Objectif recyclage
Objectif des prochaines Journées du recyclage en septembre 2014, faire encore mieux qu’en 2013.

Objectif recyclage

Une priorité pour Orange

Recycler son mobile usagé et faire du même coup une bonne action doit devenir un réflexe. C'est tout l’enjeu de la stratégie de collecte d'Orange, et la mission de Laurent Martin-Blanc, responsable collecte et recyclage des mobiles usagés.

CM : Quel bilan peut-on faire à la mi- 2014 du recyclage des mobiles usagés dans le monde ?

Laurent Martin-Blanc : Depuis l’apparition du GSM à la fin des années 90, plus de 8 milliards de mobiles ont été fabriqués.
L’année dernière, 1,6 milliard de téléphones mobiles ont été vendus dans le monde. Dans les pays développés, ces équipements sont renouvelés en moyenne tous les 18 à 24 mois et dans les pays émergents le nombre d’utilisateurs augmente d’une façon quasi exponentielle. Le stock évalué des mobiles inutilisés est de plusieurs milliards.
Une chose est certaine : en dehors de quelques réussites de collecte, comme par exemple Sprint aux Etats-Unis, il n’y a pas de mouvement de fond qui conduise à déstocker massivement les mobiles dormant dans les tiroirs. A terme, cette situation n’est pas durable.

La bombe à retardement que représente ce stock de mobiles usagés doit être une priorité !

CM : Qu’en est-il en France ?

L M-B : En France c'est comme à l’international, le recyclage reste globalement faible au regard du volume de nouveaux produits mis sur le marché chaque année.
Selon l'étude de l’AFOM (Observatoire sociétal de la téléphonie mobile), en 2010 seuls 16% des français ayant changé de mobile ont recyclé celui dont ils n’avaient plus l’usage et 52% l’ont conservé. Selon cette même source 16 % l’ont donné à un proche, 2% l’ont vendu, 1% l’ont jeté aux ordures, 1% l’ont rendu à un employeur et 12% n’ont pas répondu à la question. Actuellement on estime à plus de 100 millions le nombre des mobiles qui dorment dans les tiroirs des Français. Malheureusement, rapporter un mobile n'est toujours pas un geste naturel.

Orange s'est engagé dans une politique de sensibilisation à ce problème et de collecte dès 2005. Au total, de 2005 à 2013 plus de 2 200 000 mobiles ont été récupérés, dont 750 000 en 2013, un chiffre en augmentation de près de 40% par rapport à l’année précédente.

L'intérêt est multiple : éviter la pollution, récupérer de précieuses matières premières et permettre progressivement l'autofinancement d'une filière solidaire, de la France à l’Afrique. Recycler son mobile c'est éco-responsable mais c'est aussi un acte de générosité.

CM : Concrètement que fait Orange pour inciter ses clients à faire recycler les mobiles qu’ils n’utilisent plus ?

L M-B : Orange a décidé que la bombe à retardement que représente ce stock de mobiles usagés devait être une priorité et qu’il fallait s’en occuper ! Deux personnes à temps plein ont été nommées pour travailler à cet objectif à l'échelon national. Avec pour mission d'amplifier la collecte et de proposer une multitude de solutions pour que recycler son mobile devienne un réflexe.

L’initiative la plus médiatisée et la plus efficace, ce sont les Journées du Recyclage, une campagne nationale de collecte de mobiles, chargeurs et batteries usagées lancée pour la première fois en avril 2010, en partenariat avec  Emmaüs International. Sa vocation : inciter le grand public à passer à l’acte. En 2011, cette opération avait permis de récupérer 45.000 mobiles en 3 jours. En 2012, lors de la 3ème édition de ces Journées, la mobilisation de plus de 310 salariés volontaires d’Orange a permis d'en collecter 60.000 et les bénéfices ont été reversés au «Projet Afrique» porté par Emmaüs International.

En 2013, l’opération réintitulée les Journées Orange Reprise a mobilisé 514 salariés pendant plus de 610 journées de volontariat. Un record ! Et plus de 50 000 mobiles ont été collectés à cette occasion.

Le message sur nos nouveaux collecteurs est clair : Recycler votre mobile, faites des heureux ! Lui redonner une seconde vie, c'est facile  pour vous et utile pour tous. 

CM : Au delà de la collecte grand-public, Orange travaille aussi avec les entreprises et les collectivités ?

L M-B : Oui en effet, nous avons également mis en place une collecte citoyenne auprès de nos entreprises clientes et des collectivités locales en fournissant gratuitement des collecteurs personnalisables pour récupérer les mobiles usagés. Fin 2012, nous avons lancé une nouvelle génération de collecteurs, plus modernes, plus esthétiques et sur lequel figure un résumé graphique de la filière.


