Femmes et numérique

Les sept clichés capitaux

Cliché 4 : «Les médias préfèrent les hommes»

Autant d’invités hommes que femmes sur le plateau de Ce soir ou jamais : une exception ?

Le 26 avril dernier, sur le plateau de l’émission «Ce soir ou jamais» présentée par Frédéric Taddeï, quatre femmes pour quatre hommes participent au débat. Mais ne vous y trompez pas, cette parité reste une exception à la télévision. D’autant que l’émission comme son animateur cultivent, assez paradoxalement, une image sulfureuse lorsqu’il s’agit de la représentation des femmes. En effet, s’il siège au Haut Conseil à l’Égalité entre les Hommes et les Femmes, Taddeï se prononce en faveur de la prostitution, ce qui ne plait pas à toutes.

Les femmes à la télé ? A peine plus d’un tiers de l’antenne…

Cette scène représente bien la parité à la télévision. Il n’y a que seulement 35% de femmes à la télévision, tous programmes confondus, dénonce le CSA dans un communiqué qui appelle les chaînes à faire des progrès dès cette année. Elles sont moins de 20% à être interrogées en tant qu’expertes, et 14% dans les émissions de sport.

«C’est un problème structurel», rappelle Isabelle Germain, fondatrice du site d’information paritaire Les Nouvelles News :

Aux hommes les sujets dits sérieux, ou techniques (l’économie, le sport, la politique), aux femmes les sujets plus légers ou ménagers (la famille, la mode, la beauté). Il n’y a qu’à voir le clivage entre la presse féminine et la presse dite généraliste, en réalité très masculine.

Pour répondre à cette situation, EpOke Conseil a réalisé et distribué le Guide des Expertes, un annuaire de 317 femmes expertes dans leurs domaines afin que les journalistes invitent enfin des femmes pour leur expliquer l’économie, le terrorisme, l’énergie, la finance…  Pour Isabelle Germain, c’est surtout aux femmes de saisir leur chance :

Elles ne font pas ce qu’il faut pour être reconnue. Lorsqu’on appelle une femme pour l’interroger, elle va avoir tendance à se sentir moins légitime, à renvoyer vers un homme plus compétent.


Barbie «journaliste» représente bien le paradoxe de la représentation des femmes dans les médias.

Un exemple original : le site Les Nouvelles News

Sur son site Les Nouvelles News, fondé en 2010, Isabelle Germain prend le parti de proposer de l’information généraliste paritaire. Plutôt que de forcer la représentation des femmes, à ne pas faire trop souvent «sinon les hommes se détournent du magazine, la jugeant iniquement destiné aux femmes», précise Isabelle Germain, elle a fait le choix de répartir équitablement la parole. Sans passer pour autant sous silence des sujets de fond comme la prostitution, les salaires, les inégalités, car «ce qui n’est pas conté n’existe pas», rappelle la journaliste.

A l’occasion de la 24ème semaine de la presse et des médias dans l’école, Les Nouvelles News s’est associé au féminin Causette afin d’organiser des ateliers de journalisme aux collégiens et lycéens et de les faire réfléchir à la place des femmes dans la société. Isabelle Germain cite un projet d’élèves qui avaient tout simplement «ouvert des livres de classe et comparé la façon dont ils représentaient les hommes (médecins, activités professionnelles) et les femmes, uniquement représentées dans le cadre domestique.»

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