Mary, le chat, la poubelle, Azura et Google Street View...
31 août 2010
Rien, mais vraiment rien ne prédisposait Mary Bale et Azura Beebeejaun, toutes deux Britanniques, à devenir les starlettes de l'été sur Internet. Et pourtant...
La première, Mary Bale, porte tranquillement ses 45 ans, avec lunettes, cheveux gris et anodines rondeurs. Elle travaille à la Royal Bank of Scotland (RBS) de la petite ville de Rugby, dans le Warwickshire. Via une caméra de vidéosurveillance, cette dame bien sous tous rapports a été prise en flagrant délit de ce qu'elle a elle-même qualifié a posteriori, dans le quotidien The Sun, comme un "acte de folie" : un chat passe près d'elle, sur les rebords d'un pavillon, tout près d'une poubelle ; elle le caresse avec amour, l'animal se dresse de plaisir, se rapproche de la benne à ordures, la queue en l'air ; elle vérifie que personne ne l'observe, et hop !, elle ouvre le grand récipient vert, prend le félin par le coup, le jette à l'intérieur, referme le couvercle de la poubelle puis s'en va tranquillement. Résultat : la vidéo a fait un malheur sur YouTube et les parodies se multiplient, comme ce drolatique "Cat revenge", où un gros matou met à son tour une copie de Mary là où il se doit...
La deuxième starlette malgré elle, Azura Beebeejaun, n'a que dix ans, les cheveux bruns et quelques rondeurs elle aussi. Elle, ce n'est pas à un chat qu'elle a fait une blague, mais à Google Street View, d'après elle sans même s'en rendre compte. La scène se passe à Worcester. La gamine joue avec un copain et tombe par terre. Comme ça, pour s'amuser, elle reste immobile tel un cadavre ou un corps accidenté, étendue de tout son long sur le trottoir de cette banlieue pavillonnaire, l'une de ses chaussures traînant dans la gouttière. Et c'est à ce moment que passe la Google Car, filmant la rue à 360 degrés, comme si de rien n'était. Conséquence : la photo de cette très jeune actrice improvisée, laissée comme morte, fait elle aussi du buzz sur la Toile... Et nous de nous demander si ce ne sont pas des robots qui conduisent les Opel noires avec grande caméra pivotante de Google...
C'est un classique de la rentrée : le quotidien Aujourd'hui en France a fait sa Une sur " Le scandale des appels surtaxés ". Résumé de l'affaire par le journal lui-même : " La loi de juin 2004 impose la gratuité des appels téléphoniques vers les organismes sociaux comme Pôle Emploi ou la CAF... Seul hic, le décret d'application n'a jamais été publié et les usagers continuent de payer très cher pour obtenir de simples renseignements ". Très cher ? Le coût d'un appel au Pôle Emploi revient à 0,11 euro, quelle que soit la durée, soit une baisse depuis avril dernier, tandis que les Caisses d'allocations familiales, qui en 2009 ont reçu 50 millions d'appels " surfacturés " à 0,11 euro la minute, viennent d'annoncer un passage au tarif d'un appel local " dans les prochains mois ". De fait, c'est pour la Fnac, Air France et surtout la SNCF que l'enquête du quotidien s'avère la plus sévère, puisque ces entreprises facturent les appels 0,34 euro la minute. Quand on connaît les temps d'attente, évidemment... Enfin, preuve de l'habileté du titre de presse : le quotidien n'a pas manqué de mentionner que Bercy considèréer une réaction du sénateur Jean-Pierre Sueur sur son blog : " Ces déclarations sont inacceptables : les Français n'appellent pas la Sécurité Sociale ou Pôle Emploi par plaisir ! "...
