Et si nos CD, DVD et disques durs ne tenaient pas 5 ans ?
30 mars 2010
Dans notre imaginaire, le CD, le DVD ou même nos disques durs, supports plus ou moins physiques de nos œuvres, photos, films et autres musiques intégralement numériques, sont éternels. L'idée que l'un de ces supports de notre mémoire intime ou de notre passion de collectionneur puisse devenir illisible au bout de 25, 20, 10 ou même 5 ans ? Cela ne nous passe tout simplement jamais par la tête, tant le CD ou le DVD, par exemple, sont associés pour nous au concept de sauvegarde, donc de mise à l'écart des vicissitudes du quotidien, dont en particulier cette vieillesse à laquelle les êtres vivants ne peuvent échapper... Et pourtant : selon un rapport justement nommé « Longévité de l'information numérique », et réalisé par l'Académie des sciences et l'Académie des technologies, il y a bel et bien un fort risque de découvrir un jour ou l'autre que nos données se sont évanouies, leurs supports physiques ayant rendu l'âme dans le tiroir ou le placard où nous pensions qu'ils dormaient sans le moindre risque. « Les fabricants ont voulu nous faire croire que leurs supports de stockage conserveraient nos données une éternité. Ce n'est pas le cas », explique Franck Laloë, coauteur du document et directeur de recherche au CNRS. Les études menées par le Laboratoire national d'essais montrent en effet que la durée de vie des CD-R et des DVD-R ne dépasse pas quinze à vingt ans dans le meilleur des cas, et que les plus mauvais d'entre eux se dégradent au bout d'un an seulement. Selon ce même rapport, les disques durs du commerce ne vaudraient guère mieux. En moyenne, une panne interviendrait en moyenne au bout de trois à cinq ans. Et l'histoire ne finit guère en « happy end » avec l'évolution des techniques. C'est simple : « Plus la densité d'informations augmente sur ces supports, plus ils sont fragiles. » Résultat : les Blu-ray inscriptibles résisteraient moins bien au temps que les DVD-R, qui eux-mêmes seraient plus fragiles que les CD-R. Dès lors, que faire pour sauvegarder ses données ? Ranger ses supports loin de toute humidité, ça aide, mais cela ne suffit pas à éviter la rapide dégénérescence. Il y a bien le « century disc », garanti pour un siècle, mais son prix est « dix fois trop élevé pour être accessible aux particuliers ». Non, la seule solution, c'est de tout recopier sur de nouveaux supports, tous les trois ans par exemple. Mais ça ne résout pas le souci des collectionneurs de CD ou de DVD achetés dans le commerce... Heureusement qu'il reste les disques vinyles, même rayés !
Ce n'est plus une question annexe, ni pour les anciens directement concernés ni pour les opérateurs. Dernière preuve en date : après Orange dès septembre 2009, puis SFR peu après, c'est au tour de Bouygues Telecom de proposer des offres et des mobiles adaptés aux plus âgés d'entre nous, pour le coup signés du fabricant très spécialisé Doro... De fait, selon les chiffres du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc), le taux d'équipement en mobiles des 60-69 ans serait de 74% et descendrait à 42% pour les plus de 70 ans, à comparer au taux record de 100% chez les 18-24 ans. Sauf que la tendance est clairement au rattrapage, notamment pour les plus jeunes retraités qui, à l'instar de notre Ernesto Chébrand, ont connu la vogue du mobile lorsqu'ils travaillaient encore, ou via leurs enfants et petits-enfants. Certains d'entre eux, les plus branchés, ne veulent rien moins qu'un iPhone ou un smartphone du même acabit, et surtout pas de terminal simplifié à outrance. Mais pour la majorité d'entre nos anciens ? « Seulement 42% des plus de 65 ans ont un mobile et une infime partie d'entre eux utilisent les fonctions autres que les appels et les SMS », explique Jérôme Arnaud, le patron français de la marque Doro, qui commercialise autant des téléphones fixes, par exemple le PhoneEasy 312ci, que des portables, à l'instar du PhoneEasy 410 que propose maintenant Bouygues Telecom... Ce mobile se caractérise en effet par son prix modique, son design d'une simplicité extrême, ses touches larges, un son amplifié et compatible avec les prothèses auditives, un système d'alerte et quatre touches associées chacune à un numéro préenregistré... Bref, l'idéal pour les moins à l'aise des grands sages, mais pas du tout adapté aux plus connectés des « papy boomers », qui, il est vrai, font leur marché tout seuls.
Les élections régionales sur Internet, ça donne quoi ?
16 mars 2010
Cela semble un paradoxe... D'un côté, en effet, tout démontre que dès 18 heures, le jour des élections et ce jusque la nuit, c'est sur la Toile que ça bouge et que ça s'informe tous azimuts, et pas sur notre bonne vielle télé, obligée de faire du remplissage jusqu'à la fermeture du dernier bureau de vote à 20 heures avant que ne prennent place des débats trop pleins de langue de bois... De l'autre côté, les résultats du premier baromètre Terrafemina-Orange, publiés le 11 mars dernier après avoir été mené les 3 et 4 mars 1092 personnes en âge de voter, révèlent que la majorité des Français préfèrent, aujourd'hui encore, s'informer, en amont du vote, via la presse, la radio et la télévision plutôt que sur Internet.
Avant le vote, selon ce baromètre, il n'y aurait donc eu que 12% des Français pour se rendre sur les sites, blogs et forums en ligne afin de s'informer sur la personnalité et les propositions des différents candidats. Internet arrive loin derrière les médias traditionnels que sont les journaux, radios ou TV locales (68%) ainsi que les réunions publiques (19%). D'ailleurs, à quelques jours des élections, seuls les sites des médias nationaux se sont approchés d'un taux de consultation notable, d'un quart (23%), devant les sites de médias locaux (16%), le site d'une liste ou d'un candidat (13%) et le site d'un conseil régional (13%). Enfin, 61% des sondés par ce nouveau baromètre estiment qu'Internet n'est pas l'outil approprié pour mieux se faire entendre des candidats...
