Un Français sur deux télécharge illégalement, et en plus il achète !
25 janvier 2011
Un internaute sur deux s'adonne au piratage, mais il n'en fait pas un drame, et pour cause : ce sont ceux qui téléchargent le plus qui d'un même élan achètent le plus de biens culturels sur la toile. Tel est le résultat pour le moins étonnant du tout premier baromètre de la Hadopi, réalisé sur un échantillon d'un peu moins de 2700 internautes et présenté à l'occasion du Midem, marché international du disque qui se tient à Cannes du 23 au 26 janvier.
Selon cette étude, 36% des internautes pirateraient occasionnellement, et 13% tout de même de façon régulière. Parmi les raisons invoquées pour justifier de la chose, 37% des sondés citent les prix trop élevés, 21% la grande diversité de l'offre illégale, 13% leur habitude à agir de la sorte... Fait notable : 19% des sans emploi et 18% des 15-24 ans avancent comme justification du piratage qu'ils ne possèdent pas de carte bancaire pour payer ces musiques, ces films ou ces jeux.
Le premier résultat qui a dû interroger les membres de la Haute autorité, mais aussi les industriels de la musique présents au Midem, c'est qu'une large frange de la population avoue ne pas savoir comment faire la différence entre les plates-formes légales et celles qui ne le sont pas. Pour la petite histoire, Thierry Lhermitte, actionnaire de TMG, l'entreprise chargée de la traque sur Internet, a reconnu qu'il avait lui-même téléchargé un film sans se rendre compte qu'il le faisait de façon illégale... De fait, plus de la moitié des sondés se contentent d'associer la légalité à un paiement, que ce soit à l'acte ou à l'abonnement...
Le deuxième résultat qui a dû faire jaser, c'est ce constat que les internautes s'avouant « pirates » sont aussi ceux qui dépensent le plus. Illustration : 9% des internautes ayant un comportement dit illicite dépensent en ligne une somme supérieure à 100 euros par mois, contre 5% de ceux ayant un « usage licite ».
Enfin, ce qui a peut-être embêté les membres de la Commission, à l'origine de ce baromètre, c'est que la Hadopi ne serait connue que par 68% des internautes, et puis surtout que 52% des sondés déclarent que les actions de la Haute autorité ne les incitent pas à stopper leur consommation « illégale » de musique, de vidéos ou de jeux. Le passage à la deuxième phase de son existence, avec l'envoi d'un deuxième courrier électronique d'avertissement, va-t-il s'avérer plus persuasif ? Et ne risque-t-il pas au contraire de pousser les « pirates » à acheter moins qu'ils ne le font ?
Le feuilleton continue.
Une ville Internet se reconnaît à un panneau blanc aux lettres bleues, d'une grande sobriété, visible la plupart du temps lorsque l'on pénètre dans la commune. Il cite le label « ville Internet », donne l'année de son attribution, puis de un à cinq arobases (@) selon son niveau d'excellence en matière d'usages des nouvelles technologies à des fins autant pratiques que citoyennes. Le jury de l'association, nommée comme il se doit Ville Internet, vient de décerner son palmarès 2011. Parmi les candidats, 303 villes, villages ou territoires ont reçu le label daté de 2011, ce qui est un record, la moyenne se situant jusqu'alors autour de 230 par an. 24 villes ont obtenu les cinq arobases, d'Agen à Villiers-le-Bel, les deux régions les plus primées restant Rhône-Alpes (64) et l'Ile-de-France (59).
Sur le registre des chiffres toujours, il est intéressant de noter que 2 222 labels ont été décernés à 774 collectivités locales depuis 2000, et qu'il y a de plus en plus de communes de 3 000 habitants concernées (21% du total).
Mais au-delà de ce bilan purement quantitatif, qu'est-ce qui différencie une ville Internet d'une ville qui ne le serait. Pour se faire une idée, pourquoi ne pas aller voir le site Web du plus petit village primé, Bellange en Lorraine, fort de 51 habitants et qui a obtenu son unique arobase en 2008 ? Le site, on ne peut plus basique, valorise l'expérimentation du haut débit dans la commune, propose des informations claires et démontre un louable travail de transparence, notamment sur les dépenses publiques. Une visite sur le site d'Agen, tout juste récompensé de cinq arobases, n'a évidemment rien à voir. Dès la page d'accueil, l'internaute tombe sur la toute dernière chroniques vidéo du maire (ses vœux de bonne année 2011), et il a la possibilité de laisser un commentaire après l'avoir visionnée. Beaucoup de contenus régulièrement mis à jour et de l'interactivité à tous les étages. Exemple très symbolique : chaque quartier a son forum en ligne, riche de thèmes divers, des animations au cadre de vie. Et ça vit au jour le jour !
