Des sons mp3 qui simuleraient les effets du LSD, du cannabis ou du peyotl ? Des adolescents sous addiction de tels téléchargements, secouant la tête ou riant de façon maladive, les écouteurs collés sur les oreilles ? Vu d'Europe, on croirait à une farce étudiante voire à la dernière trouvaille de ce clan, qu'on croyait disparu, des ennemis réactionnaires du monde numérique. Et pourtant, ces questions sont celles d'un très sérieux reportage réalisé par la chaîne locale News 9 dans l'État de l'Oklahoma aux USA. Tout a commencé par la convocation de trois élèves de la Mustang Public School, qui déambulaient dans les couloirs de l'école comme sous l'emprise de l'alcool ou de quelque substance illégale. Surprise : les trois égarés jurent n'avoir rien consommé de tel. Mais ils avouent en revanche avoir abusé de sons mp3 « dopants », téléchargés sur un site appelé I-Doser. Web au ton assez vulgaire, I-Doser vend en effet pour quelques dollars des fichiers de sons bourdonnants censés modifier le rythme des ondes cérébrales, et donc provoquer en particulier des effets hallucinogènes chez leurs auditeurs. Selon News 9, la Mustang District School aurait envoyé une lettre à tous les parents d'élèves les informant des dangers de cette « drogue digitale ». Mieux : prenant la chose au premier degré, l'Office des drogues de l'Oklahoma a réagi à cette pratique qui menacerait les jeunes internautes, l'un de ses responsables déclarant : « Les jeunes vont affluer sur ces sites pour voir de quoi il s'agit, cela pourrait les mener à d'autres drogues. » Bref, I-Doser, ce n'est pas tout à fait une histoire drôle. Mais c'est peut-être une arnaque...
En ce mois de juillet aux Etats-Unis, et peut-être bientôt France, le iPhone semble perdre de sa superbe, ou du moins de sa cote hallucinante chez les amateurs de smartphones. Côté pile, une vidéo basique, mettant en scène le dialogue de sourd entre un fan de l'appareil, sorte de lapin obtus et bête ne voulant en démordre de son désir d'acheter un iPhone 4, et un vendeur des magasins Best Buy aux airs de cochon, a été visionnée en quelques jours plus de 3 millions de fois sur YouTube. Côté face, le Consumer Reports, bible des consommateurs américains, riche de plus de 7 millions d'abonnés, vient de déconseiller l'achat de l'iPhone 4.
D'un côté, donc, il y a l'affect d'une vidéo dont on se demande si elle n'a pas été commandée en douce par Google. Le cochon de vendeur a beau expliquer que son HTC EVO 4G, ce smartphone sous OS Android, est quant à lui disponible, qu'il a un écran plus grand, une meilleure résolution de caméra ou plus d'autonomie de batterie, cet imbécile de lapin n'en démord pas. « Je m'en moque », lui répond-il invariablement. Le vendeur s'énerve, lui clame que « le HTC exauce trois vœux y compris ceux liés à l'iPhone », qu'il est « livré en package avec une île », et « se transforme en avion pour y conduire son propriétaire », rien n'y fait. Animal devenu robot, aveuglé par cette puissante « mythologie des "i" d'Apple », il veut son iPhone 4 et ne veut que lui. Au point de susciter chez ce pauvre cochon le désir de ne pas avoir d'enfants, se refusant à les voir grandir dans ce « monde d'abrutis ».
De l'autre côté, enfin, il y a le rapport de la bible des consommateurs américains, bien plus sérieux et objectivement inquiétant pour la marque à la pomme. Car après une série de tests dans son laboratoire, le Consumer Reports estime que les problèmes de réception de l'iPhone 4 ne viendraient pas d'un défaut logiciel mais d'une erreur de conception du matériel. En cause : l'antenne qui court désormais autour du boîtier, et qui crée du souci dès que l'on tient le mobile à la main. C'est pourquoi cette véritable institution, qui jusqu'ici n'avait jamais trouvé à redire à la qualité des produits Apple, déconseille l'achat de l'iPhone 4, ou si le mal est fait, et en attendant mieux, suggère aux utilisateurs de recouvrir l'antenne d'une bande adhésive isolante : « Il se peut que ce ne soit pas très joli, mais ça marche, indique le magazine. » Et le design dans tout ça ?
Interpol en appelle aux internautes pour mettre la main sur 26 malfaiteurs
6 juillet 2010
Interpol, fameuse Internationale des polices qui réunit tout de même 188 États sur les 195 que compte la planète, fait désormais un large appel aux internautes pour mettre la main sur les malfrats en cavale qu'elle recherche. Dès 2007, l'Organisation internationale de police criminelle (comme on devrait l'appeler en Français) avait lancé sur la toile un premier appel à témoins. Le pédophile recherché, un surnommé Vico, avait été capturé une semaine à peine après la publication d'une photo de lui reconstituée. Il avait été identifié et localisé grâce aux indications de 350 internautes. Depuis, l'expérience a certes été tentée à nouveau, mais de façon ponctuelle, et jamais à l'échelle de l'opération lancée ce 5 juillet et dénommée « Infra-Red » pour « International Fugitive Round-up and Arrest - Red Notices ». Cette fois, les policiers d'Interpol lancent un avis de recherche sur la bagatelle de 26 criminels, qu'ils sont invités à signaler au cas où ils les croiseraient sur les réseaux sociaux. Sur la fiche de chaque fugitif, on trouve ses différentes identités, une photographie ainsi qu'un descriptif des faits reprochés. Vous pensez en avoir repéré un ? Pas de soucis : vous pouvez vous connecter sur un site pour remplir un formulaire anonyme ou, en cas de grosse affluence, envoyer un message à une adresse mail. Comme l'explique Martin Cox, coordinateur de l'opération Infra-Red et sous-directeur chargé du soutien aux enquêtes sur les malfaiteurs en fuite d'Interpol : « il y a plus de chances que quelqu'un reconnaisse l'un de ces fugitifs sur un site de réseau social ou dans un espace de discussion qu'en le croisant dans la rue, mais quelle que soit l'origine des informations dont dispose le public, nous lui demandons de nous les transmettre. » Et les faux témoignages et autres dangers de la délation ? Interpol, il est vrai, semble avoir d'autres chats (masqués ?) à fouetter...