7 paris de télésanté

Du bien-être à la médecine de pointe

La recherche sans cesse

Qu’il s’agisse de collecte de données, de travail collaboratif ou de matériel communiquant, l’apport des technologies de l'information et de la communication à la recherche en santé va s’amplifier. Déjà, plusieurs voies se dégagent.  

L’internaute lambda en veilleur

Cela peut paraître anodin, mais depuis janvier 2012, chaque Français peut devenir acteur de la surveillance de la grippe via le site Internet GrippeNet.fr. Ce projet est porté par l’Inserm et l’Université Pierre et Marie Curie, en coordination avec l’Institut de Veille Sanitaire et le consortium Epiwork. Contrairement à ce qui se pratique généralement, GrippeNet.fr collecte ses données en direct de la population, sans passer par les hôpitaux ou les médecins, car tous les grippés ne consultent pas. Une recherche scientifique basée sur des données non « scientifiques », cela a de quoi surprendre !

Ou en fournisseur de données…

Bien avant cela, Google avait déjà fait du datamining appliqué à la santé, expliquant que l’analyse des requêtes du moteur de recherche permettait de détecter un afflux de questions relatives à une maladie et de prédire une épidémie plus vite que les autorités sanitaires. Pour les scientifiques, cela s’apparentait à l’époque à un blasphème. Aujourd’hui, c’est donc devenu un outil d’étude. Et demain ? Google a annoncé en février 2012 que lorsqu’un internaute effectuera une recherche, pour l’instant uniquement en anglais, sur un ou des symptômes, une liste de causes possibles lui sera proposée pour affiner sa recherche. A quelle fin vont donc bien pouvoir être utilisées par la suite les innombrables informations ainsi récoltées sur la santé dans le monde ?

Ou même en collaborateur scientifique ?

En septembre 2011, la revue Nature Structural & Molecular Biology a publié un article sur la structure 3D d’une protéine, citant comme co-auteurs des joueurs de Foldit, pour leur participation à cette découverte potentiellement utile pour la recherche sur le virus du sida. Pour saisir le croustillant de l’affaire, il faut savoir que Foldit est un jeu vidéo en ligne multijoueur et expérimental, sorte de cousin du Rubik’s Cube en plus complexe, porté par les départements d'informatique et de biochimie de l'Université de Washington (USA), et accessible par n’importe quel internaute. Des joueurs qui dénouent en trois semaines des énigmes résistant depuis des années aux plus chevronnés chercheurs ! Voilà qui laisse rêveur. Les parents peuvent maintenant laisser les enfants jouer en paix sur leur ordi, une nouvelle route vers la reconnaissance scientifique s’offre à eux…

Foldit, un jeu expérimental, qui permet à des internautes d’aider la recherche scientifique. Première énigme résolue en septembre 2011 !

Des pilules intelligentes aux biopuces

Du côté des biopuces et autres capteurs intelligents, qui donnent le sentiment d’être plus « matériels » mais communiquent maintenant à tout va ou peu s’en faut, les innovations vont bon train. Il existe déjà des pilules intégrant un « mouchard » qui peut transmettre des informations sans fil à un terminal.

On peut aussi trouver dans certains pays, y compris en Europe, la lentille de contact souple Triggerfish de Sensimed encapsulant un capteur de pression intraocculaire qui peut correspondre avec un appareil d’enregistrement portable.

Sensimed Triggerfish, un microsystème intégré pour surveiller en continu sur vingt-quatre heures l'évolution des profils de pression intra-oculaire.

Et l’on attend demain le capteur qui nous dira s’il faut changer de rame de métro car la nôtre regorge de miasmes. Un module conçu par la Nasa et Variable Technologies, couplé à un iPhone, permet déjà de détecter la présence d’éléments toxiques dans l’environnement. Pourquoi pas demain une maladie ?


L’une des versions du module élaboré par la Nasa et Variable Technologies qui peut détecter des composés toxiques dans l’air.

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