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Dans les années 60, à une époque
où l'on ne rêvait même pas d'un terminal portable, le
groupe Archigram (contraction d'architecture et de télégramme)
proposait au monde ses visions de la ville et de l'habitat du futur sous
les noms évocateurs de «Plug-in city», «Walking
city» ou «Instant City». Si ces projets ne furent
jamais réalisés, ils n'en marquèrent pas moins les
esprits tant ils paraissaient exprimer une vision cohérente de l'avenir à l'ère
de la voiture et de la caravane, déjà liée à cette
notion de mobilité sous toutes ses formes...
Quarante ans plus tard, les projets d'habitat modulable ne cessent
de fleurir, tandis qu'explose le marché du mobil-home... Tout
se réalise aujourd'hui, un peu comme s'il avait fallu attendre
l'extraordinaire succès de la téléphonie mobile
pour que cet espoir d'une nouvelle vie nomade prenne tout son sens
et se concrétise enfin, autant avec le PC portable que... le
retour des roulettes !
Certains cabinets d'architectures américains se sont construits
autour de cette nouvelle mobilité de l'habitat, autant physique
que virtuelle. Si le mobile et l'ordinateur portable ne sont pas la
cause directe de ces révolutions de la mobilité «physique»,
ils en sont et en seront de plus en plus les premiers vecteurs et facilitateurs.
Sous leur emprise notre rapport à l'habitat change. Avant, on avait
des voisins, maintenant on a des proches : ceux dont le nom est enregistré dans
le répertoire de notre terminal mobile.
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- Fin des pièces monofonctionnelles
- Depuis deux siècles, notre habitat s'organisait
autour de pièces aux rôles bien définis. L'introduction
de la télé dans la cuisine ou de l'ordinateur dans la chambre
brouille cette organisation traditionnelle. Les enquêtes indiquent
que les gens rêvent d'une maison ou d'un logement modulable et évolutif.
Le succès des cloisons amovibles ou des meubles à roulette
en témoigne. Le mobile, le PC portable et le Wi-Fi vont chambouler
plus encore la maison, faisant de chaque coin un espace potentiel de loisir
comme de travail. On se dirige donc vers une réorganisation de l'habitat,
changeant chaque pièce en «mini-loft» multi-fonctionnel.
Le syndrome «où je veux, quand je veux» va bouleverser
nos intérieurs. Le désir de mouvement et les appareils portables
mettent fin au mod èle bourgeois du XIXe.
- Fin du fixe
- Difficile de penser fixe dans une société mobile.
Anecdote : Algéco, société spécialisée
au départ dans la cabane de chantiers, est devenu en Europe un constructeur à part
entière, apportant tout son art du «provisoire» à l'habitat
individuel. En matière d'aménagement et de décoration,
de meubles comme de fonctions, l'heure est au mouvement et à la souplesse.
C'est ce que démontre le succès des roulettes. La maison se
déstructure et se restructure. Elle devient modulable : ses éléments
transformables la font évoluer au rythme de la famille. Le marché du
mobile-home explose. Et l'idée que plus rien ne doit être fixe
devient une évidence...
- Bi-résidentialité
- En Europe du Nord, aux Etats-Unis et au Canada,
les seniors sont devenus la population qui déclare le plus de domiciles
fréquentés au cours d'une année. La maison de campagne
est de moins en moins une résidence secondaire. Avec le développement
d'Internet et de la téléphonie mobile, on assiste à l'émergence
d'une nouvelle «polygamie résidentielle». Cette bi-résidentialité bouleverse
l'approche traditionnelle de «l'habiter», et pose de nombreux
problèmes aux statisticiens qui découvrent des individus de
plus en plus multi-localisés. Le téléphone et l'ordinateur
portables nous permettent donc aujourd'hui de dire «J'habite là ou
je suis, et pas l à où est ma maison».
- Camping Car
- La croissance actuelle du marché du camping
doit beaucoup à l'ordinateur portable et au téléphone
mobile, qui ont banalisé l'idée qu'une vie sans fil était
possible et l'ont rendue désirable. Le nouveau couple «camping
car / outils numériques portables», c'est «la caravane
+ l'information». D'où un rapport au territoire radicalement
nouveau, aboutissant à une espèce de zapping débridé des
lieux de séjours. Cette imprévisibilité, version vacancière
de nos nouvelles façons d'habiter, provoque d'ailleurs un certain
d ésarroi chez les professionnels du tourisme.
- L'hôtel en exemple
- Fidèles à leur tradition pionnière,
les hôtels ont été les premiers dans le monde à intégrer
dans leurs services la vidéo à la demande, Internet et désormais
le Wi-Fi, anticipant un nouveau mode de vie. Par sa logique d'espace multifonctionnel,
la chambre d'hôtel sert de modèle dans l'habitat. Ainsi apparaissent
au Japon de nouveaux immeubles associant sous un même toit des logements
meublés et des chambres d'hôtel, au plus grand bonheur de jeunes à la
recherche d'un rapport plus «mobile» à l'habitat.
- Plus de contrôle
- Le mobile va-t-il enfin permettre le décollage
de la domotique ? C'est le pari des Japonais qui multiplient autour de cet
appareil tous les scénarios imaginables. Deux pistes sont particulièrement
explorées. La première : faire du mobile la télécommande
universelle contrôlant l'électronique domestique, et pourquoi
pas les futurs robots ménagers. La seconde : l'utiliser comme un
terminal permettant de gérer loin de chez soi un certain nombre de
fonctions. Un système permettant de donner à manger à son
chien à distance a ainsi été commercialisé début
2004. A priori, il a apprécié son repas...
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