RFID : réalités, peurs et fantasmes

Cinq visions de notre futur en RFID, de nos identités plurielles au «silence des puces».

Société du tout sécuritaire et société de liberté

Où il est question de puces RFID implantées sous la peau. Où il est question de traçabilité et de liberté individuelle. Où il est question de responsabilité.

Laurence Dumont :

« J’ai utilisé cette expression de "brouillage homme-machine" pour faire allusion à l’implantation des puces RFID sous la peau, implantation qui est déjà en vigueur dans certains pays, notamment en Espagne, où cela se pratique pour rentrer dans certaines boîtes de nuit. C’est très commode, on n’a plus besoin de porte-monnaie, on rentre, on est identifié, on arrive au bar, on paye avec la puce, c’est débité automatiquement, tout ceci à première vue est assez merveilleux... Ce qui me semble évident, et je souhaitais attirer l’attention sur ce problème, c’est que la limite entre l’homme et la machine, avec ce genre d’implant, devient floue. Il s’agit d’une forme de réification, de chosification du corps humain qui pose des tas de questions. Là, on touche du doigt un élément quand même essentiel qui est : où met-on la limite entre le corps et la machine à partir du moment où on intègre une machine dans le corps humain ?...

« D’autre part, dans cette question des implants, dans ce brouillage entre l’homme et la machine, il y a également cette dimension éthique et politique de surveillance de l’individu et de gestion du risque. J’ai insisté aussi sur le fait que nous devions nous interroger sur une société « sans risque », mais aussi sur une société « sans liberté ». C’est aux citoyens et c’est aux politiques de mettre le curseur là où il faut, c’est à dire entre une société du tout-sécuritaire et une société de liberté. Je pense qu’il y a un curseur à placer entre les deux. Les RFID sont un bon exemple de sujets sur lesquels la société doit s’arrêter un instant et débattre. Toutes les parties prenantes doivent participer à ce débat : les politiques, les industriels, les chercheurs et naturellement les associations. On veut de la sécurité, certes, mais on veut aussi de la liberté. S’agissant des puces RFID, en tant que députée, je pense que le politique peut et doit jouer son rôle de contrôle. Je pense d’ailleurs que le Parlement, à l’heure actuelle, ne s’est pas suffisamment saisi de ces questions-là. »

Ecouter l’interview de Laurence Dumont

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