Vidéo en poche ? C'est votre film sur une clé USB à sa sortie en salles de cinéma
17 août 2010
Ce film qui vient de sortir, vous voulez le voir tranquillement chez vous sur le grand écran de votre « home cinéma », ou vous souhaitez simplement le regarder dans le train que vous vous apprêtez à prendre. Bref, cette fois, vous n'avez pas envie de vous adonner au rituel de la salle obscure. Mais vous ne voulez pas non plus télécharger l'œuvre en version piratée sur Internet. L'initiative des cinémas Utopia, réseau qui réunit des salles indépendantes à Avignon, Montpellier, Toulouse, Saint-Ouen l'Aumône, Pontoise ou encore Bordeaux, a été pensée pour répondre à ce casse-tête. Son principe : lorsque sort le film qui vous fait envie, vous vous rendez à la caisse de la salle en question avec un « support amovible type clé USB ou carte mémoire », et l'on vous le copie dessus. Une fois le film sur votre clé ou votre carte, vous en faites de que vous voulez, y compris le copier pour des amis. Le coût de cette « Vidéo en poche » ? 5 euros, dont 3 pour l'ayant droit, 1,18 pour la salle et 0,82 de TVA. La résolution minimale de la vidéo est celle d'un DVD, et quand la source le permet la vidéo sera en haute définition. Le système a été expérimenté à Bordeaux le 7 juillet dernier, et devrait être étendu à toutes les salles Utopia en septembre. De fait, l'initiative se revendique comme militante : selon les termes du site de l'opération, l'idée est en effet « d'apporter une réponse aux questions posées par notre époque sur les échanges culturels et la rémunération de la création, dans un contexte de ce que l'industrie culturelle a appelé la "guerre du copyright", de crispation autour du droit d'auteur qui tend à opposer les créateurs et leur public par la création de lois liberticides et inefficaces. » À ce stade, les neuf films proposés sont issus du catalogue du distributeur vidéo Les Films du paradoxe. Mais Utopia invite d'autres distributeurs à les rejoindre, tout comme il espère que d'autres salles, à l'instar de celles de l'association ISF (Indépendants, Solidaires et Fédérés), souhaiteront proposer elles aussi à leurs clients une « vidéo en poche ». Reste qu'il y a peu de chances à voir les réseaux des grands studios comme Universal et Gaumont rejoindre Utopia dans cette opération, du moins à ces conditions très « libres ». Car Vidéo en Poche, « c'est aussi le développement d'un logiciel libre par la société Objectif Libre, financé par les salles Utopia », dont l'objectif est de créer un vrai réseau de diffusion alternatif de films.
Et si Hadopi réussissait son pari contre le « piratage » ?
2 août 2010
Est-ce le résultat de l'éternelle peur du gendarme ? Ou les réponses logiques à des questions dont on se demande si leur libellé n'a pas été pensé par les membres eux-mêmes de la fameuse Hadopi ? Lorsque l'Ifop a demandé à un « échantillon représentatif de la population française âgée de quinze ans et plus », pour le quotidien gratuit 20 minutes : « Dans l'hypothèse où vous auriez l'habitude de télécharger illégalement, risquer la suspension de votre abonnement ou une amende de 1 500 euros vous ferait-il renoncer à cette pratique ? », 69% des personnes interrogées ont répondu « oui ». Pour mémoire : l'envoi de premiers messages d'avertissement aux internautes qui téléchargeraient avec trop de légèreté a été annoncé pour fin septembre. Chiffre plus fort encore : selon le journal, ils seraient 77% à se dire prêts à surveiller l'usage d'Internet de leurs proches au cas où leur propre connexion serait en jeu, tandis que 66% sont convaincus que les premiers mails d'avertissement seront dissuasifs. Comme l'indique le site 01Net, on peut être surpris par le niveau élevé de personnes se déclarant « prêtes à renoncer, sachant que beaucoup d'internautes sur les forums se disent déjà déterminés à recourir à des moyens pour ne pas se faire repérer (en passant par des VPN, par exemple, ou par le direct download, sans oublier les newsgroups). » 01Net a d'ailleurs lui-même organisé un sondage informel auprès de ses lecteurs en mars dernier, avec des résultats très différents de ceux de cette enquête bien plus « officielle ». Il n'en reste pas moins que l'idée de sanctions inquiète la plupart des jeunes internautes... Mais aussi qu'il y a un monde entre ce que chacun peut dire aujourd'hui et ce que chacun fera à l'automne, une fois enclenchée la mécanique répressive de la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet.