la distribution de denrées alimentaires. C’est pourquoi  la Fondation Orange a créé une «web factory» qui travaille avec les associations.

Dr Souris un projet montpelliérain pour aider les enfants hospitalisés à rester «connectés».

Autre exemple, le travail de l’association Khan Academy, qui publie en ligne un ensemble gratuit de plus de 2 200 mini-leçons, via des tutoriels vidéo stockés sur YouTube. Avec son projet «Bibliothèque sans Frontières» elle va proposer à 700 jeunes en difficulté scolaire d’expérimenter ce nouveau mode d’apprentissage actif et individualisé pour les mathématiques, au sein de deux bibliothèques francophones partenaires du projet, en Côte d’Ivoire et au Cameroun.

CM : Comment sélectionnez-vous les projets ?

MLV : Nous lançons des appels à projets en moyenne deux fois par an. À chaque fois un comité constitué d’experts renommés va sélectionner des projets associatifs autour d’une thématique précise. En 2012 nous avons ainsi retenu 585 projets dans 30 pays. Nous évaluons d’abord l’impact social du projet, nous participons à sa mise en œuvre et nous effectuons un suivi de sa réalisation.

CM : Comment impliquez- vous les collaborateurs Orange dans le travail de la Fondation ?

MLV : Les salariés du Groupe sont une composante majeure du mécénat de l’entreprise au travers du bénévolat, du parainage de projets, des actions collectives pour des causes humanitaires. Ils ont parrainé plus de 1200 projets et il y a 2000 bénévoles qui animent des ateliers d’initiation aux outils informatiques. Nous souhaitons aussi développer le mécénat de compétences, dans le cadre d’un temps partiel des seniors. À ce jour, 250 salariés sont mis à disposition d’associations.

CM : La Fondation vient de lancer un nouveau projet : le programme Villages Orange. De quoi s’agit-il ?

Il est en quelque sorte la résultante de notre engagement depuis 2005 dans le mécénat international pour l’éducation, et en particulier l’accès à l’éducation pour les filles. Nous nous sommes aperçus qu’il ne suffisait pas de construire une école. Pour que les filles et les femmes y viennent il faut aussi très concrètement qu’elles puissent vaquer au quotidien – s’occuper de la santé des enfants, puiser de l’eau – sans devoir faire des kilomètres. D’où le concept du programme Villages Orange : «Un point d’eau, une école, un centre de santé». Le regroupement de ces trois infrastructures donne aux filles la possibilité de se rendre à l’école tout en accédant aux ressources vitales dont elles ont besoin. C’est ce que nous appelons «une démarche intégrée», et nous y travaillons en partenariat avec les ministères des pays et les ONG.

Une vidéo de Mireille Le Van expliquant la genèse et le concept du Villages Orange.

À l’initiative de la Fondation Orange Côte d’Ivoire, les cinq premiers Villages Orange ont été construits dans le pays et cinq autres sont en cours de réalisation.
La première pierre du Village de Bir Salah en Tunisie a été posée et il sera inauguré en octobre. En 2013 nous prévoyons la construction de Villages Orange à Madagascar et au Niger et nous espérons beaucoup de ce programme qui va se poursuivre en 2014 et 2015.

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