Les nouvelles bornes de collecte : plus belles, plus pratiques et plus pédagogiques

Orange prend en charge les coûts de récupération de ces collecteurs, et bien sur du tri et du reconditionnement des terminaux par les Ateliers du Bocage. Les bénéfices, là encore, sont reversés à Emmaüs International. Cette initiative permet de sensibiliser les employés et les administrés au développement durable. Elle valorise l’image de marque de l’entreprise ou de la collectivité sur les thèmes sociétaux et environnementaux et favorise l’emploi social et solidaire en France et en Afrique.

Nous avons également mis en ligne un site internet dédié, baptisé Collecte-mobile. Il devient le coeur même du dispositif. Chaque acteur peut ainsi se créer un compte personnalisé, se connecter, et demander la livraison d’un collecteur vide, programmer son enlèvement quand il est plein, mais aussi suivre en temps réel ses collectes, connaitre le nombre de mobiles collectés, leur taux de réemploi et le montant donné aux ONG.

CM : Les retours sont-ils positifs ?

L M-B : À ce jour, des bornes de collecte ont été déployées dans quelque 500 entreprises clientes d’Orange en France métropolitaine et dans plus de 1100 collectivités locales, et nous développons des partenariats avec les Associations départementales des Maires de France.

Citons également des initiatives en direction du monde de l'éducation. Comme la signature d’une convention avec l’Académlie de Dijon, pour implanter des points de collecte dans tous les établissements scolaires de l’académie (près de 250 collèges et lycées).

 Autre exemple, à Arras, avec l’Ecole de la seconde chance, où la collecte des mobiles a nourri un projet éducatif. Des écoliers ont ainsi déployé des collecteurs dans les commerces de la ville.

Enfin, nous explorons d'autres pistes. Nous avons par exemple mené une opération pilote qui consiste à envoyer directement au domicile des clients des enveloppes pré affranchies dans lesquelles ils peuvent glisser leur mobile avant de les déposer dans un bureau de Poste.

CM : Est-ce que, à l'instar de certains sites, vous rachetez les mobiles encore en état ?

L M-B : Oui, nous avIons mis ce genre d'opération en place en 2009 mais elle devait être revue de fond en comble. C'est chose faite en 2013 avec le lancement de Orange Reprise. Les mobiles sont repris dans toutes les boutiques du réseau Orange contre une remise immédiate ou un bon d'achat. Et pour chaque mobile restitué, 2 € sont reversés à Emmaüs International.

CM : Une fois le mobile déposé chez Orange, que se passe-t-il pour l’appareil ?

L M-B : La filière du réemploi est privilégiée dans tous les cas, et en particulier la filière responsable et solidaire. Tous les mobiles collectés, soit dans le cadre de la collecte citoyenne, soit dans le cadre de l’offre de reprise sont confiés aux Ateliers du Bocage, une entreprise solidaire d'insertion membre d'Emmaüs, qui va les trier et les tester. Tous ceux qui sont hors d’usage ou trop vieux, sont remis à Écosystèmes, éco-organisme agréé par l’État, qui va les dépolluer, récupérer les matières premières, et éliminer ce qui n'est pas recyclable. Ceux qui fonctionnent sont reconditionnés - les données personnelles sont méthodiquement effacées - pour être revendus d'occasion. Ils ont droit à une seconde vie dans les pays émergents, en particulier en Afrique.

Vidéo expliquant où vont les mobiles hors d'usage après la collecte.

CM : D'où la nécessité de la filière initiée par Emmaüs International et Orange pour collecter les portables usagés en Afrique ?

Oui bien sur. L’accès à la téléphonie mobile est un facteur de développement important pour l’Afrique et il est facilité par la revente à bas prix de ces modèles d'occasion en provenance d’Europe ou d’appareils low cost asiatiques. Mais ces mobiles d’occasion représentent autant de déchets potentiels. Or, en Afrique, il n’existe aucune filière de recyclage de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), et si rien n'est fait pour anticiper la fin de vie des mobiles d'occasion, on n'a fait que déplacer le problème.

C'est pourquoi, avec Emmaüs International, nous avons donc pris l'initiative d’ouvrir des ateliers de collecte dans les pays africains. Il faut savoir que 100 000 mobiles collectés en France permettent de financer l’ouverture d’un atelier de récupération et de créer six emplois locaux.

Ce sont les réparateurs locaux, chez qui atterrissent les mobiles en fin de vie, qui les transmettent aux collecteurs qui les ramènent aux ateliers. Ces déchets sont ensuite acheminés par containers-bateaux en Europe pour y être recyclés (faute de filière sur place).

Une vidéo expliquant le pourquoi et le comment du recyclage des mobiles au Burkina Fasso.

Le premier de ces ateliers a été ouvert au Burkina Faso en 2010. En huit mois, il a collecté plus de 12 tonnes de déchets (l’équivalent de 80 000 mobiles). Depuis, quatre autres ateliers ont ouvert, au Bénin, à Madagascar, au Niger et en Côte d'Ivoire.

Au total une trentaine d'emplois ont été créés et 120 tonnes de déchets de mobiles ont été réacheminés en France pour y être revalorisés. La boucle est bouclée... et l'ambition d’Orange est d’ouvrir deux ateliers par an dans les cinq années à venir.

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