RFID : réalités, peurs et fantasmes

Cinq visions de notre futur en RFID, de nos identités plurielles au «silence des puces».

De la poussière intelligente à la ville intelligente

Où il est question de l’intelligence des puces, de miniaturisation, de localisation, de biométrie, de revêtements intelligents, de détection et de reconnaissance d’un individu par la fréquence de son pas.

David Simplot-Ryl :

« La notion de mur intelligent et par extension de ville intelligente, c’est encore de la science-fiction aujourd’hui. Ce qu’on envisage c’est que les puces vont être de plus en plus miniaturisées et vont pouvoir « embarquer » des sources d’énergie, voire même, dans le cas d’une utilisation dans un bâtiment, récupérer de l’énergie à partir de vibrations. Un bâtiment est soumis en permanence à des vibrations (dues au passage des véhicules, d’un camion ou d’un convoi sur la route, etc.)... Par conséquent, la miniaturisation des puces et leur autonomie en énergie pourront générer des systèmes ou des microsystèmes - on pourrait parler de micro-organismes ou de matériaux intelligents - qui seront capables de communiquer entre eux. A partir de là, très clairement, on peut imaginer créer de la poussière intelligente qu’il sera possible de dissoudre dans de la peinture, par exemple. En étalant cette peinture sur un mur, celui-ci deviendra dès lors « intelligent », susceptible de réagir à son environnement. Si on imagine ces microsystèmes dotés de capacités de capture, qu’il s’agisse de la température ou du bruit, ils pourront naturellement acquérir des connaissances. En particulier, détecter la présence de quelqu’un, reconnaître des bruits de pas...

« De fait, ce qui a été étudié en biométrie, c’est que la manière de marcher, la manière de poser son corps sur le sol est unique, particulière à chaque individu. Donc, on peut se représenter un mur capable d’authentifier et de localiser des personnes. En ce sens, en effet, on peut parler d’intelligence, du fait de la capacité d’interaction entre le système ou le microsystème et les individus. On parle alors d’intelligence ambiante. On ne voit plus le système, le système est invisible et l’être humain peut interagir de manière naturelle avec celui-ci. A partir de là, on peut envisager le concept de ville intelligente, passer du mur intelligent aux bâtiments intelligents et enfin à cette notion globale de ville intelligente. Nous n’en sommes pas encore là. Cette notion de ville intelligente met en jeu des systèmes très complexes, qui concernent plusieurs millions d’entités, et là se posent des problèmes d’interopérabilité, des problèmes de logiciels qui sont encore à résoudre. »

Ecouter l’interview de David Simplot-Ryl

Et pour aller plus loin

Le site de l’Inria, David Simplot-Ryl étant le Directeur de son Centre de recherche Lille Nord Europe.

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