Faut-il en conclure qu'en matière d'information politique, les Français seraient plutôt très conservateurs ? Ce n'est pas si certain... D'abord parce que les plus jeunes utilisent effectivement Internet pour se renseigner, du moins quand ils votent (ce qui semble être le premier des problèmes : beaucoup ne votent pas !). Ensuite parce que la façon dont s'est déroulée la soirée électorale, en tant que telle, montre qu'en temps réel, à chaud, Internet a le vent en poupe. Il faut savoir que, dès 18 heures, les sites Internet des quotidiens Le Temps et Le Soir, en Suisse et en Belgique, diffusent de premières estimations de résultats, là où s'est interdit en France même. Comme l'écrit l'AFP, la conséquence est immédiate : dès 18 heures, les internautes français relaient « massivement » ces chiffres « sur la plate-forme de micro-blogging Twitter ». Ensuite, lorsque débutent les débats sur les antennes de télévision, c'est sur Internet qu'on s'amuse et qu'on échange ses idées, en l'occurrence sans la moindre langue de bois. Car, comme l'écrit Libération pour décrire ce phénomène, « Internet raille, la télé dérouille ». C'est donc bien sur le Net que ça se passe.
Internet cartonne, mais Internet stresse son monde...
10 mars 2010
Côté pile : selon l'étude Profiling 2009 d'Ipsos, les moins de 25 ans seraient en train de devenir des mutants de l'Internet. Ils utiliseraient en effet toutes les facettes de la Toile avec une maestria inouïe, dont d'abord les réseaux sociaux tel Facebook, ce qui n'étonnera personne. Mais ils accepteraient également la publicité en ligne avec une facilité déconcertante, puisqu'ils seraient 60% chez les 21-24 ans et 62% chez les 15-20 ans à cliquer régulièrement sur les bannières publicitaires en ligne. Enfin, ce jeune public serait à la pointe des usages de l'Internet mobile, en plein boum...
Côté face : le « stress de l'internaute » se développerait comme jamais dans toutes les populations concernées, dont en particulier les anciens n'arrivant pas à la cheville des plus jeunes en termes d'usages de l'Internet. En cause : les pages Web mettant de longues secondes à s'afficher, les données totalement illisibles, les instructions incompréhensibles ou encore les systèmes de paiement en ligne supposant de remplir des dizaines de pages ou de retaper vingt fois son code confidentiel. Une université de Glasgow, la Caledonian University, a mesuré la chose grâce à un fort seyant bonnet d'électrodes mesurant le degré de tension ou de relaxation des internautes, ici cherchant un voyage en promotion, là achetant un livre en ligne ou se posant des questions sur une assurance. Résultat : deux tiers des internautes seraient souvent « stressés » par les soucis quotidiens de leur navigation sur les sites de la Toile. « Nos tests révèlent que les sites mal organisés exigent de l'internaute 50% de concentration de plus que les autres », analyse Catriona Campbell, spécialiste en psychologie comportementale. Sachant qu'il faut plus d'une minute pour revenir à un état de calme et de détente, et que ce temps est d'autant plus long que la personne a peu l'habitude des arts de l'interactivité, il y a effectivement de quoi s'inquiéter sur le fossé entre les mutants du Net et ceux des anciens qui ne se sentent guère à l'aise sur la Toile.
Xkiouze.com : « Ta réussite scolaire passe aussi par nos excuses ! »
3 mars 2010
Rien que ce nom, caricature de langage « jeune » : Xkiouze. Et puis cette définition du site, dès sa page d'accueil : « Chez Xkiouze.com nous comprenons que vous avez parfois mieux à faire que de faire vos devoirs. C'est pourquoi nous mettons à votre disposition tout un panel d'excuses et d'alibis inattaquables à donner à vos profs et qui vous permettront de profiter pleinement de la vie. De plus, vous éviterez un "zéro" et ainsi votre moyenne ne baissera pas. » Bref, moyennant quelques euros par précieux sésame, à compter du 12 avril prochain, chaque élève pourrait profiter de belles excuses en bonne et due forme afin de sécher ses cours. Avec à la clé de jolies confirmations de retard de train ou de bus, de vraies imitations de « certificat médical », « de décès », de « vol » ou encore de « passage de permis » pour les plus âgés. Xkiouze proposerait par ailleurs des packs comme le « No stress » de trois excuses ou le « Always cool » de six... Au premier regard, l'on se dit : c'est assez furieux, quelque peu exagéré, mais assez plausible, et ce d'autant que l'un des responsables du projet, un certain Luigi Lastisse, aurait expliqué à l'AFP que l'un des fondateurs de la chose aurait participé à la création du site de notation des professeurs qui avait défrayé la chronique en 2008 : www.note2be.com... Serait-ce un canular ? Ou une astuce, une manière de créer un buzz pour un site qui se révèlera le 12 avril mille fois plus sérieux et tout-à-fait honorable ? Toujours est-il que la ficelle fonctionne à merveille : les réactions indignées du premier syndicat de chefs d'établissements ou de la première fédération de parents d'élèves de l'enseignement public n'ont pas tardé, sur le thème : « C'est pitoyable. On continue à dénigrer l'école » sur Internet... Plus fort encore : le ministère de l'Education a affirmé qu'il avait lancé une expertise juridique auprès de ses services « pour étudier le caractère légal de ce site et des prestations qu'il propose ». Affaire à suivre.