Travailler demain

Sans bureaux, patrons ni salariés, quelle société ?

Demain il n’y aura plus de bureaux

Rappel : Nous sommes en 2025 ou 2030, la nouvelle économie a pris le pas sur la société de consommation.

Option 1 : la technologie est un outil collaboratif

Métro-boulot-dodo, c’est une expression complètement dépassée : aujourd’hui, on ne va plus au travail, on fait juste son travail. Les entreprises ne construisent plus d’énormes bâtiments pour y mettre leur armée de salariés.

La première raison est simple : elles n’ont plus d’armée de salariés. La seconde raison provient de l’effacement de la frontière entre vie privée et vie professionnelle. Les outils de travail comme les smartphones, les tablettes, les ordinateurs ultra portables et les nouvelles interfaces (objets connectés, écrans flexibles…) ont permis progressivement de travailler de n’importe où et n’importe quand. Un avantage de taille : les problèmes liés au transport comme les embouteillages, le stress ou la pollution automobile ont quasiment disparu.

«Tout ça pour allumer un ordinateur ?», petit rappel de comment c’était avant, quand on devait aller au bureau (Néo-nomade).

Le mouvement de «débureautisation» a commencé dans les années 2010 avec les espaces de co-working, au départ très prisés par les indépendants, comme les graphistes, les consultants, les développeurs, les entrepreneurs de start-up, etc. Le télétravail, concept beaucoup plus ancien, peinait à s’imposer, le co-working et les outils de travail en mobilité comme les smartphones et le cloud, lui ont donné une nouvelle jeunesse. Un des blocages du télétravail tenait dans l’isolement des travailleurs ; la version collaborative des espaces de co-working s’est révélée plus adaptée à l’instinct grégaire des humains.

Le blues des télétravailleurs (La Mutinerie).

Dans l’esprit de la mutualisation des biens, des services de location de son domicile en journée afin de servir de bureau se sont développés dès 2014, à l’image d’Office Riders, le «Airbnb du bureau».

 

Office Riders expliqué en vidéo.

Les réseaux de magasins, de plus en plus en difficulté devant l’avancée inexorable du e-commerce, ont aussi trouvé dans cet éclatement des lieux de travail une possibilité de rebondir en proposant des concepts stores alliant show room et espaces de travail ou de détente.

Certaines entreprises, comme Regus, proposait déjà aux entreprises en 2014 de louer des bureaux à proximité de la résidence de leurs employés ou de façon flexible en fonction de leurs besoins et des déplacements de leurs équipes.

Autre exemple : la SNCF, en 2013, avait initié l’opération «un bureau dans ma gare». Il s’agissait pour la SNCF de permettre à ses propres cadres de travailler deux jours par semaine dans la gare qui se trouvait à côté de chez eux, plutôt que d’aller au siège de l’entreprise. En échange, ils acceptaient de renforcer l’équipe de la gare en question en cas de besoin, comme pendant les grèves par exemple.

Autre initiative de mutualisation de lieux de travail qui existait en 2014 : Bureaux à partager organise la sous-location de bureaux lorsqu’une entreprise à des espaces non occupés.

Toutes ses initatives ont permis à de nouvelles formes de collaborations de voir le jour, permettant des interactions entre différents corps de métier qui habituellement ne se rencontraient pas.

Les problèmes de confidentialité ont donné au début des crises d’urticaire aux services informatiques et juridiques de certaines sociétés, mais au fur et à mesure, les solutions techniques ont été trouvées et les mentalités ont évolué, privilégiant l’échange, le partage et la transparence.

Option 2 : la technologie remplace les humains


Des drones ouvriers du bâtiment… (Dossier de presse de la FRAC).

La réalité virtuelle a pris l’ascendant : on ne se déplace que très rarement dans le monde réel, pour des raisons de commodité mais aussi pour réduire l’impact écologique de l’activité humaine, sans parler des raisons sanitaires et sécuritaires. L’espace public est plutôt destiné aux robots qui s’occupent de faire fonctionner la société : gestion des déchets, de la distribution des biens et services… Sortir, pour un humain, est bien trop dangereux, mieux vaut utiliser son hologramme.

Hologrammes sur smartphone, très pratique…

De toute façon, la majorité du travail est réalisé sur Internet, de serveurs à serveurs. Et lorsque des lieux de travail physiques sont nécessaires, ils sont entièrement automatisés et interdits aux humains pour des raisons évidentes de sécurité : les centrales nucléaires, chantiers de construction, entrepôts… sont peuplés de drones et de robots.

Des drones qui construisent des bâtiments…

 

Et pour aller plus loin

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