La culture sampling
L'image audiovisuelle détournée et réutilisée, des avant-gardes du XXe siècle à l'amateur d'aujourd'hui. Par Jean-Yves Leloup.
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Capter, via PC ou terminaux mobiles, des images de son environnement audiovisuel puis les couper, les monter et les mettre en scène pour ses propres créations, amateurs ou professionnelles ? Après s'être développé dans les musiques électro et hip hop, le « sampling » d'images devient une pratique commune de notre monde connecté.
« The Mother Of All Funk Chords », vidéo musicale assemblée et réalisée par un certain Kutiman, a connu, depuis sa mise en ligne récente, un phénomène de « buzz » enthousiaste. Ce clip à l'énergie funk n'a pourtant pas grand chose à voir avec le commun des vidéos-gags qui encombrent habituellement les sites de partage. Il s'agirait plutôt d'une œuvre d'un genre nouveau, composée en son comme en image à l'aide de dizaines de vidéos postées sur YouTube. Le musicien israélien a réussi à rassembler, ici un joueur d'harmonica, là un vieux batteur de jazz, un bassiste anonyme, un apprenti pianiste ou encore quelques mesures jouées par un professeur de guitare, afin de composer un orchestre virtuel, interprète d'un morceau bien réel. En somme, Kutiman est parvenu à renouveler avec adresse le concept du sampling, adapté à l'ère des réseaux sociaux. Ce succès symbolise l'émergence d'un nouveau dynamisme artistique, d'une culture de l'emprunt et de la citation audiovisuelle qui rassemble désormais l'internaute lambda comme les pros de l'image au sein de la vaste nébuleuse numérique. |
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