Femmes et numérique

Les sept clichés capitaux

Cliché 1 : «Il n’y a pas de fille en études informatiques ou scientifiques»

 Une vidéo en langue anglaise sur le thème : «Science : It’s a girl Thing !».

Juin 2012, une vidéo à l’initiative de Commission européenne tente maladroitement d’attirer les filles vers les études scientifiques. Ses arguments ? Des minijupes, un bâton de rouge à lèvre, de la techno et un unique scientifique masculin séduit par autant de féminité. Le spot fait un scandale, et il est retiré de la page YouTube de la Commission européenne.

Moins scientifiques, les filles ? Oui, pour l’instant…

Pendant ce temps, les filles rattrapent encore trop lentement leur retard : alors qu’elles sont 45% en terminale S en 2011, leur pourcentage baisse à 30% en classe préparatoire scientifique, 27% en écoles d’ingénieur et 25% en université de technologie. Les chiffres sont ceux du Ministère de l’éducation qui publie chaque année une brochure intitulée «Filles et garçons sur le chemin de l’égalité, de l’école à l’enseignement supérieur».

Mais la conquête féminine des filières scientifiques pourrait bien s’accélérer grâce à l’action d’étudiantes, réunies en associations. Les fondatrices du blog Allez les filles, Osez les sciences ! sont toutes lauréates du Prix de la Vocation Scientifique, une récompense attribuée chaque année à des lycéennes qui se lancent dans des études scientifiques ou techniques à majorité masculines. Issues de plusieurs promotions, elles se fixent pour mission d’encourager les jeunes filles dans cette voie qu’elles s’interdisent encore trop souvent. En marge du blog, elles vont à la rencontre des lycéennes lors de portes ouvertes et de forums dédiés à l’apprentissage.


Barbie «ingénieur informaticien», une certaine vision de la femme scientifique…

L’expérience de Sabrina, étudiante en télécommunications

«Les lycéennes que nous rencontrons s’inquiètent souvent de ne pas avoir les compétences requises. Elles ont moins confiance en elles que les garçons», explique Sabrina, étudiante en télécommunications à l’ESIEE (École supérieure d'ingénieurs en électronique et électrotechnique), qui précise :

Un autre facteur qui joue énormément, c’est l’entourage. Lorsqu’il n’y a personne dans leur famille qui travaille dans un domaine scientifique, ou un professeur particulièrement engagé, on ne propose même pas aux filles de se tourner vers les filières scientifiques après le bac.

Après une année de classe préparatoire scientifique, Sabrina rejoint l’ESIEE pour un suivre un cursus au diplôme d’ingénieur en informatique et télécommunication. Là, elle découvre les langages informatiques et les classes de garçons :

Les garçons sont ravis de voir arriver des filles ; Nous ne pensons pas de la même façon, hommes et femmes, ce qui nous rend très complémentaires dans le travail d’équipe. Et si j’ai du me forger le caractère lors de mon premier stage, j’étais la seule fille, les remarques désobligeantes restent exceptionnelles.

Cette nouvelle génération se montre-t-elle plus ouverte d’esprit que les précédentes ? D’une certaine façon, oui : elle progresse, se questionne, réclame de nouveaux cours. Les jeunes chercheurs et chercheuses de l’université de Toulouse, réunis en un réseau pluridisciplinaire baptisé Arpège, ont ainsi lancé une pétition en ligne pour réclamer aux universités des études de genre (l’étude des différences entre hommes et femmes autres que biologiques) et de féminisme. Comme quoi, beaucoup agissent pour faire évoluer les stéréotypes…


Dans la série TV The Big Bang Theory, Amy Farrah Fawler offre une autre version de la scientifique…

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