Tunisie : quand la résistance se joue sur Internet
11 janvier 2011
Le blog s'appelle « A Tunisian Girl ». Sur sa page d'accueil, datée du lundi 10 janvier 2011, on lit ces mots : « Les 5 martyrs d'Erregueb », et l'on découvre les photos de 5 jeunes, morts lors des dernières manifestations en Tunisie. Quatre de ces terribles images sont sous-titrées d'un prénom : Mohamed, Manel, Mouadh, Nizar, le dernier n'ayant sans doute pas été reconnu. Cette simple page, presque sans un mot, donne le frisson. Elle démontre, s'il en était besoin, toute l'importance, mais aussi toute la puissance de l'Internet en matière d'actualité... et de résistance à des pouvoirs plus ou moins dictatoriaux ou corrompus. A la suite de la rue, les blogs, les pages Twitter ou Facebook sont rapidement devenus en Tunisie les relais de la contestation... et une cible privilégiée pour le gouvernement de Zine el-Abidine Ben Ali. Un grand nombre de blogueurs ont été jetés en prison, et leurs sites fermés. Si, par exemple, vous tentez d'accéder à celui de Boukachen, vous tombez sur une page vous indiquant que « le blog que vous recherchez est introuvable ». Boukachen est-il de ceux qui ont été arrêtés ? Dans un billet en arabe intitulé « L'holocauste de Sidi Bouzid », il écrivait avant que son blog ne soit inaccessible : « Ce qui s'est passé n'est pas nouveau. Cette situation misérable persiste depuis de nombreuses années dans les régions à l'écart. C'est le résultat d'une combinaison de conditions climatiques et de la marginalisation de ces régions, à quoi s'ajoute la totale indifférence des autorités. Mais l'histoire ne s'arrête pas là puisque nos médias dépravés exercent un black-out complet sur cet incident ». L'association Reporters sans frontières classe la Tunisie parmi les ennemis d'Internet, ce qui n'étonnera personne. Certains blogs ou sites, désormais, sont hébergés en France, à l'instar depuis trois ans du magazine afrik.com. La solidarité d'impose.
Les tablettes plaisent aux quarantenaires sans souci d'argent
4 janvier 2011
Dans un article de son édition des Hauts-de-Seine datée du dernier jour de l'année 2010, titré "La Défense championne des ventes de tablettes", le quotidien Le Parisien propose quelques mots d'interview de Patrick Thouvenin, 47 ans, adjudant-chef à l'état-major de l'Armée de terre. Ce Monsieur, qui vient en effet d'acheter un iPad dans la boutique Orange de La Défense, explique : « Avec l'iPad, pas besoin de se casser la tête. Et puis, c'est beau, léger. Rien à voir avec un ordinateur portable de 3 kg qui vous chauffe les jambes... Je m'en servirai pour lire les livres ou des journaux. La qualité de l'écran permet d'éviter de se fatiguer les yeux ».
On ne saurait mieux résumer l'intérêt des plus de quarante ans au pouvoir d'achat non négligeable pour les tablettes multimédias. Car selon les dernières enquêtes, ce seraient eux les acheteurs majoritaires de tablettes ! Bref, les jeunes seraient sans hésiter iPhone, et leurs parents iPad ou maintenant Galaxy Tab. La géographie, d'ailleurs, ne trompe guère : en Ile-de-France, ce sont les boutiques Orange de La Défense, de la Madeleine et des Champs-Élysées qui ont vendu le plus de iPad et de Galaxy Tab pour Noël, sachant qu'il se serait écoulé 20 000 exemplaires de la première et 10 000 de la seconde chez l'opérateur à l'occasion des fêtes.
Les usages, quant à eux, peuvent encore évoluer. On sait par exemple que l'iPad est utilisé en moyenne presque onze fois par jour, pour une durée globale de 2 heures, avec beaucoup de lecture de livres comme de journaux, mais aussi le visionnage de vidéos ou la connexion aux réseaux sociaux. Plus surprenant : profitant du clavier que chacun peut ajouter à son iPad, de plus en plus de personnes l'emmènent au bureau ou à l'université pour les plus jeunes. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises quant à ces usages, pour la plupart encore en devenir...