Smart Cities
Des villes, des bâtiments, des transports et des services toujours plus performants grâce aux technologies numériques.

Smart Cities

Les villes se transforment avec le numérique

Les «smart cities» ou «villes intelligentes» s’incarnent d’ores et déjà aujourd’hui dans des projets et services concrets, en expérimentation ou déjà commercialisés et utilisés par des collectivités locales. Ainsi les «smart grids» ou compteurs intelligents d’électricité, de nouvelles façons de réguler le trafic routier, mais aussi les systèmes de «parking intelligent» ou de «bâtiments intelligents». Petit tour d’horizon avec Nathalie Leboucher, directrice du programme stratégique qui porte justement ce nom de Smart Cities.

CM : On parle beaucoup de la notion de «smart cities», pouvez-vous nous dire de quoi il s‘agit et comment une entreprise comme Orange s‘implique dans ce domaine ?

Nathalie Leboucher : Il y a aujourd‘hui un fort mouvement de transformation du paysage urbain. On estime que les villes vont croître de 2 milliards d’habitants et concentrer 70 % de la population mondiale d’ici 2050. L‘écosystème urbain doit évoluer. Il est confronté à de nouveaux enjeux tels que l’optimisation de l’énergie et des transports, l’amélioration de la qualité de vie des citoyens et le développement de l’attractivité économique et touristique. Et le numérique peut jouer un rôle de levier pour accompagner cette mutation au sein des territoires.

En juin dernier, le Syntec numérique, syndicat qui regroupe les professionnels du numérique, a publié son «baromètre des villes numériques» annuel. Il révèle une véritable volonté des villes françaises de se numériser davantage afin de devenir les grandes métropoles de demain. Sur un panel de 24 villes, il a répertorié en moyenne 47 projets par commune, allant des loisirs à l‘énergie, en passant par les transports, l‘e-citoyenneté, le bâtiment ou le social.

La «ville intelligente» est un écosystème riche mais très fragmenté. Il se compose, d‘une part, des métiers et des secteurs : gestion de la relation avec le citoyen, entretien des voieries,  développement de l‘attractivité, transports publics, collecte de déchets, optimisation de la circulation etc. Il se compose, d‘autre part, des acteurs issus du monde industriel, de celui des services et des technologies, capables de répondre à ces besoins métiers. Les villes ont donc besoin de s’appuyer sur un acteur capable de nouer des partenariats pour leur apporter une réponse globale. Nous avons la conviction que les réseaux, la capacité à exploiter les données, à proposer des services dématérialisés et mobiles sont au cœur de la transformation des villes, et nous souhaitons mettre notre expertise d’opérateur et d’intégrateur au service des collectivités et des acteurs de la ville. Notre programme Smart Cities vise à répondre à leurs besoins en développant des partenariats avec les grands industriels du monde automobile et de l‘énergie, les acteurs de la ville, les start-up innovantes, etc.

CM : Une ville intelligente serait a priori une ville qui gère mieux ses dépenses énergétiques. Quelles sont les technologies mises en œuvre à cet effet ?

NL : Il y a par exemple ce qu‘on appelle les «smart grids». Ils vont permettre d‘optimiser les réseaux de distribution d’énergie grâce à des capteurs positionnés sur le réseau et des compteurs intelligents pour suivre la consommation de gaz ou d’électricité et pour identifier et résoudre les dysfonctionnements à distance. L‘un des éléments essentiels de cette optimisation c‘est le télérelevé des compteurs. Il va permettre aux particuliers, aux entreprises et aux communes d‘analyser finement leurs consommations et ainsi de mieux gérer et économiser l‘énergie. Pour les distributeurs d‘eau, de gaz ou d‘électricité, il s‘agit donc de renforcer leurs systèmes d’information afin de pouvoir accueillir les flux massifs de données qui vont remonter des compteurs, et également des réseaux d’objets connectés qu‘ils vont déployer un peu partout. Ce qui implique de se doter d‘outils télécom performants pour connecter tous ces équipements au réseau (par exemple via des cartes SIM « Machine to Machine » ou des réseaux radio basse consommation), pour collecter les données, pour superviser le réseau, pour faire du diagnostic d’incident, et enfin pour gérer le déploiement et la vie de ces équipements.

M2Ocity
M2Ocity raccorde 30 à 40 000 nouveaux compteurs chaque mois.

C‘est pourquoi, dès 2011, Orange s’est associé avec Veolia pour créer une société commune, «M2Ocity», spécialisée dans le télérelevé. Aujourd’hui, elle exploite près de 700 000 compteurs d’eau en France. A Metz, par exemple, le télérelevé est opérationnel sur toute l‘agglomération, mais nous faisons plus. Chaque année nous relevons l‘eau, le gaz et l‘électricité dans quelques bâtiments choisis par la commune, ce qui lui permet d‘optimiser leur consommation.

CM : On attendrait également d‘une ville intelligente qu‘elle réduise les problèmes de trafic. Quelles solutions sont envisagées en ce sens ?

NL : La réduction de la congestion du trafic et plus globalement l’amélioration du confort  de la mobilité passent par une transformation tant des comportements que des moyens.  On peut agir sur la fluidification des trajets en voiture et sur un report vers d’autres modes de déplacement. Parmi les actions envisagées, généraliser les mesures du trafic routier et fournir une meilleure information aux usagers comme, par exemple, les itinéraires temps réel des bus et trains, la disponibilité des vélos, ou l‘indication des places de stationnement libres. Ce qu‘on appelle le «parking intelligent». Orange a commencé le déploiement de ce type de solution en France avec son partenaire Streetline. Le principe est simple : des capteurs autonomes sont installés au sol dans les rues. Ils sont capables de détecter les emplacements libres et ceux où une voiture est garée. Ces informations sont remontées vers une plateforme de gestion des données. L‘utilisateur s‘y connecte via une application sur son smartphone qui le guidera vers les places de stationnement les plus proches. Nous travaillons aussi au déploiement de solutions de paiement dématérialisé par SMS ou mobile sans contact NFC.

Une vidéo expliquant comment le parking va devenir intelligent sur La chaîne Techno.

Les villes expérimentent d‘autres pistes comme le partage de véhicules, le déploiement de nouveaux services pour augmenter l’attractivité des transports en commun ou en faciliter l’usage. Par exemple, améliorer la connectivité à bord des bus, proposer une billettique commune à plusieurs villes avec là aussi la possibilité de paiement par smartphone NFC.

CM : Parlez-nous de ce qu‘on appelle le «smart building» ou «bâtiment intelligent» ?

NL : Le marché du «smart building» réunit une grande diversité d’acteurs : équipementiers, énergéticiens, promoteurs et constructeurs immobiliers, fournisseurs de services, grandes surfaces de bricolage, opérateurs télécom ou encore acteurs du numérique développant de nouveaux services pour la maison. Ces nouvelles offres se structurent principalement autour des thèmes de l’efficacité énergétique, de la sécurité et du confort. Elles ont vocation à assurer une meilleure gestion des ressources et des impacts environnementaux, une réduction de la consommation et des coûts (de maintenance et opérationnels), mais aussi l’amélioration de la sécurité du bâtiment et le confort des occupants.

En résumé, un smart building c‘est un bâtiment qui consomme mieux et moins, qui offre de nouveaux services à ses usagers et aux visiteurs, et dont les informations sont facilement accessibles pour les gestionnaires. Prenons un exemple simple tel que celui des salles de réunions dans les locaux d‘entreprises : il sera possible de déclencher le chauffage selon le planning des réunions et ainsi de réduire les dépenses en énergie.

CM : Le numérique et la mobilité sont également sources de nouveaux services urbains pour faciliter la vie des citoyens. Pouvez-vous nous en donner quelques exemples ?

NL : Aujourd‘hui, les agglomérations mettent à disposition des citoyens un ensemble de services urbains qui sont gérés par des systèmes d’informations différents : cantine, piscine, bibliothèque, transport mais aussi installations culturelles et sportives, lieux touristiques, etc. Cela se traduit pour le citoyen par l‘accumulation de démarches, de cartes et d‘applications sur son mobile.

Avec sa solution «Ma ville dans ma poche», Orange propose une nouvelle génération d‘applications qui agrège toutes les informations de la ville et les restitue au citoyen sur son smartphone ou sa tablette. L‘application mobile  «Bordeaux en poche» sera disponible à la fin du premier trimestre 2014. A partir d‘un téléphone mobile NFC, chaque bordelais pourra accéder aux différents services municipaux.

Au-delà de l’homogénéisation des nombreux systèmes d’information existants, l‘idée est aussi de simplifier le quotidien des citadins et de sécuriser la gestion de leur identité numérique. Nous utilisons la technologie «sans contact» NFC pour concentrer sur un ou deux objets (carte NFC ou téléphone mobile) les fonctions de contrôle d’accès, de paiement et d’identification. De cette façon, avec une seule carte ou avec son smartphone NFC, le citoyen pourra accéder aussi bien à des services en mairie, qu‘à la cantine, la piscine, la médiathèque, aux cinémas et lieux culturels de la ville.

Ma ville dans ma poche
«Ma ville dans ma poche» un outil pour mieux gérer ses services, ses déplacements et ses loisirs.

CM : Un opérateur comme Orange ne dispose-t-il pas également de données spécifiques qui permettent d‘envisager de nouveaux services pour les territoires ?

NL : En effet, nous disposons des données issues de l’activité du réseau mobile Orange. En les exploitant, de manière statistique et anonyme bien sur, nous sommes en mesure d‘offrir aux villes et aux territoires une nouvelle source d’information novatrice et efficace qui va alimenter de multiples applications comme des prévisions de trafic routier plus précises pour les conducteurs ou des indicateurs de fréquentation touristique. Bouches du Rhône Tourisme, par exemple, utilise ces données statistiques pour analyser les flux de déplacements de touristes et leurs évolutions, afin de mieux comprendre les comportements et les attentes des visiteurs.

Dans les zones à risque, l‘étude de ces données de mobilité peut permettre de mieux anticiper et gérer les risques naturels. Orange et Thales Alenia Space ont ainsi développé un portail de gestion des risques naturels, CEMER. En croisant les facteurs temporels et géographiques des risques naturels, il est possible d’améliorer les prises de décisions des Conseils généraux et la coordination des plans d’actions de la préfecture. Le Conseil Général des Alpes Maritimes l’a mis en service à l‘été 2013.

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